Les femmes à l'assaut du monde du travail

Les femmes sur le marché du travail : un phénomène ancien

Les femmes ont de tout temps constitué une source de main-d’oeuvre abondante dans laquelle le patronat puise allègrement. Au cours de l’industrialisation du 19e siècle, les jeunes filles et les femmes travaillent principalement dans les industries du textile, des vêtements, du tabac et de la chaussure à des salaires deux fois moins élevés que ceux des hommes. Leurs doigts délicats et agiles sont encore très appréciés dans certains types de manufactures, comme celles des allumettes. On a encore fait appel à leur service dans le vaste secteur tertiaire en plein développement à la fin du 19e siècle (le travail de bureau et grands magasins). Lors des deux grands conflits mondiaux, les femmes prennent le relais des hommes partis au combat aussi bien dans les usines que dans les bureaux. Et comme par le passé, elles sont moins bien payées que les hommes. En s’engageant de plain-pied dans l’effort de guerre, les femmes secouent sérieusement le joug des traditions et des préjugés à leur égard. 

La condamnation du travail des femmes

Comme après la Première Guerre mondiale, nombreux sont ceux qui ont pensé que les femmes remettront leurs tabliers et retourneront à leurs fourneaux une fois la Deuxième Guerre terminée. Mais il n’en est rien. Au contraire, de plus en plus de femmes entrent sur le marché du travail. L’Église et des organisations comme la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC), la ligue ouvrière catholique (LOC) et la Jeunesse ouvrière catholique (JOC) condamnent ce nouvel état de fait. Elles considèrent le travail des femmes comme un danger pour la famille, et notamment pour son chef, le père. À leurs yeux, l’univers du travail contribue à détourner la femme du rôle que Dieu lui a assigné.

Femmes, travail et révolution tranquille

Les femmes investissent encore plus le marché du travail durant la Révolution tranquille, si bien qu’elles sont presque trois fois plus nombreuses à occuper un emploi en 1971 que 30 ans auparavant (voir figure). Parmi elles, on dénombre de plus en plus de femmes mariées. De 8 % en 1941, leur proportion dans la main-d’oeuvre féminine grimpe à 49 % en 1971. Ce phénomène n’est pas propre au Québec, mais s’observe ailleurs en Occident. Pour l’historien Eric J. Hobsbawm, l’entrée en masse des femmes mariées dans le monde du travail, conjuguée à l’accès plus facile des filles aux études supérieures, sont à l’origine de la renaissance des mouvements féministes dans les années 1960.

La révolution féminine et le travail

Plusieurs dénominations sont attribuées au 20e siècle. Certains le décrivent comme celui des guerres et des massacres, le plus violent de tous. D’autres retiennent que les progrès de la science et des communications y sont remarquables. Le 20e siècle, c’est également celui des femmes, de leur sortie au grand jour, de leur émancipation. Cette révolution tient en partie au travail, à la place que les femmes réussissent à se tailler dans cet univers principalement réservé aux hommes.
Musée québécois de culture populaire
20e siècle
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