M u s e u m  C r e a t e d  L e s s o n

Les femmes et le mouvement ouvrier au Québec

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Mackenzie King Estate , Ottawa, Ontario

Vue d’ensemble
En travaillant en groupes, les élèves utiliseront un modèle PowerPoint pour créer un faux mur Facebook où ils raconteront l’histoire de la grève de 1924 par les femmes employées à la Compagnie d’allumettes E. B. Eddy à Hull (aujourd’hui Gatineau). C’était la première grève de femmes au Québec.
Ressources
• Accès Internet pour les élèves
• Collection électronique : Donalda Charron et la Compagnie d’allumettes E. B. Eddy
Fiche d’activité de l’élève
• Échantillon d’un mur Fauxbook : Reine Victoria (inclus dans le fichier auto-décompactable)
• Modèle PowerPoint du mur Fauxbook (inclus dans le fichier auto-décompactable)
• Trucs utiles pour utiliser le modèle PowerPoint du mur Fauxbook (inclus dans le fichier auto-décompactable)

Télécharger fichier auto-décompactable.
Votre mur Fauxbook devrait aborder les sujets suivants :
• Les conditions de travail et de vie des allumettières au début du 20e siècle, à Hull, au Québec.
• Les événements entourant le lock-out de 1919 à la Compagnie d’allumettes E. B. Eddy.
• Les événements et les enjeux principaux de la grève de 1924 à la Compagnie d’allumettes E. B. Eddy.
• Les difficultés vécues et surmontées par Donalda Charron.
• Les autres acteurs clés de la grève de 1924 et leurs rôles.
• Donalda Charron et les allumettières ont-elles laissé un héritage?
Donalda Charron and the E.B. Eddy Match Company
This collection of stories and photos chronicles the 1924 strike, the events leading up to it and the people involved in this historic job action.
View the collection

Préparation
Avant de faire cette activité en classe, vous aurez besoin d’environ une heure pour la préparer en faisant les trois choses suivantes :
1. Étudier la fiche d’activité de l’élève.
2. Vous familiariser avec la « Collection électronique : Donalda Charron et la Compagnie d’allumettes E. B. Eddy ». Les élèves se serviront de ce contenu comme base pour leur mur Fauxbook.
3. Vous familiariser avec le modèle du mur Fauxbook. Vous pouvez jeter un coup d’œil au document « Trucs utiles pour utiliser le modèle PowerPoint du mur Fauxbook » si vous voulez avoir des instructions supplémentaires. Vous voudrez peut-être essayer de créer votre propre mur Fauxbook ou d’en commencer un que vous pourrez terminer avec vos élèves et ainsi leur montrer comment cela fonctionne.
Aperçu du plan de leçon : Étape 1
Étape 1 : Faire réfléchir les élèves à propos de Facebook (10 minutes)
• Demander aux élèves de penser à la façon dont ils utilisent Facebook. Est-ce qu’ils ont tous un compte Facebook? Comment l’utilisent-ils et à quelle fréquence? Quel genre de choses communiquent-ils sur Facebook? Quel genre de choses est-ce qu’ils apprennent à propos de leurs amis sur Facebook? Les faire réfléchir à la façon dont Facebook raconte leurs histoires et comment ce réseau sert à communiquer de l’information et des opinions.
• Demander aux élèves de penser à leur mur sur Facebook. Que peuvent-ils apprendre en « fouinant » sur le mur de quelqu’un d’autre? Quel genre de choses est-ce qu’ils affichent sur leur mur? (Les réponses peuvent inclure : des moments importants de la vie, des décisions qu’ils ont prises, des discussions avec des amis, des opinions personnelles sur des faits qui se sont produits, des observations en passant, etc.)
Aperçu du plan de leçon : Étape 2
Étape 2 : Découvrir l’histoire par Facebook (10 minutes)
• Demander aux élèves de penser à certains des personnages ou des événements historiques qu’ils ont étudiés récemment. Comment ces événements se seraient-ils présentés sur Facebook? (Par exemple, comment raconterait-on l’histoire des événements qui ont mené au déclenchement de la Première Guerre mondiale sur un mur Facebook?)
• Montrer aux élèves le mur de la reine Victoria sur Fauxbook qui utilise Facebook pour raconter comment Ottawa a été choisie comme capitale du Canada.
• Expliquer que les élèves créeront leur propre mur Fauxbook pour raconter les origines de la grève des travailleuses de Hull à la Compagnie d’allumettes E. B. Eddy.
Aperçu du plan de leçon : Étape 3
Étape 3 : Le mouvement ouvrier au début du 20e siècle (30 minutes)

