Au cours de l’évolution de la vie sur Terre, des catastrophes aux retombées planétaires ont plusieurs fois décimé des écosystèmes entiers et balayé une grande partie des êtres vivants. La disparition et l’apparition d’espèces et de groupes entiers d’animaux caractérisent en effet l’ensemble du tableau des temps géologiques. L’on estime que la biodiversité actuelle ne représente que 1% de l’ensemble des espèces qui ont vécu sur Terre, ce qui signifie que 99% des espèces ont disparu à un moment ou à un autre.

Débutant il y a environ 540 millions d’années, le Phanérozoïque nous a laissé d’abondantes archives fossiles. La lecture de ces archives révèle qu’il s’agit d’une période de l’histoire de la Terre marquée de nombreux phénomènes d’extinction. Et à cinq reprises, ces extinctions ont touché plus de 60 % des espèces existantes. Ce sont les extinctions les plus documentées.

La première de ces extinctions est survenue à la fin de l’Ordovicien, au moment où sévissait une glaciation majeure. De bons exemples de faunes appauvries, contemporaines à cette glaciation, se trouvent Pour en lire plus
Au cours de l’évolution de la vie sur Terre, des catastrophes aux retombées planétaires ont plusieurs fois décimé des écosystèmes entiers et balayé une grande partie des êtres vivants. La disparition et l’apparition d’espèces et de groupes entiers d’animaux caractérisent en effet l’ensemble du tableau des temps géologiques. L’on estime que la biodiversité actuelle ne représente que 1% de l’ensemble des espèces qui ont vécu sur Terre, ce qui signifie que 99% des espèces ont disparu à un moment ou à un autre.

Débutant il y a environ 540 millions d’années, le Phanérozoïque nous a laissé d’abondantes archives fossiles. La lecture de ces archives révèle qu’il s’agit d’une période de l’histoire de la Terre marquée de nombreux phénomènes d’extinction. Et à cinq reprises, ces extinctions ont touché plus de 60 % des espèces existantes. Ce sont les extinctions les plus documentées.

La première de ces extinctions est survenue à la fin de l’Ordovicien, au moment où sévissait une glaciation majeure. De bons exemples de faunes appauvries, contemporaines à cette glaciation, se trouvent dans la région de Percé au Québec. Et la séquence présente sur l’Île d’Anticosti, dans le golfe St-Laurent, est l’une des meilleures au monde pour observer le réajustement des faunes, suite à cette extinction, au début du Silurien.

La seconde est survenue au Dévonien supérieur, peu après l’avènement de Miguasha, et a plus particulièrement affecté la vie aquatique. Les communautés récifales disparaissent, tout comme des groupes de brachiopodes et de trilobites. Plusieurs groupes de poissons sont aussi affectés.

À ce moment clef du Dévonien, l’ichthyofaune de Miguasha offre une vue saisissante de la diversité qu’avait atteinte les vertébrés avant cette période d’extinction qui s’est étendue sur quelques millions d'années au début du Famennien. C’est toutefois à la fin du Permien qu’est survenue la plus grande crise de l’histoire de la vie sur Terre, avec la disparition rapide de 95 % des espèces.

La fin du Trias est marquée par la disparition de plusieurs membres du groupe des dinosaures, alors qu’en mer, des organismes comme les ammonites et les nautiles sont particulièrement affectés.

L’extinction ayant mené à la disparition des dinosaures dans une hécatombe à la fin du Crétacé est la plus médiatisée, car elle est attribuée à une météorite géante, un phénomène qui frappe l’imagination. La Terre se serait enflammée puis entourée d’un voile de poussière bloquant les rayons du soleil et entraînant des variations climatiques extrêmes, accompagnées de pluies acides corrosives! Avec les dinosaures sont disparus la presque totalité des habitants des aires marines peu profondes, une grande partie des plantes terrestres et tous les animaux de grandes tailles.

De petits mammifères, terrés dans leur trou, ont pu survivre et profiter des niches écologiques devenues vacantes pour rapidement évoluer dans diverses directions et atteindre la diversité qu’on leur connaît aujourd’hui.

De nos jours, les grandes catastrophes naturelles sont presque toujours évoquées pour expliquer les grandes extinctions. Celles de la fin de l’Ordovicien et de la fin du Crétacé sont les mieux comprises. L’extinction du Trias, comme celle du Crétacé, aurait une cause météoritique, alors que le Permien s’est terminé par une activité volcanique accrue. Mais les causes pour expliquer les extinctions sont multiples et encore mal comprises. