Nombreuses et parfois ambivalentes en raison du chevauchement des croyances qui leur sont rattachées dans divers pays, les personnifications de Noël varient suivant les contextes socioculturels et les fluctuations de l’économie.

En France comme au Canada, on retrouve la coutume de personnages mythiques ou religieux distribuant des cadeaux et des friandises aux enfants à l’occasion de Noël. Les généreux distributeurs de cadeaux pourraient se résumer à trois personnages principaux.

Le plus ancien bienfaiteur des enfants est Saint Nicolas; son culte est resté très populaire en Alsace.

Puis, l’Enfant Jésus a été, jusqu’au début du XXe siècle au Canada, chargé de distribuer friandises et jouets. Dans le Nord de la France, il existait sous la forme du Christkindel et était accompagné de Hans Trapp, l’une des autres incarnations de la nuit de Noël. En Franche-Comté, c’était la tante Arie, dame de Noël, qui récompensait ou châtiait les enfants.

Enfin, ce sera au tour du légendaire Santa Claus, chez les anglophones et du père Noël, chez les francophones, de prendre la relève; Santa Clau Pour en lire plus
Nombreuses et parfois ambivalentes en raison du chevauchement des croyances qui leur sont rattachées dans divers pays, les personnifications de Noël varient suivant les contextes socioculturels et les fluctuations de l’économie.

En France comme au Canada, on retrouve la coutume de personnages mythiques ou religieux distribuant des cadeaux et des friandises aux enfants à l’occasion de Noël. Les généreux distributeurs de cadeaux pourraient se résumer à trois personnages principaux.

Le plus ancien bienfaiteur des enfants est Saint Nicolas; son culte est resté très populaire en Alsace.

Puis, l’Enfant Jésus a été, jusqu’au début du XXe siècle au Canada, chargé de distribuer friandises et jouets. Dans le Nord de la France, il existait sous la forme du Christkindel et était accompagné de Hans Trapp, l’une des autres incarnations de la nuit de Noël. En Franche-Comté, c’était la tante Arie, dame de Noël, qui récompensait ou châtiait les enfants.

Enfin, ce sera au tour du légendaire Santa Claus, chez les anglophones et du père Noël, chez les francophones, de prendre la relève; Santa Claus et le père Noël sont un seul et même personnage, issus d’un glissement progressif depuis le saint Nicolas traditionnel. Leur générosité touchera d’abord la classe bourgeoise avant de s’étendre, à partir des années 1930, aux milieux moins favorisés.
 
Pour les enfants du monde entier, la croyance en l’existence du père Noël ou de Santa Claus prit une telle importance avec la diffusion médiatique qu’elle se traduisit, à compter des années 1970, par l’envoi de lettres à ce dernier à sa résidence du pôle Nord. Ce phénomène obligea la Société canadienne des postes à mettre sur pied un programme spécial pour répondre à l’abondant courrier du père Noël.

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Couverture du Journal illustré

Sur la une du Journal illustré du 1er janvier 1878, ce n'est pas encore le père Noël qui dépose les cadeaux dans les souliers, mais le petit Enfant Jésus.

Musée national des arts et traditions populaires
vers 1878
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Autrefois évêque de la ville de Myre, située en Asie mineure (Turquie actuelle), saint Nicolas (270-310) serait décédé apparemment un 6 décembre. Ce serait donc pour cette raison qu’on célèbre la Saint-Nicolas ce jour-là. Reconnu pour sa grande générosité, il devint, au Moyen Âge, le patron des petits enfants puis des écoliers.

Après la Réforme protestante survenue au XVIe siècle, la fête de Saint-Nicolas fut abolie dans certains pays européens. Les Hollandais conservèrent cependant cette ancienne coutume catholique. Ainsi, les petits Néerlandais continuèrent de recevoir la visite de Sinterklaas (saint Nicolas) la nuit du 6 décembre.

Au début du XVIIe siècle, des Hollandais émigrèrent aux États-Unis et fondèrent une colonie appelée New Amsterdam qui, en 1664, devint New York. En quelques décennies, cette coutume néerlandaise de fêter la Saint-Nicolas se répandit aux États-Unis. Pour les Américains, Sinterklaas devint rapidement Santa Claus.

