Dans cette légende des Pieds-Noirs des Prairies de l'Amérique du Nord, six enfants se sentaient abandonnés par leurs parents. Ils s'élevèrent dans le ciel pour devenir les Six Garçons perdus, le groupe d'étoiles des Pléiades.

Clifford Crane Bear, Siksika

© Le Réseau canadien d'information sur le patrimoine, 2003


Transcription

Bonjour, je m’appelle Clifford Crane Bear. C’est sous ce nom que je suis connu dans le monde des Blancs, mais mon véritable nom est Naam-ikkaya’yi (le coureur rapide), le nom de mon grand-père. Aujourd’hui, je vais vous parler un peu des boucliers, et de la légende que mon grand-père m’a racontée. Ici, il y a six plumes. Vous pouvez dire qu’il y a en sept, en comptant toutes celles-ci. Mais disons six plumes. Il y a bien longtemps vivait un jeune garçon. Alors que son père s’apprête à partir à la chasse au bison, le garçon court vers lui et lui dit : « Papa, lorsque tu attraperas un bison, pourrais-tu me rapporter le bison à naître ? » Le père regarde son fils et lui répond : « D’accord. ». Et il part chasser. Tard ce soir-là, lorsque le père revient de la chasse, le garçon court à la rencontre de son père et lui dit : « Papa, où est mon bison à naître? » Le père s’arrête et répond : « Oh, je l’ai oublié. » Il s’éloigne et entre dans son tipi. Le garçon reste dehors, l’air blessé et très triste à cause de son père. Il réfléchit et se dit : « Mon père ne m’aime pas, il ne s’occupe pas de moi. Je ne veux pas rester là où je ne suis pas aimé. » Le garçon se retourne donc et se dirige vers la prairie. Il aperçoit alors cinq garçons. Il s’approche d’eux et leur demande : « Qu’est-ce que vous faites là tout seuls? » Les cinq garçons répondent : « Nous avons demandé à nos pères de nous rapporter le bison à naître mais ils ne l’ont pas fait. Nous ne voulons pas vivre là où nous ne sommes pas désirés, pas aimés, et où l’on ne s’occupe pas de nous. » Voilà donc six garçons perdus qui erraient dans la prairie. Ils ne voulaient pas retourner à la maison et commencèrent à discuter à propos de ce qu’ils devaient devenir et de ce qu’ils devaient faire. « Nous devrions être six arbres géants », dit l’un d’eux. « Non, quelqu’un viendra nous abattre et nous ne serons plus là. » « Alors, nous devrions être six lacs », dit un autre. « Non, non, non, non, nous finirons par nous assécher. » Un autre garçon suggéra : « Nous devrions être six cygnes. » « Non, quelqu’un va venir nous chasser et tous nous tuer. » L’un des jeunes garçons regarda vers le ciel et dit : « Nous devrions aller dans les cieux, où nous pourrons demeurer et regarder notre peuple. » « Quelle bonne idée! », dirent-ils tous. Et ils montèrent donc dans les cieux. Nous pouvons les voir encore aujourd’hui. Au printemps, quand les bisons commencent à naître, les six garçons perdus disparaissent. À l’automne et lorsque l’hiver s’en vient et que les bisons commencent à devenir plus foncés, les six garçons perdus sortent pour les voir. Parce qu’on ne leur a pas rapporté le bison à naître, ces jeunes garçons ne voient jamais les bisons à naître, ou seulement lorsqu’ils deviennent un peu plus âgés. Après avoir fini de me raconter cette légende, mon grand-père m’a dit : « Tsiki (mon fils), quand tu seras plus grand et que tu auras ta propre famille, si tu es fâché contre tes enfants, va dehors, regarde vers le ciel et tu verras ces étoiles. Beaucoup de ces étoiles sont des enfants dont on ne s’occupait pas, des enfants qui ont été punis ou qui n’étaient pas aimés par leurs parents. Ils sont tous là-haut. Ces étoiles te rappellent de ne jamais négliger tes enfants. Voilà pour les six garçons perdus.»


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