La falaise de Miguasha garde en mémoire des témoignages de l’histoire ancienne, offrant une vue incomparable sur l’évolution du vivant et du monde d’il y a 380 millions d’années. Depuis des dizaines de millions d’années, les couches de roches sédimentaires de la falaise, formées au fond d’un ancien estuaire, ont été soumises à de multiples formes d’érosion qui ont façonné le paysage.

Il y a 12 000 ans, avec la fin de la dernière grande glaciation, la région a commencé à prendre sa forme actuelle. Et les humains ont fait leur apparition puisque que les premières incursions tangibles de l’homme en Gaspésie remontent à 8 000 ans, comme en témoigne le site archéologique de La Martre dans la bordure nord de la péninsule.

Depuis des siècles, la falaise de Miguasha a été témoin de l’activité autochtone, étant située dans une région de rivières à saumons fréquentées par les Micmacs. Et puis sont arrivés les Européens en terre d’Amérique. À l’été 1760, elle assista à la dernière bataille navale entre les Français et les Anglais dans l’estuaire de la rivière Ristigouche, bataille qui Pour en lire plus
La falaise de Miguasha garde en mémoire des témoignages de l’histoire ancienne, offrant une vue incomparable sur l’évolution du vivant et du monde d’il y a 380 millions d’années. Depuis des dizaines de millions d’années, les couches de roches sédimentaires de la falaise, formées au fond d’un ancien estuaire, ont été soumises à de multiples formes d’érosion qui ont façonné le paysage.

Il y a 12 000 ans, avec la fin de la dernière grande glaciation, la région a commencé à prendre sa forme actuelle. Et les humains ont fait leur apparition puisque que les premières incursions tangibles de l’homme en Gaspésie remontent à 8 000 ans, comme en témoigne le site archéologique de La Martre dans la bordure nord de la péninsule.

Depuis des siècles, la falaise de Miguasha a été témoin de l’activité autochtone, étant située dans une région de rivières à saumons fréquentées par les Micmacs. Et puis sont arrivés les Européens en terre d’Amérique. À l’été 1760, elle assista à la dernière bataille navale entre les Français et les Anglais dans l’estuaire de la rivière Ristigouche, bataille qui allait sceller le sort de la Nouvelle-France d’une façon définitive.

Au lendemain de la Conquête anglaise, la falaise accueillit des familles qui prirent racine sur les terres environnantes. Et une journée de l’été 1842, elle vit débarquer un médecin-chimiste à la recherche de charbon. C’était le Dr Abraham Gesner, le premier découvreur du site. Puis, 37 ans plus tard, elle accueillait l’équipe de la Commission géologique du Canada dirigée par le Dr Ells.

Dès lors, l’histoire humaine et l’histoire scientifique allaient s’allier pour n’en former qu’une. Patiemment, d’année en année, la falaise allait livrer ses secrets au fil des coups de marteaux des fouilleurs et des collectionneurs locaux. Décryptés par les scientifiques, ces secrets allaient permettre d’écrire une page de l’évolution de la vie sur Terre. Cette histoire inscrite dans la pierre, il y a 380 millions d’années, continue de se révéler au compte-goutte depuis maintenant plus de 125 ans. Et elle est loin d’être terminée.

© 2007, Parc national de Miguasha

Euclide Plourde

Euclide Plourde en 1937, un habitant de Miguasha qui est intimement lié à l’histoire des fouilles dans la falaise du parc national de Miguasha.

René Bureau
1937
© Parc national de Miguasha


Les abords de l’estuaire actuel de la rivière Ristigouche, à l’endroit où elle rejoint la Baie des Chaleurs, sont constitués d’un empilement sédimentaire et volcanique qui couvre la presque totalité du Dévonien. Ces couches géologiques forment une grande structure faiblement plissée, ayant la forme d’un U et qui porte le nom de synclinal de Ristigouche. Le flanc sud de cette structure se trouve au Nouveau-Brunswick et son flanc nord, au Québec.

Les deux formations dévoniennes les plus jeunes, soit les formations de Fleurant et d’Escuminac, se trouvent du côté québécois dans la région de Miguasha. Ces deux formations sont toujours associées l’une à l’autre, étant même liées dans la façon dont elles se sont mises en place. Cette association intime est soulignée par l’union de ces unités stratigraphiques dans un seul et même groupe géologique, le Groupe de Miguasha.