Ce donateur attentionné, représenté sous l’aspect d’un vieillard à barbe blanche portant un long manteau à capuchon ou parfois même des habits épiscopaux, demeurait néan Pour en lire plus
Autrefois évêque de la ville de Myre, située en Asie mineure (Turquie actuelle), saint Nicolas (270-310) serait décédé apparemment un 6 décembre. Ce serait donc pour cette raison qu’on célèbre la Saint-Nicolas ce jour-là. Reconnu pour sa grande générosité, il devint, au Moyen Âge, le patron des petits enfants puis des écoliers.

Après la Réforme protestante survenue au XVIe siècle, la fête de Saint-Nicolas fut abolie dans certains pays européens. Les Hollandais conservèrent cependant cette ancienne coutume catholique. Ainsi, les petits Néerlandais continuèrent de recevoir la visite de Sinterklaas (saint Nicolas) la nuit du 6 décembre.

Au début du XVIIe siècle, des Hollandais émigrèrent aux États-Unis et fondèrent une colonie appelée New Amsterdam qui, en 1664, devint New York. En quelques décennies, cette coutume néerlandaise de fêter la Saint-Nicolas se répandit aux États-Unis. Pour les Américains, Sinterklaas devint rapidement Santa Claus.

Ce donateur attentionné, représenté sous l’aspect d’un vieillard à barbe blanche portant un long manteau à capuchon ou parfois même des habits épiscopaux, demeurait néanmoins un personnage moralisateur. Il récompensait les enfants méritants et punissait les ingrats et les dissipés.

Après plusieurs décennies, la société chrétienne trouva plus approprié que cette « fête des enfants » soit davantage rapprochée de celle de l’Enfant Jésus. Ainsi, dans les familles chrétiennes, saint Nicolas fit désormais sa tournée la nuit du 24 décembre.

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Trois représentations différentes de Saint Nicholas

La lithogravure de gauche montre l'icône traditionnelle de saint Nicolas chez les Serbes orthodoxes de l'Alberta. La statuette du centre présente la version hollandaise du saint évêque tenant la bible. Ces statuettes décorent les foyers néerlandais le 6 décembre, jour de la remise des cadeaux. L'icône de droite montre la version ukrainienne de saint Nicolas.

Harry Korol
Folklife Collections, Provincial Museum of Alberta, à Edmonton
vers 1995
Photographie
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Image traditionnelle de Saint Nicolas chevauchant son âne, chargé de jouets

Image traditionnelle de saint Nicolas chevauchant son âne chargé de jouets

Musée national des arts et traditions populaires, Paris, France

Gravure
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Dans l’Est de la France, le culte de saint Nicolas et le pélerinage à Saint-Nicolas-du-Port étaient très populaires dès le Moyen Âge. Au XVIe siècle, les réformistes, pour détourner cette ferveur populaire, privilégièrent l’image du Christkindel, de l’Enfant Jésus.

Au Canada, pour les francophones catholiques, c’était également l’Enfant Jésus qui venait garnir le bas de Noël des enfants, la nuit du 25 décembre, alors que saint Nicolas s’occupait des petits anglophones. Le Christkindel et saint Nicolas resteront les deux principaux donateurs de cadeaux jusqu’au lendemain de la Première Guerre mondiale.

La coutume était de représenter le Christkindel par des jeunes gens et des jeunes filles vêtus de blanc, faisant la tournée des maisons pour distribuer des cadeaux aux enfants sages, leur faire chanter des cantiques ou réciter des prières. Un personnage terrifiant, Hans Trapp, accompagnait le Christkindel dans sa tournée pour donner des verges aux enfants méchants ou les emporter dans son grand sac.

Le Christkindel était personnifié par une jeune fille voilée de blanc, portant sur la tête une cou Pour en lire plus
Dans l’Est de la France, le culte de saint Nicolas et le pélerinage à Saint-Nicolas-du-Port étaient très populaires dès le Moyen Âge. Au XVIe siècle, les réformistes, pour détourner cette ferveur populaire, privilégièrent l’image du Christkindel, de l’Enfant Jésus.

