Les grands cèdres du Nord-Ouest du Pacifique constituaient la matière première pour la construction de maisons et d’entrepôts, la confection de vêtements, la création d’articles rituels et la fabrication de pirogues. Ces arbres étaient sacrés et l’abattage d’un cèdre s’assimilait à un acte religieux. Seul un spécialiste pouvait évider et sculpter une pirogue et, tandis qu’il travaillait, des apprentis venaient faire leurs classes avec lui. Chaque personne participant à la construction devait respecter un code de conduite très précis.

Je me rappelle avoir regardé mon père abattre un cèdre dans lequel il devait sculpter une grande pirogue. Il a accompli son travail avec le plus grand respect pour l’arbre. Il lui parlait comme à un être humain. Il demandait à l’arbre de ne pas lui faire de mal puisqu’il allait en faire un objet magnifique qui lui serait utile.

Peter Webster,
Ahousat, Nuu-chah-nulth
Les grands cèdres du Nord-Ouest du Pacifique constituaient la matière première pour la construction de maisons et d’entrepôts, la confection de vêtements, la création d’articles rituels et la fabrication de pirogues. Ces arbres étaient sacrés et l’abattage d’un cèdre s’assimilait à un acte religieux. Seul un spécialiste pouvait évider et sculpter une pirogue et, tandis qu’il travaillait, des apprentis venaient faire leurs classes avec lui. Chaque personne participant à la construction devait respecter un code de conduite très précis.

Je me rappelle avoir regardé mon père abattre un cèdre dans lequel il devait sculpter une grande pirogue. Il a accompli son travail avec le plus grand respect pour l’arbre. Il lui parlait comme à un être humain. Il demandait à l’arbre de ne pas lui faire de mal puisqu’il allait en faire un objet magnifique qui lui serait utile.

Peter Webster,
Ahousat, Nuu-chah-nulth

© 2009, RCIP-Réseau canadien d'information sur le patrimoine. Tous droits réservés.

Il fallait compter deux ans pour sculpter une pirogue :

Il fallait choisir l’arbre. Le sculpteur expliquait qu’il en ferait une pirogue, qu’il l’utiliserait et qu’il lui donnerait un nom. On abattait l’arbre, on lui coupait toutes les branches, on enlevait l’écorce et l’aubier tendre. Les deux extrémités du tronc étaient taillées en V pour donner leur forme à la poupe et à la proue. Puis, le tronc était soigneusement fendu en deux, et était retourné : on sculptait alors le dessous et l’extérieur de la pirogue. On laissait alors la pirogue sécher pendant l’hiver. Au printemps, le sculpteur reprenait son travail et évidait l’intérieur au moyen d’une herminette, outil pour travailler le bois. Il la transportait alors au village pour le traitement à l’eau chaude. L’opération consistait à remplir la pirogue d’eau. Des pierres étaient chauffées dans un feu tout près et déposées dans l’eau. L’eau se réchauffait et commençait à s’évaporer ; le bois devenait souple et l’on étirait les plats-bords pour augmente Pour en lire plus
Il fallait compter deux ans pour sculpter une pirogue :

  1. Il fallait choisir l’arbre. Le sculpteur expliquait qu’il en ferait une pirogue, qu’il l’utiliserait et qu’il lui donnerait un nom. On abattait l’arbre, on lui coupait toutes les branches, on enlevait l’écorce et l’aubier tendre.
  2. Les deux extrémités du tronc étaient taillées en V pour donner leur forme à la poupe et à la proue. Puis, le tronc était soigneusement fendu en deux, et était retourné : on sculptait alors le dessous et l’extérieur de la pirogue.
  3. On laissait alors la pirogue sécher pendant l’hiver.
  4. Au printemps, le sculpteur reprenait son travail et évidait l’intérieur au moyen d’une herminette, outil pour travailler le bois. Il la transportait alors au village pour le traitement à l’eau chaude. L’opération consistait à remplir la pirogue d’eau. Des pierres étaient chauffées dans un feu tout près et déposées dans l’eau. L’eau se réchauffait et commençait à s’évaporer ; le bois devenait souple et l’on étirait les plats-bords pour augmenter la largeur de la pirogue.
  5. Après, la pirogue était sablée au moyen de peaux de squale ou de branches de pruche.
  6. Enfin, on peignait l’intérieur en rouge et on décorait l’extérieur en y ajoutant le nom.

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Aujourd’hui, le processus de fabrication d’une pirogue a changé certes, mais très peu. Les cèdres sont toujours traités avec respect. Par contre, on ne les laisse pas toujours sécher. Avec le temps, les pirogues de régate se sont amincies ; mais, on leur fait encore subir un traitement à l’eau chaude. Pour les étapes finales, on se sert d’outils électriques en vue du sablage de l’embarcation ; enfin, on la peint et on la vernit. Les pirogues de guerre, qui peuvent porter onze pagayeurs, font presque 13 mètres de longueur (40 pieds), mais moins de 50 cm (18 pouces) de largeur. Quand l’embarcation est chargée au maximum, le plat-bord est à moins de 25 cm (10 po) au-dessus du niveau de l’eau.
Aujourd’hui, le processus de fabrication d’une pirogue a changé certes, mais très peu. Les cèdres sont toujours traités avec respect. Par contre, on ne les laisse pas toujours sécher. Avec le temps, les pirogues de régate se sont amincies ; mais, on leur fait encore subir un traitement à l’eau chaude. Pour les étapes finales, on se sert d’outils électriques en vue du sablage de l’embarcation ; enfin, on la peint et on la vernit. Les pirogues de guerre, qui peuvent porter onze pagayeurs, font presque 13 mètres de longueur (40 pieds), mais moins de 50 cm (18 pouces) de largeur. Quand l’embarcation est chargée au maximum, le plat-bord est à moins de 25 cm (10 po) au-dessus du niveau de l’eau.

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Mike Billy et les constructeurs

Mike Billy et les constructeurs du Circle of Eagles Spirit Lodge.

Mike et Denise Billy,
North Vancouver Canoe Club

© Mike et Denise Billy, album souvenir du North Vancouver Canoe Club, 2000.


Traitment à l'eau chaude

Les constructeurs du Circle of Eagles Spirit Lodge procèdent au traitement à l'eau chaude.

Mike et Denise Billy,
North Vancouver Canoe Club

© Mike et Denise Billy, album souvenir du North Vancouver Canoe Club, 2000.


Façonner la pirogue

Circle of Eagles Spirit Lodge - Des constructeurs emploient une scie électrique pour façonner la pirogue.

Mike et Denise Billy,
North Vancouver Canoe Club

© Mike et Denise Billy, album souvenir du North Vancouver Canoe Club, 2000.


Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :
  • expliquer l’importance du cèdre géant pour les Salish;
  • indiquer qui peut fabriquer une pirogue salish;
  • décrire les étapes de la fabrication d’une pirogue salish, à la manière traditionnelle et à la manière des temps modernes.

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