Fournir un peu de contexte au conflit de travail entre les allumettières (les femmes de l’usine) et la Compagnie d’allumettes E. B. Eddy en communiquant les renseignements suivants à propos du mouvement ouvrier au Canada. (Nota : Ces renseignements ne font pas partie de la collection électronique.)
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Le mouvement ouvrier au Canada
• Au tournant du 20e siècle, le Canada vivait une période d’expansion incroyable : les voies de chemin de fer couvraient de plus en plus de territoire, les immigrants venaient s’installer au Canada en nombres records, et l’essor industriel était considérable.
• Le pays s’en tirait très bien sur le plan économique. Cependant, sa classe ouvrière souffrait. La croissance économique incroyable donnait lieu à des conditions de travail pénibles. Les ouvriers travaillaient dur, pendant de très longues heures, dans des usines où les conditions de travail étaient dangereuses, pour un salaire dérisoire. Il n’y avait aucune réglementation. Les enfants — certains n’étaient même pas encore adolescents — étaient forcés de travailler pour aider à soutenir leur famille.
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• C’est à cette époque que les organisations syndicales ont commencé à émerger, mais elles n’étaient pas très nombreuses. Celles qui existaient étaient faibles et elles étaient rarement reconnues par les employeurs.
• Les législateurs au Canada ne souhaitaient pas adopter des lois qui protégeraient la classe ouvrière, car ils craignaient que cela ne ralentisse la croissance économique du pays.
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• À mesure que la Première Guerre mondiale est devenue de plus en plus menaçante, la situation économique a commencé à changer. L’essor industriel s’est arrêté, l’immigration était à son plus haut niveau — ainsi que le taux de chômage. Le coût de la vie a augmenté de 50 p. 100 entre 1915 et 1919. Les employeurs ne ressentaient nullement le besoin de reconnaître les organisations syndicales. Ils pensaient que les employés devraient juste se satisfaire du simple fait d’avoir un emploi.
• En mai 1919, la plus grande grève générale de l’histoire du Canada a eu lieu à Winnipeg. Plus de 35 000 travailleurs, de toutes catégories, ont cessé de travailler. Ils protestaient contre les employeurs qui refusaient de reconnaître les syndicats.
• C’était le contexte au Canada, en 1919, lorsque le premier conflit de travail s’est produit entre la Compagnie d’allumettes E. B. Eddy à Hull, au Québec, et ses allumettières.
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Le mouvement ouvrier au Québec
• Au début du 20e siècle, le mouvement ouvrier au Canada était très régional. Il était particulièrement distinct au Québec à cause du rôle de l’Église catholique.
• Au Québec, l’Église catholique participait étroitement à plusieurs aspects de la vie privée et publique, et le mouvement ouvrier ne faisait pas exception.
• Le mouvement a d’abord touché le Québec à la fin du 19e siècle, avec les Knights of Labor (Chevaliers du Travail), un groupe venant des États-Unis. En 1912, Achille Morin a créé l’Association ouvrière de Hull, une organisation syndicale pour les ouvriers des usines de Hull, qui s’inspirait de la philosophie des Knights of Labor.
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• Les autorités de l’Église catholique craignaient que les syndicats revendiquent des idéaux socialistes ou, pire encore, communistes. L’Église a intégré assez rapidement les organisations syndicales locales, craignant que ses propres enseignements ne soient écartés comme étant « l’opium du peuple », comme le suggérait l’idéologie communiste.
• En 1915, l’Association ouvrière de Hull était devenue un syndicat catholique. Elle n’était ouverte qu’aux catholiques, et sa philosophie était entièrement alignée à la doctrine de l’Église catholique.
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• À Hull, les premières associations de défense des femmes ont été créées en 1918. Elles étaient dirigées par des responsables de l’Église catholique et elles représentaient les femmes qui travaillaient dans les fabriques de textile et d’allumettes. Les femmes étaient attirées par la protection que ces organisations offraient. Toutefois, ces syndicats ne cherchaient pas à améliorer les conditions de travail. Leur intérêt était purement moral : ils se souciaient de protéger la vertu (chasteté) des travailleuses et de les préparer à une vie de femme mariée. Ils organisaient des rassemblements et offraient des cours de couture, de langues et de mathématiques.
Aperçu du plan de leçon : Étape 4
Étape 4 : L’activité (5 minutes)
• Distribuer la fiche d’activité de l’élève.
• Expliquer que les élèves exploreront la « Collection électronique : Donalda Charron et la Compagnie d’allumettes E. B. Eddy » et recueilleront des renseignements factuels et des photographies historiques pour les aider à construire leur mur Fauxbook.