Ce groupe géologique est particulièrement bien exposé le long de la falaise côtière au sud de la pointe de Miguasha et à Pointe à Fleurant, à l’extrémité est de la municipalité d’Escuminac.

L’idée voulant que le Groupe de Mi Pour en lire plus
Les abords de l’estuaire actuel de la rivière Ristigouche, à l’endroit où elle rejoint la Baie des Chaleurs, sont constitués d’un empilement sédimentaire et volcanique qui couvre la presque totalité du Dévonien. Ces couches géologiques forment une grande structure faiblement plissée, ayant la forme d’un U et qui porte le nom de synclinal de Ristigouche. Le flanc sud de cette structure se trouve au Nouveau-Brunswick et son flanc nord, au Québec.

Les deux formations dévoniennes les plus jeunes, soit les formations de Fleurant et d’Escuminac, se trouvent du côté québécois dans la région de Miguasha. Ces deux formations sont toujours associées l’une à l’autre, étant même liées dans la façon dont elles se sont mises en place. Cette association intime est soulignée par l’union de ces unités stratigraphiques dans un seul et même groupe géologique, le Groupe de Miguasha.

Ce groupe géologique est particulièrement bien exposé le long de la falaise côtière au sud de la pointe de Miguasha et à Pointe à Fleurant, à l’extrémité est de la municipalité d’Escuminac.

L’idée voulant que le Groupe de Miguasha n’affleure en surface que dans ce secteur géographique a persisté plus d’un siècle. Mais les récentes découvertes des formations de Fleurant et d’Escuminac à l’extrémité est du synclinal de Restigouche, au nord de la pointe de Miguasha, et à 40 km plus à l’est, dans la vallée de la rivière Grande Cascapédia, près de New Richmond, viennent profondément modifier cette perception.

Ces formations se sont mises en place dans un système sédimentaire de grande envergure, au moment où les Appalaches entreprenaient leur dernière phase de construction. L’ancien estuaire de Miguasha semble avoir occupé une superficie importante en marge de la jeune chaîne de montagnes. Il n’est peut-être pas exagéré de comparer cet estuaire à ceux du Mississippi, de l’Amazone ou du Nil actuel. Cet estuaire se situait dans une zone de basses terres qui, au Carbonifère, a été l’hôte d’une grande plaine alluviale débouchant sur un bras de mer.

© 2007, Parc national de Miguasha

Formation de Fleurant et son contact avec la Formation d’Escuminac

Contact du conglomérat de la Formation de Fleurant, à la base de la photo, avec les premiers lits de grès de la Formation d’Escuminac qui le recouvrent. Les galets arrondis du conglomérat proviennent de couches sédimentaires de l’Ordovicien et du Siluro-Dévonien de la région au nord de Miguasha alors émergée. Ces deux formations sédimentaires constituent le Groupe de Miguasha.

Parc national de Miguasha
2002
© Parc national de Miguasha


Le synclinal de Ristigouche

Géologie simplifiée de la région de la rivière Ristigouche. Le groupe de Miguasha qui comprend la Formation fossilifère d’Escuminac affleure dans la partie est d’une grande structure synclinale, un grand pli concave qui affecte les couches sédimentaires de la région. L’axe de cette structure passe dans la rivière Ristigouche, entre le Québec et le nord du Nouveau-Brunswick.

François Bienvenue
2007
© Parc national de Miguasha


Distribution du Groupe de Miguasha

Localisation des principales aires d’affleurement du Groupe de Miguasha le long des côtes québécoises de la Baie-des-Chaleurs. La récente découverte des formations de Fleurant et d’Escuminac dans la région de New Richmond, bien à l’est de Miguasha, implique un système sédimentaire de grande étendue.

François Bienvenue
2007
© Parc national de Miguasha


Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va:
  • identifier et classer différents types de fossiles;
  • expliquer les étapes de la fossilisation ainsi que les conditions propices à celle-ci;
  • formuler des hypothèses quant à l’évolution des êtres vivants;
  • formuler des hypothèses quant à l’explication de la disparition de certaines espèces.

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