C’est en 1933 que Walter Igersheimer, l’un des premiers étudiants allemands juifs en médecine, arriva en Angleterre. Déjà en 1940, il s’y sentait tellement intégré, « qu’il ne pouvait s’imaginer vivre, ou pratiquer sa profession ailleurs, dans un autre pays. »

Partout en Grande-Bretagne, les réfugiés avaient trouvé accueil dans des centres de formation agricole, des pensionnats, des domiciles et des auberges. Après la Kristallnacht, la Grande- Bretagne avait émis des visas d’entrée à 5 000 réfugiés, des hommes âgés entre 18 et 45 ans qui avaient été libérés des camps de concentration avec la stipulation qu’ils allaient émigrer en Allemagne. Ils trouvèrent refuge à Kitchener Camp, ancien camp militaire inoccupé datant de la Première guerre mondiale.

Les réfugiés purent compter sur l’aide de leurs parents, de bons samaritains ou encore des agences juives, chrétiennes et non confessionnelles. Comme plusieurs de ces réfugiés venaient de familles aisées, ils n’étaient pas habitués aux conditions de vie quotidienne des ouvriers britanniques. Ne se sentant pas les bienvenus, certains d’entre eux cherchèrent à s’assimiler le plus vite possible, en cachant leurs origines juives et en perfectionnant leur anglais.

Afin de créer un semblant de communauté, les réfugiés se regroupaient ensemble et plusieurs tentaient de faire progresser leur éducation et leur vie professionnelle, en dépit d’un avenir incertain. Bien qu’ils aient formé des associations d’entraide financière et psychologique, ces jeunes hommes cherchaient désespérément, pour leurs familles et amis en Europe, des moyens pour qu’ils s’échappent.
Paula Draper, Vancouver Holocaust Education Centre

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