• Les élèves font une ébauche du contenu de leur mur avant de l’intégrer au modèle. Le contenu du mur devrait aborder toutes les questions de la fiche d’activité. Il devrait contenir entre 500 et 750 mots. Nous recommandons autant que possible qu’une révision et une relecture finale du contenu soient faites avant de l’intégrer au modèle.
• Les élèves intègrent le contenu de leur mur au modèle.
• Donner aux élèves une date limite pour présenter leur activité.
Aperçu du plan de leçon : Étape 5
Étape 5 : Présenter le modèle (20 minutes)
• Montrer aux élèves le modèle PowerPoint. Si vous avez créé, ou commencé à créer, votre mur Fauxbook, utilisez ceci pour montrer comment ajouter un article et un commentaire sur le mur et aussi comment personnaliser davantage le modèle grâce à des images de profil et à des renseignements personnels.
• Distribuer et revoir le document intitulé « Trucs utiles pour utiliser le modèle PowerPoint du mur Fauxbook ».
Aperçu du plan de leçon : Étape 6
Étape 6 : Points dont il faut tenir compte et dont il faut discuter (15 minutes)
Planifier le mur Fauxbook :
• Les élèves vont créer un mur Fauxbook pour qui? (Donalda Charron semble être un choix évident, mais est-ce que son histoire pourrait être racontée d’un autre point de vue?)
• Que devrait être la « date du jour » du mur Fauxbook? Quelle incidence cela aura-t-il sur l’histoire?
• Quelles seront les dates pour chaque article et commentaire affichés sur le mur?
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« Libertés artistiques »
Est-ce qu’ils utiliseront uniquement des personnages historiques réels ou est-ce que l’histoire pourrait bénéficier de l’ajout d’un personnage fictif? Ils pourraient créer un « personnage » qui exprimerait l’opinion d’un groupe de personnes particulier. Par exemple, s’ils racontent l’histoire du début de la Première Guerre mondiale, les élèves voudront peut-être écrire une discussion entre l’Autriche-Hongrie et l’Allemagne plutôt qu’entre François-Joseph Ier et Guillaume II. (Vous pouvez également faire référence à l’utilisation de personnages de la ville de Montréal et de la ville de Kingston sur le mur Fauxbook de la reine Victoria, comme exemples.)
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Si les élèves choisissent d’inventer des personnages pour aider à raconter l’histoire de plusieurs points de vue différents, ils devraient suivre les trois directives suivantes :
• le personnage devrait avoir un rôle précis dans le récit de l’histoire;
• ce que ce personnage représente devrait être clair pour le lecteur;
• les renseignements transmis par ce personnage devraient reposer sur des faits.
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Langue
Bien que de nombreux jeunes écrivent sur leur mur Facebook en forme abrégée (par exemple, « c vrai que jtm » au lieu de « c’est vrai que je t’aime »), les murs produits dans le cadre de cet exercice devront être grammaticalement corrects et bien orthographiés. Les élèves peuvent inclure un peu d’argot d’Internet pour faire de l’humour, mais cela devrait être utilisé de façon minimale (et le langage devrait être « propre »).
Communiquer les résultats de l’activité
Communiquer les résultats de l’activité (30-60 minutes)
Une fois que les élèves ont terminé leur activité, vous pouvez leur donner l’occasion de parler de leur travail les uns avec les autres. Voici quelques possibilités :
• Constituer des groupes d’élèves pour former des tables rondes où ils pourront présenter leur travail entre eux. Ils peuvent dire pourquoi ils ont choisi de raconter l’histoire de la façon dont ils l’ont fait.
• Organiser une exposition où tous les murs seront exposés et où les gens pourront se déplacer pour admirer les différents concepts. Vous pourriez inviter une autre classe à venir les découvrir, et vos élèves seraient sur place pour parler de leur mur. Ou encore, vous pourriez faire connaître le résultat de cette activité sur l’intranet de l’école ou sur celui de la commission scolaire.
• Inviter les élèves à « jouer le rôle » des conversations qui se trouvent sur leur mur devant le reste de la classe.
Activités de prolongement
Si vous souhaitez que les élèves élargissent leur recherche et développent davantage leur capacité de faire de la recherche, vous pouvez adapter l’activité par les moyens suivants :
• Élargir les exigences de la recherche et veiller à ce que les élèves consultent des sources en ligne, mais aussi à leur école, à une bibliothèque municipale ou à la bibliothèque de l’université locale, etc.
• Demander aux élèves d’inclure une bibliographie à leur travail, mais en gardant un nombre limité de sources.
• Demander aux élèves d’indiquer les renseignements relatifs à la source de chacune des photographies utilisées dans leur travail.
Liens avec le programme d’études
Colombie-Britannique et Yukon : Sciences humaines (11e)
Unité : Société et identité
Résultat : Situer le rôle des femmes par rapport aux changements sociaux, politiques et économiques survenus au Canada

