Introduction

La Compagnie de la Baie d'Hudson possédait un réseau de boutiques établies à travers l'Ouest canadien quand, en 1896, elle lança son premier catalogue de vente par correspondance. L'entreprise en arrête la publication en 1913, incapable qu'elle est alors de rivaliser avec Eaton et Simpson dans ce secteur. Toutefois, elle continue d'offrir un service d'achat personnalisé, publie quelques autres catalogues, dans les années 1920, pour certains de ses magasins et inaugure le bureau de commande par catalogue des succursales du Nord dans les années 1930.

Du commercer de la fourrure aux magasins de détail

La Compagnie de la Baie d'Hudson (CBH) est la plus vieille entreprise de vente au détail au Canada : sa charte remonte en effet à 1670. Si on a beaucoup écrit sur la merveilleuse histoire du commerce de la fourrure de cette entreprise, peu de documents traitent de ses activités dans le domaine de la vente de détail.

Ce sont les premiers postes de commerce de la fourrure de la CBH qui sont devenus des magasins de détail dans les centres urbains en déve Pour en lire plus
Introduction

La Compagnie de la Baie d'Hudson possédait un réseau de boutiques établies à travers l'Ouest canadien quand, en 1896, elle lança son premier catalogue de vente par correspondance. L'entreprise en arrête la publication en 1913, incapable qu'elle est alors de rivaliser avec Eaton et Simpson dans ce secteur. Toutefois, elle continue d'offrir un service d'achat personnalisé, publie quelques autres catalogues, dans les années 1920, pour certains de ses magasins et inaugure le bureau de commande par catalogue des succursales du Nord dans les années 1930.

Du commercer de la fourrure aux magasins de détail

La Compagnie de la Baie d'Hudson (CBH) est la plus vieille entreprise de vente au détail au Canada : sa charte remonte en effet à 1670. Si on a beaucoup écrit sur la merveilleuse histoire du commerce de la fourrure de cette entreprise, peu de documents traitent de ses activités dans le domaine de la vente de détail.

Ce sont les premiers postes de commerce de la fourrure de la CBH qui sont devenus des magasins de détail dans les centres urbains en développement. La CBH comptait 26 boutiques, réparties dans le Nord-Ouest, lorsqu'elle a publié son premier catalogue de vente par correspondance, en 1896. La plupart d'entre elles étaient des postes de commerce de la fourrure qui vendaient alors toutes sortes de produits aux pionniers; c'était le début des magasins de détail. Les six premiers magasins les plus importants sont situés à Winnipeg (1881), à Calgary (1884), à Vancouver (1887), à Edmonton (1892), à Victoria (1921) et à Saskatoon (1922).

© Société du Musée canadien des civilisations

Couverture de liste de prix noir et blanc de la Compagnie de la Baie d'Hudson

Liste de prix de la Compagnie de la Baie d'Hudson, automne 1901, p. 4.

Archives de la Compagnie de la Baie d'Hudson, Archives provinciales du Manitoba

© Archives de la Compagnie de la Baie d'Hudson, Archives provinciales du Manitoba


Dessin des onze magasins de la Compagnie de la Baie d'Hudson

Bulletin du service par correspondance de la Compagnie de la Baie d'Hudson, Calgary, novembre 1922, page de couverture.

Archives de la Compagnie de la Baie d'Hudson, Archives provinciales du Manitoba

© Archives de la Compagnie de la Baie d'Hudson, Archives provinciales du Manitoba


Le premier catalogue

Le premier catalogue compte 72 pages et consiste en une liste de prix d'articles disponibles par correspondance ou dans les magasins de l'entreprise : tissus, vêtements, textiles de maison, chapeaux, revêtements de sol, chaussures, outils, produits d'épicerie, médicaments, tabac et alcool. Les rares illustrations sont dessinées au trait. En 1901, le catalogue compte 201 pages et les illustrations y sont plus nombreuses.

Le magasin de Winnipeg s'occupe du service de vente par correspondance et puise les articles à expédier à même son propre inventaire. Les comptes des boutiques sont organisés par rayon : vêtements pour femmes, chaussures, outils, entre autres. On affirme, dans le catalogue, que l'entreprise met « cinq jours de moins que les autres maisons de vente par correspondante de même catégorie » à envoyer les commandes reçues. On y trouve aussi la promotion de ses catalogues et de l'achat par correspondance.