Au Canada, pour les francophones catholiques, c’était également l’Enfant Jésus qui venait garnir le bas de Noël des enfants, la nuit du 25 décembre, alors que saint Nicolas s’occupait des petits anglophones. Le Christkindel et saint Nicolas resteront les deux principaux donateurs de cadeaux jusqu’au lendemain de la Première Guerre mondiale.

La coutume était de représenter le Christkindel par des jeunes gens et des jeunes filles vêtus de blanc, faisant la tournée des maisons pour distribuer des cadeaux aux enfants sages, leur faire chanter des cantiques ou réciter des prières. Un personnage terrifiant, Hans Trapp, accompagnait le Christkindel dans sa tournée pour donner des verges aux enfants méchants ou les emporter dans son grand sac.

Le Christkindel était personnifié par une jeune fille voilée de blanc, portant sur la tête une couronne de sapin et de bougies allumées, proche de la figure de sainte Lucie. La proximité de la célébration de la Sainte-Lucie, le 23 décembre, son rapport à la lumière, explique que son image se soit confondue avec celle du Christkindel et de Jésus Lumière du Monde.

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Projet pour une carte postale de P.Kauffmann

Le Christkindel, voilé de blanc et couronné, distribue des friandises aux enfants. Hans Trapp, avec verges et clochettes, reste à l'arrière-plan.

P. Kauffmann
Musée alsacien, Strasbourg, France
19e siècle
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Selon la légende, sainte Lucie (morte en 304 ap. J.-C.) a été martyrisée lors des persécutions de Dioclétien, à Catane en Sicile. Beaucoup d’anciens rites de feu et de lumière pratiqués lors des célébrations païennes de Noël ont été associés à sainte Lucie parce que sa fête se célébrait le jour du solstice d’hiver, avant la réforme du calendrier. Chez les Norvégiens et les Suédois, au matin du 13 décembre, la fille aînée, vêtue d’une robe blanche et coiffée d’une couronne de bougies, vient réveiller les membres de sa famille, en portant sur un plateau du café et un pain tressé en forme de soleil. Ce pain est appelé une lucie safranée. La  Sainte-Lucie annonce aux démons de l’hiver que leur règne achève, que le soleil revient et que sa lumière vaincra les ténèbres.

Selon la légende, sainte Lucie (morte en 304 ap. J.-C.) a été martyrisée lors des persécutions de Dioclétien, à Catane en Sicile. Beaucoup d’anciens rites de feu et de lumière pratiqués lors des célébrations païennes de Noël ont été associés à sainte Lucie parce que sa fête se célébrait le jour du solstice d’hiver, avant la réforme du calendrier. Chez les Norvégiens et les Suédois, au matin du 13 décembre, la fille aînée, vêtue d’une robe blanche et coiffée d’une couronne de bougies, vient réveiller les membres de sa famille, en portant sur un plateau du café et un pain tressé en forme de soleil. Ce pain est appelé une lucie safranée. La  Sainte-Lucie annonce aux démons de l’hiver que leur règne achève, que le soleil revient et que sa lumière vaincra les ténèbres.

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Elle est invoquée pour soigner les maux des yeux et de la gorge.

La mère de sainte Lucie souffrait d'une maladie incurable, mais lorsqu'elle fut guérie, Lucie distribua toutes leurs richesses aux pauvres. Ce geste irrita le fiancé de Lucie qui la dénonça comme étant une chrétienne convertie. Toutefois, le fiancé ne parvenait pas à oublier les beaux yeux de Lucie, si bien qu'elle s'arracha les yeux et les lui fit parvenir dans un plat. Après de nombreux sévices, elle mourut finalement d'un coup de poignard au cou.

Harry Korol
Folklife Collections, Provincial Museum of Alberta, à Edmonton
vers 1995
Photographie
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Sainte Lucie

Sainte Lucie

Carlo Crivelli
Avignon, Petit Palais, France. Agence photographique de la Réunion des musées nationaux
15e siècle
Bois polychrome
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C’est à la presse américaine que revient le mérite d’avoir réuni en un seul et même être les diverses personnifications dispensatrices de cadeaux. L’événement qui contribua certainement le plus à l’unification de ces personnages fut sans aucun doute la publication du fameux poème de Clement Clarke Moore. Intitulé « A Visit From St. Nicholas », ce poème fut publié pour la première fois dans le journal Sentinel, de New York, le 23 décembre 1823. Repris les années suivantes par plusieurs grands quotidiens américains, ce récit fut ensuite traduit en plusieurs langues et diffusé dans le monde entier.

