Les métamorphoses de la chanson québécoise : l'ère des chansonniers et l'éclosion de la musique populaire

L’héritage des précurseurs

La chanson québécoise prend son véritable envol avec la Révolution tranquille. Certes, des auteurs-compositeurs-interprètes avaient auparavant pavé la voie. Pensons à Félix Leclerc et Raymond Lévesque, les plus connus, mais également à Robert L’Herbier, Jacques Blanchet Jean-Paul Filion, Germaine Dugas et la Bolduc (Mary Travers) laquelle a écrit quelques centaines de chansons durant les années de la crise économique. Mais c’est dans les années 1960 que la chanson connaît une impulsion sans précédent au point où elle contribue à l’éveil du Québec.

Chanter le pays à naître

Deux courants marquent l’univers de la chanson à cette époque : la chanson à texte et celle appartenant au courant yé-yé. La première est écrite et interprétée par des chansonniers qui s’inspirent de Félix Leclerc et de chanteurs français tels Léo Ferré, Georges Brassens, Jacques Brel et Jean Ferrat. Ils célèbrent la beauté du pays à venir et la solidarité de ses habitants, participant ainsi à l’éveil de l’affirmation nationale. Ils se produisent principalement dans des boîtes à chanson qui, phénomène unique au monde, se multiplient un peu partout au Québec. La plus célèbre d’entre elles a été la Butte à Mathieu à Val-David.

Une jeunesse « dans le vent »

Parallèlement, on assiste à l’éclosion rapide de la musique populaire québécoise avec ses chansons yé-yé ou « à gogo ». Contrairement aux chansonniers, les chanteurs yé-yé ne composent pas de chansons originales, mais interprètent des versions francophones de chansons anglophones. Ils ne s’affichent pas nationalistes comme les chanteurs à texte, mais, à leur façon, ils valorisent la langue française. Parmi les idoles de la belle époque du yé-yé, on trouve Michel Louvain, Michèle Richard, Pierre Lalonde, Renée Martel et, influencée par l’ouragan beatlemania, une flopée de groupes avec des noms farfelus et à l’allure extravagante et bigarrée. Mais qu’importe, « le look l’emportait sur le style » (Le Soleil, 9 décembre 1994). On estime que jusqu’à 800 groupes fleurissent au Québec dans les années 1960 et que Saint-Hyacinthe est le Liverpool québécois. La jeunesse « dans le vent » a la chance de voir ses idoles à l’émission Jeunesse d’Aujourd’hui télédiffusée le samedi à l’antenne de Télé-Métropole à partir de 1962. C’est en bonne partie grâce à cette émission que 30 000 copies de 45 tours se vendent chaque semaine dans la région métropolitaine seulement.
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20e siècle
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