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Faites connaissance avec des chercheurs de remèdes:
Parlez à John Balsevich


Chef de groupe, Produits naturels des plantes
Institut de biotechnologie des plantes, Conseil national de recherches

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John Balsevich

Pourquoi faites-vous de la recherche sur les plantes médicinales au Conseil national de recherches?

Quelles plantes étudiez-vous pour leurs propriétés médicinales?

Pourquoi la vaccaire pourrait-elle être une plante médicinale utile?

Comment isolez-vous les ingrédients médicamenteux actifs dans la plante?

Comment extrayez-vous les composants actifs de la vaccaire?

Combien de graines de vaccaire vous faut-il pour extraire une quantité suffisante de substances phytochimiques?

Pourrait-on fabriquer de façon synthétique les composés que vous étudiez?

Quel est l'objectif général de votre travail sur la vaccaire?

Aimeriez-vous étudier d'autres plantes à l'avenir?

La vaccaire pourrait-elle avoir des applications non médicinales?

Y aura-t-il un jour une boisson gazeuse plus pétillante qui préviendra le cancer?

Sur le plan personnel, pourquoi faites-vous ça?


Pourquoi faites-vous de la recherche sur les plantes médicinales au Conseil national de recherches?

J'étudie les plantes qui poussent bien dans les Prairies et qui, d'après nous, se prêtent à la culture à grande échelle. Ces plantes possèdent un atout majeur : les phytochimiques. Nous étudions ces substances chimiques afin de découvrir leurs applications possibles en médecine. Il serait sans doute plus rentable pour les agriculteurs et l'économie des Prairies d'utiliser ainsi ces plantes que de continuer à les vendre comme denrées alimentaires en vrac.



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Quelles plantes étudiez-vous pour leurs propriétés médicinales?

Nous nous intéressons particulièrement à un membre de la famille des œillets, dont le nom commun est vaccaire (Saponaria vaccaria). C'est une mauvaise herbe peu répandue dans les Prairies, mais qui nous intéresse parce qu'il en existe plusieurs variétés partout au monde. D'ailleurs, nous nous sommes procuré différents spécimens aux find d'étude. La vaccaire, qui produit des substances chimiques intéressantes, est utilisée dans les remèdes traditionnels chinois. Nous avons commencé par étudier la graine, que la vaccaire produit en grandes quantités, parce qu'elle contient certaines catégories de composés chimiques qui pourraient, d'après nous, être utiles dans le domaine de la santé.
 


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Pourquoi la vaccaire pourrait-elle être une plante médicinale utile?

Elle contient trois catégories de substances chimiques en plus des amidons et des protéines. Il y a le groupe des saponines, composés qui étaient utilisés comme savons par le passé, car ils produisent beaucoup de mousse. Certaines saponines pourraient être utilisées à de nombreuses fins médicinales : baisse du cholestérol, propriétés antifongiques et stimulation du système immunitaire. D'autres sont antimicrobiennes, mais ce n'est pas une application importante. Des saponines très spécifiques se sont révélées antivirales, d'autres possèdent des propriétés cytotoxiques, qui pourraient combattre le cancer.



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Comment isolez-vous les ingrédients médicamenteux actifs dans la plante?

Du travail a déjà été fait dans ce domaine, et les résultats ont été publiés. Les  constituants de la vaccaire ont fait l'objet de recherches, en particulier au Japon et en Chine, parce qu'elle est utilisée dans les remèdes traditionnels chinois. Nous avons donc des renseignements généraux sur certains composés et sur certaines structures chimiques de quelques-uns des constituants.

Nous voulions comparer ce qui distingue l'espèce qui pousse dans les Prairies des espèces qui poussent ailleurs dans le monde. Nous avons extrait certaines de ces substances chimiques et les avons comparées; nous avons fait le bilan des composés recensés et non recensés. Ensuite, nous avons pu effectuer un fractionnement pour obtenir divers composés en vue d'essais biologiques — c'est-à-dire, faire des essais à des fins diverses avec d'autres chercheurs.



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Comment extrayez-vous les composants actifs de la vaccaire?

Champ de vaccaire
Champ de vaccaire.

La technique d'extraction est assez habituelle. Nous moulons la graine, qui contient d'habitude des huiles et des graisses. La plante qui nous intéresse n'en contient qu'un faible pourcentage, environ trois pour cent. Nous la lavons avec un solvant tel que l'hexane pour enlever les huiles, ce qui laisse une purée sans huile. Généralement, les composés qui nous intéressent sont solubles dans l'eau ou dans l'alcool; nous faisons une teinture en dissolvant la purée dans de l'éthanol aqueux, qui élimine une grande part des produits insolubles tels que les amidons et les protéines. Nous extrayons ensuite toutes les substances phytochimiques. Avec cette méthode, environ cinq pour cent de la graine de vaccaire est source de substances phytochimiques extractibles.