En 1860, Thomas Nast, illustrateur et caricaturiste à l’emploi du journal new-yorkais Harper’s Illustrated Weekly, revêt Santa Claus d’un costume rouge, garni de fourrure blanche et rehaussé d’un large ceinturon de cuir. Pendant près de 30 ans, Nast illustra au moyen de centaines de dessins tous les aspects de la légende de Santa Claus, connu chez les francophones comme étant le père Noël.

En 1885, Nast établissait la résidence officielle du père Noël au pôle Nord au moyen d’un dessin Pour en lire plus

C’est à la presse américaine que revient le mérite d’avoir réuni en un seul et même être les diverses personnifications dispensatrices de cadeaux. L’événement qui contribua certainement le plus à l’unification de ces personnages fut sans aucun doute la publication du fameux poème de Clement Clarke Moore. Intitulé « A Visit From St. Nicholas », ce poème fut publié pour la première fois dans le journal Sentinel, de New York, le 23 décembre 1823. Repris les années suivantes par plusieurs grands quotidiens américains, ce récit fut ensuite traduit en plusieurs langues et diffusé dans le monde entier.

En 1860, Thomas Nast, illustrateur et caricaturiste à l’emploi du journal new-yorkais Harper’s Illustrated Weekly, revêt Santa Claus d’un costume rouge, garni de fourrure blanche et rehaussé d’un large ceinturon de cuir. Pendant près de 30 ans, Nast illustra au moyen de centaines de dessins tous les aspects de la légende de Santa Claus, connu chez les francophones comme étant le père Noël.

En 1885, Nast établissait la résidence officielle du père Noël au pôle Nord au moyen d’un dessin illustrant deux enfants regardant, sur une carte de monde, le tracé de son parcours depuis le pôle Nord jusqu’aux États-Unis. L’année suivante, l’écrivain américain George P. Webster reprenait cette idée et précisait que sa manufacture de jouets et « sa demeure, pendant les longs mois d’été, est cachée dans la glace et la neige du pôle Nord ».

En 1931, le père Noël prit finalement une toute nouvelle allure dans une image publicitaire, diffusée par la compagnie Coca-Cola. Grâce au talent artistique de Haddon Sundblom, le père Noël avait désormais une stature humaine (le rendant ainsi plus convaincant et nettement plus accessible), un ventre rebondissant, une figure sympathique, un air jovial et une attitude débonnaire.

Ainsi, pendant près de 35 ans, Coca-Cola diffusa ce portrait du père Noël dans la presse écrite et, ensuite, à la télévision partout dans le monde. L’idée que les enfants se font aujourd’hui du père Noël est encore fortement imprégnée de cette image.


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Père Noël

Vêtu du traditionnel costume rouge garni de fourrure blanche, ce Santa Claus a été fabriqué avec du plâtre et du carton, recouverts de ouate de coton pressée.

Pierre Soulard
Musée de la civilisation, Québec, Canada
vers 1920
Photographie
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Les enfants croient-ils toujours au père Noël ?

Les enfants croient-ils toujours au père Noël ? Peut-être... Néanmoins, ils semblent apprécier de pouvoir le rencontrer, s'asseoir sur ses genoux pour lui demander des cadeaux ou lui faire des confidences.

Collection privée, Sainte-Foy, Canada
vers 1998
Photographie
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Affiche publicitaire

Affiche publicitaire montrant l'image du père Noël, créée en 1931 par Haddom Sundblom

Photo : Musée de la civilisation, Pierre Soulard, 1995
Musée de la civilisation, Québec, Canada
vers 1940
Photographie
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Hans Trapp, une espèce d’ogre, accompagnait le Christkindel dans sa tournée; mais alors que ce dernier distribuait des cadeaux, Hans Trapp emportait dans son sac les enfants méchants.

Le père Fouettard pouvait accompagner soit le Christkindel, soit Saint Nicolas. Il serait une invention des pédagogues du XVIIIe siècle.