Le magasin de Winnipeg

Quand Eaton inaugure son grand magasin à Winnipeg, en 1905, le Pour en lire plus
Le premier catalogue

Le premier catalogue compte 72 pages et consiste en une liste de prix d'articles disponibles par correspondance ou dans les magasins de l'entreprise : tissus, vêtements, textiles de maison, chapeaux, revêtements de sol, chaussures, outils, produits d'épicerie, médicaments, tabac et alcool. Les rares illustrations sont dessinées au trait. En 1901, le catalogue compte 201 pages et les illustrations y sont plus nombreuses.

Le magasin de Winnipeg s'occupe du service de vente par correspondance et puise les articles à expédier à même son propre inventaire. Les comptes des boutiques sont organisés par rayon : vêtements pour femmes, chaussures, outils, entre autres. On affirme, dans le catalogue, que l'entreprise met « cinq jours de moins que les autres maisons de vente par correspondante de même catégorie » à envoyer les commandes reçues. On y trouve aussi la promotion de ses catalogues et de l'achat par correspondance.

Le magasin de Winnipeg

Quand Eaton inaugure son grand magasin à Winnipeg, en 1905, le directeur général de la CBH, C. C. Chipman, tente de convaincre le gouverneur de l'entreprise d'agrandir le leur pour rivaliser avec cette succursale de la grande société de Toronto. Sa suggestion demeurera lettre morte : la vente de détail est en effet considérée comme un marché secondaire au sein de la division du commerce de la fourrure. En 1911, H. E. Burbidge, fils du propriétaire du grand magasin à rayons Harrods de Londres, visite les boutiques et fait des recommandations. Pendant un certain nombre d'années, il travaille comme directeur général des magasins à Winnipeg et durant cette période, la CBH en arrive à établir trois types d'opérations : le commerce de la fourrure, les magasins de détail et la division de vente des terres.

© Société du Musée canadien des civilisations

Page d'un catalogue noir et blanc des Corsets pour dames Royal Worcester et Bonton

Liste de prix de la Compagnie de la Baie d'Hudson, automne 1901, p. 17.

Archives de la Compagnie de la Baie d'Hudson, Archives provinciales du Manitoba

© Archives de la Compagnie de la Baie d'Hudson, Archives provinciales du Manitoba


Page de couverture du catalogue de la CBH

Page de couverture du catalogue de la CBH, printemps-été 1904

Archives de la Compagnie de la Baie d'Hudson, Archives provinciales du Manitoba

© Archives de la Compagnie de la Baie d'Hudson, Archives provinciales du Manitoba


Le dernier catalogue

En 1913, le catalogue de la CBH perd plus de 61 000 $ en six mois. Sa publication cesse au mois de juillet de cette année. Burbidge est d'avis que le catalogue n'a aucune valeur, à moins que l'entreprise ne consente à faire des investissements considérables pour concurrencer les catalogues d'Eaton et de Simpson. Il s'inquiète aussi de la concurrence entre le catalogue et les magasins de l'entreprise. Ceux-ci ont déjà beaucoup à faire pour soutenir la compétition des catalogues des deux grandes entreprise de l'Est. Burbidge ne veut donc pas qu'il se crée une concurrence entre les magasins eux-mêmes et les catalogues. En 1916, la compétition est forte; on compte 12 maisons de vente par correspondance à Winnipeg seulement.

Les achats par correspondance

La CBH offre un service d'achat personnalisé permettant aux clients des régions rurales de passer leur commande directement au chef de ce qu'on appelle le « service de la vente par correspondance ». Burbidge tente aussi de séduire le marché des consommateurs résidant dans un rayon de 80 km à Pour en lire plus
Le dernier catalogue

En 1913, le catalogue de la CBH perd plus de 61 000 $ en six mois. Sa publication cesse au mois de juillet de cette année. Burbidge est d'avis que le catalogue n'a aucune valeur, à moins que l'entreprise ne consente à faire des investissements considérables pour concurrencer les catalogues d'Eaton et de Simpson. Il s'inquiète aussi de la concurrence entre le catalogue et les magasins de l'entreprise. Ceux-ci ont déjà beaucoup à faire pour soutenir la compétition des catalogues des deux grandes entreprise de l'Est. Burbidge ne veut donc pas qu'il se crée une concurrence entre les magasins eux-mêmes et les catalogues. En 1916, la compétition est forte; on compte 12 maisons de vente par correspondance à Winnipeg seulement.