Manitoba : Histoire du Canada (11e)
Situation d’apprentissage 3.4 : Quels ont été les effets de l’expansion territoriale, de l’immigration et de l’industrialisation sur la vie des Canadiennes et Canadiens?
Habileté 7 : Construire et communiquer des récits, des explications, des arguments ou d’autres interprétations historiques au moyen d’une variété de médias.

Ontario : Histoire du Canada depuis la Première Guerre mondiale (10e)
Domaine d’étude : Organisation sociale, économique et politique
Résultat : Évaluer les résultats des campagnes des mouvements de revendication visant à faire reconnaître les droits des femmes; expliquer les répercussions des syndicats sur la vie sociale, économique et politique du Canada.
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Québec : Histoire et éducation à la citoyenneté (3e secondaire)
Unité: Organisation sociale, économique et politique
Résultats 2.6.e, 2.6.f : Décrire les conditions de vie et de travail des ouvriers; Établir un lien entre développement industriel et syndicalisation.

Unité: La modernisation de la société québécoise – Mouvements contribuant aux changements de mentalité au Québec (mouvement féministe, mouvement syndical)
Résultats 2.2.d : Indiquer la position d’acteurs opposés aux mouvements.


Nouveau-Brunswick : Histoire du Canada 42311/42312
Bloc 4 : Guerres mondiales et crise économique, 1re moitié du 20e siècle
Thème : Les transformations sociales et la condition des femmes.

Learning Objectives

Les femmes et le mouvement ouvrier au Québec : comme une traînée de poudre

À la fin de l’activité, les élèves :
• comprendront mieux comment et pourquoi le mouvement ouvrier canadien a évolué durant le premier quart du 20e siècle.
• décriront les conditions de travail et de vie de la classe ouvrière, en particulier des femmes employées à la Compagnie d’allumettes E. B. Eddy.
• décriront les événements entourant le lock-out de 1919 à la Compagnie d’allumettes E. B. Eddy.
• raconteront les événements et les enjeux principaux du lock-out de 1919 en décrivant les rôles joués par la Compagnie, le clergé, le syndicat et les travailleuses pendant le conflit de travail.
• interpréteront et communiqueront un récit historique en utilisant le modèle Fauxbook comme tribune.