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Combien de graines de vaccaire vous faut-il pour extraire une quantité suffisante de substances phytochimiques?

Ça dépend. Quand on veut isoler un nouveau composé et une structure, plus on en a, mieux ça vaut. Mais, quand on sait avec quoi on travaille et quand on a un protocole bien établi… on peut utiliser des méthodes analytiques très complexes pour obtenir un profil phytochimique utilisable en partant d'une seule graine.



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Pourrait-on fabriquer de façon synthétique les composés que vous étudiez?

La plupart des substances phytochimiques que nous étudions sont des molécules très complexes qu'il serait difficile de préparer synthétiquement.

Pour les produits pharmaceutiques, on a besoin en général de composés très purs que l'on teste pendant des années. Nous cherchons des variantes ou des genres de plantes qui ont un profil simplifié pour qu'il soit plus facile d'isoler des composés purs. C'est un de nos objectifs : obtenir des composants individuels purs et voir s'ils sont prometteurs sur le plan pharmaceutique ou si nous pourrions les convertir en un composant qui pourrait servir en pharmacologie.

Ce serait très difficile de préparer chimiquement les composés que produisent les plantes parce qu'ils sont très complexes. N'oubliez pas que nous travaillons avec de nombreux génotypes de vaccaire qui peuvent produire des substances chimiques en quantités diverses et de différents types. La diversité constitue un bon outil de criblage. C'est un bon point de départ quand on cherche un médicament ou un additif alimentaire à base de plantes bons pour la santé, parce que si on peut fractionner et obtenir différentes fractions, on peut avoir une meilleure idée de celles qu'on veut. On peut, par exemple, trouver une plante qui produit une plus grande quantité de certains composants actifs.



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Quel est l'objectif général de votre travail sur la vaccaire?

Nous essayons de voir si elle pourrait être transformée en phytomédicament. C'est probablement un but à long terme. À court terme, nous croyons que la vaccaire pourrait être utilisée comme additif alimentaire capable de réduire le cholestérol ou de protéger contre le cancer du côlon, par exemple. C'est ce que nous étudions en ce moment.



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Aimeriez-vous étudier d'autres plantes à l'avenir?

Je m'intéresse aux plantes en général et aux substances chimiques qu'elles produisent. La vaccaire est notre plante principale parce que nous la cultivons sur des terrains relativement grands et faisons des recherches sur l'agronomie. Nous disposons de plusieurs plantes qui ont un bon profil chimique et nous commençons tout juste à communiquer avec des chercheurs médicaux pour en examiner les bienfaits éventuels pour la santé. C'est ce que nous ferons pendant les trois prochaines années. Après, nous étudierons des plantes de la même espèce qui poussent bien aussi dans les Prairies.



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La vaccaire pourrait-elle avoir des applications non médicinales?

Nous n'excluons pas la production de produits chimiques industriels à partir de la vaccaire. Quelques entrepreneurs veulent étudier cette plante parce qu'elle produit aussi un amidon à grain fin utilisé dans l'industrie du collage du papier, ou en tant que succédané à faible teneur en gras. Les amidons à petit grain ont des propriétés organoleptiques semblables à celles des matières grasses, les calories en moins. Nous voudrions aussi travailler dans ces domaines.

De plus, des saponines semblables aux nôtres sont fabriquées actuellement comme surfactants et dans le domaine alimentaire. Elles servent d'agents moussants dans certaines boissons gazeuses, par exemple, et dans les aliments où il faut mélanger de l'huile et de l'eau, notamment les sauces pour salades ou le lait au chocolat. Nous essayons également de mettre ces applications au point.


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Y aura-t-il un jour une boisson gazeuse plus pétillante qui préviendra le cancer?

C'est aller un peu loin. Toutefois, certaines saponines alimentaires ont contribué à une réduction de l'incidence du cancer du côlon, et il se pourrait qu'on puisse ajouter dans l'avenir certaines de ces substances aux aliments afin de réduire l'incidence du cancer du côlon. Je ne peux parler avec certitude, mais c'est une possibilité prometteuse. Certaines de ces substances se fixent au cholestérol et en réduisent l'absorption. Mais tout cela dépend en grande partie du profil que la plante développe. C'est ce que nous essayons d'obtenir - le genre de profil que nous voulons commercialiser dans l'avenir.



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Sur le plan personnel, pourquoi faites-vous ça?

C'est un domaine que j'ai toujours aimé et auquel je m'intéressais, et il se trouve que je suis au bon endroit au bon moment. C'est une entreprise risquée, mais nous espérons obtenir des résultats.


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Renseignements complémentaires :
http://pbi-ibp.nrc-cnrc.gc.ca/fr/bulletin/2003issue1/page7.htm


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