Les achats par correspondance

La CBH offre un service d'achat personnalisé permettant aux clients des régions rurales de passer leur commande directement au chef de ce qu'on appelle le « service de la vente par correspondance ». Burbidge tente aussi de séduire le marché des consommateurs résidant dans un rayon de 80 km à 120 km de chaque magasin. Il adopte différentes stratégies, comme le paiement des coûts de transport à l'aide d'un crédit d'achat. Chaque magasin distribue des dépliants saisonniers et des listes de prix pour les produits d'épicerie, l'alcool et le tabac. Certaines succursales publient des bulletins mensuels comprenant des listes de prix pour les articles d'usage courant : produits d'épicerie et de nettoyage, semences. Ces bulletins offrent aussi un choix limité de vêtements, de meubles et de textiles, question de montrer la gamme de biens disponibles par l'entremise du service d'achat personnalisé.

À la fin des années 1910 et durant la décennie suivante, Calgary semble la ville la plus susceptible de devenir le centre de la vente au détail dans l'Ouest. Cependant, les actionnaires de la CBH, qui sont à Londres, croient naïvement que la vente au détail constituera toujours un sous-marché du commerce de la fourrure. Aussi, jusque dans les années 1920, seront-ils réticents à investir massivement dans le développement de ce type de commerce. Quand la direction de l'entreprise déménage au Canada, les responsables commencent à réaliser le potentiel de croissance de la vente de détail.

À compter de 1931, la division du commerce de la fourrure publie régulièrement un catalogue de 200 pages à l'usage de ses boutiques; ce document dresse la liste des marchandises en stock à l'entrepôt. Le catalogue du comptoir de commandes offre ainsi aux clients une gamme beaucoup plus vaste d'articles qu'il serait impossible de placer dans les vitrines des petites boutiques. À titre d'exemple, on peut se procurer un canot Peterborough par l'intermédiaire de l'entrepôt. Les magasins continuent d'offrir des services de vente par la poste et, plus tard, par téléphone, aux clients qui peuvent difficilement se rendre dans les magasins.

Conclusion

Bien que la Compagnie de la Baie d'Hudson n'ait jamais joué un rôle important dans le secteur de la vente par correspondance, son empire de vente de détail se développe tout au long du vingtième siècle. Vers la fin, les acquisitions et les fusions entremêlent son histoire à celle d'autres anciennes maisons de vente par correspondance, comme Morgan (1960), Simpson (1978) et Woodward (1993).

© Société du Musée canadien des civilisations

Photo noir et blanc d'une vue intérieur du magasin de Winnipeg

Une vue intérieur du magasin de Winnipeg, vers 1914

Foote & James, Archives de la Compagnie de la Baie d'Hudson, Archives provinciales du Manitoba

© Foote & James, Archives de la Compagnie de la Baie d'Hudson, Archives provinciales du Manitoba


Bulletin du service par correspondance noir et blanc

Bulletin du service par correspondance de la Compagnie de la Baie d'Hudson, novembre 1922, p. 40.

Archives de la Compagnie de la Baie d'Hudson, Archives provinciales du Manitoba

© Archives de la Compagnie de la Baie d'Hudson, Archives provinciales du Manitoba


Page d'un catalogue noir et blanc des produits vêtements pour hommes

Catalogue de l'entrepôt du commerce de la fourrure de la CBH, vers 1934, p. 23.

Le service Patrimoine de la Compagnie de la Baie d'Hudson, Toronto.

© Compagnie de la Baie d'Hudson, utilisation autorisée.


Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :
  • observer et énumérer les caractéristiques du mode de vie au début du 20e siècle;
  • comparer l’évolution de la société canadienne et québécoise durant quelques décennies;
  • expliquer les ressemblances et les différences entre la société d’autrefois et celle d’aujourd’hui;
  • discuter des événements marquants de l’époque (crise économique, Guerres mondiales, syndicalisation, mouvement féministe) et de l’impact qu’ils ont eu sur la société canadienne et québécoise.

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