Quant à la Tante Arie, c’est en Franche-Comté que sa figure s’est développée. Elle est représentée sous les traits d’une vieille dame, mi-fée, mi-sorcière, qui descend de la montagne le soir du 24 décembre, montée sur un âne. Elle vient porter des cadeaux aux enfants sages, alors que les enfants méchants ne reçoivent que des verges ou un bonnet d’âne.

La chèvre de Noël, que l’on retrouve à cette période de l’année chez les Canadiens d’origine suédoise, fait écho à un autre récit de distribution de cadeaux. Traditionnellement, c’est la chèvre tressée de paille et de blé qui distribue les cadeaux de Noël dans ce pays nordique. Cette chèvre était le destrier de l’antique dieu Thor, un féroce combattant qui voulait soumettre et régir la vie des humains. Combattre, Pour en lire plus
Hans Trapp, une espèce d’ogre, accompagnait le Christkindel dans sa tournée; mais alors que ce dernier distribuait des cadeaux, Hans Trapp emportait dans son sac les enfants méchants.

Le père Fouettard pouvait accompagner soit le Christkindel, soit Saint Nicolas. Il serait une invention des pédagogues du XVIIIe siècle.

Quant à la Tante Arie, c’est en Franche-Comté que sa figure s’est développée. Elle est représentée sous les traits d’une vieille dame, mi-fée, mi-sorcière, qui descend de la montagne le soir du 24 décembre, montée sur un âne. Elle vient porter des cadeaux aux enfants sages, alors que les enfants méchants ne reçoivent que des verges ou un bonnet d’âne.

La chèvre de Noël, que l’on retrouve à cette période de l’année chez les Canadiens d’origine suédoise, fait écho à un autre récit de distribution de cadeaux. Traditionnellement, c’est la chèvre tressée de paille et de blé qui distribue les cadeaux de Noël dans ce pays nordique. Cette chèvre était le destrier de l’antique dieu Thor, un féroce combattant qui voulait soumettre et régir la vie des humains. Combattre, piller et imposer sa volonté faisaient partie de ses occupations quotidiennes.

À cette époque de l’année où on célèbre le Prince de la paix, la mutation de la chèvre de Thor en chèvre de Noël évoque ces mêmes changements dans la vie humaine. Pour le genre humain, les dieux représentent ce que les hommes, les femmes et les enfants ont de meilleur et de plus précieux. Par contre, n’en faire qu’à sa tête, faire la guerre et dominer la situation (ce en quoi Thor excellait) ne sont pas étrangers à la nature humaine. Pourtant ici, à cette période de l’année, apparaît la chèvre qui, de compagne du dieu volontaire, s’est transformée en chèvre de Noël, distribuant biens et cadeaux à ceux qui ont encore la candeur d’y croire

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Pantin à découper, représentant Hans Trapp

Pantin à découper, représentant Hans Trapp dans un costume évoquant le Moyen Âge, avec une besace remplie de jouets, poupées et verges. Cette image se rapproche du type iconographique du père Noël.

Imagerie française, Wissembourg
Musée national des arts et traditions populaires, Paris, France
20e siècle
Lithographie couleur
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Vignette extraite d'une planche de douze scènes en trois registres, de Metz.

Vignette extraite d'une planche de douze scènes en trois registres, de Metz. Le père Fouettard récompense les bons enfants et « emporte dans la tour au rat ceux qui ne veulent pas dire leurs prières ».

Musée national des arts et traditions populaires, Paris, France

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Les décorations de paille servaient autrefois à symboliser la fécondité des animaux et la fertilité des champs.

En Suède, les décorations de paille servaient autrefois à symboliser la fécondité des animaux et la fertilité des champs. Les chrétiens associent la paille au premier lieu où le Christ a été accueilli, soit la mangeoire de la crèche. Ces ornements de paille servent aujourd'hui de décorations dans toute la maison et dans le sapin de Noël. En Suède, c'est la chèvre de Noël qui distribue les cadeaux en les jetant par la porte des maisons.

Harry Korol
Folklife Collections, Provincial Museum of Alberta, à Edmonton
vers 1995
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Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :
  • découvrir comment les gens, les événements et les idées du passé ont une incidence sur le présent;
  • décrire l’évolution des traditions de Noël, en fournissant des exemples;
  • comparer les traditions de Noël d’une culture à l’autre, et au fil du temps.

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