Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, la population canadienne ne veut surtout pas connaître de nouveau les années difficiles de la grande crise économique de la période 1929-1939. Les politiciens et les hommes d’affaires partagent également cet avis, convaincus qu’ils sont qu’un retour au laisser-faire économique et au marché à tout prix amènera encore la misère et un climat social instable. Tous souhaitent que le gouvernement veille à la sécurité économique et sociale de la population et qu’il joue un rôle central dans la planification économique du pays, bref qu’il adhère aux principes de l’État-providence et à l’instauration d’une société plus juste. Comme ceux de la majorité des pays occidentaux, le gouvernement canadien répond par l’affirmative à ces demandes. Parmi les premières mesures sociales mises en place, mentionnons l’assurance-chômage en 1941 et le programme d’allocations familiales en 1945. En revanche, le gouvernement du Québec, sous la houlette de Maurice Duplessis, n’est pas prêt à s’engager dans cette avenue. Celui-ci condamne plutôt l’esprit de réformisme social ambiant de l’après-guerre et l’interventionnisme de l’État. À ses yeux, tout comme pour l’éducation, il faut se fier à l’Église pour régler les problèmes sociaux.

Rattraper le retard du Québec

Le vent tourne avec la Révolution tranquille. Dès lors, l’État québécois prend en charge des responsabilités qui, jusque-là, relevaient soit de l’Église, soit des pouvoirs locaux (municipalités, commissions scolaires). En matière de sécurité du revenu, le gouvernement du Québec instaure, par exemple, le Régime des rentes pour l’ensemble de la population en 1964, et un programme d’aide sociale en 1969 pour les plus démunis. Il intervient également dans un domaine où les inégalités sociales sont criantes, celui de la santé. À cet effet, il étatise les hôpitaux, chasse gardée de l’Église, et adhère au programme d’assurance-hospitalisation du gouvernement fédéral en 1961 que Duplessis avait rejeté du revers de la main lors de sa création en 1957. Grâce à ce programme, les personnes bénéficient d’un accès gratuit aux services hospitaliers. L’évolution des dépenses pour les soins hospitaliers révèle que ce programme est le bienvenue puisqu’elles connaissent une hausse importante après son introduction.

En mettant de l’avant, en peu de temps, un ensemble de réformes garantissant à la population une assurance contre les risques sociaux et ceux reliés à la maladie, les gouvernements québécois des années 1960 tâchent de rattraper un retard que le Québec avait pris sous l’Union nationale.


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20e siècle
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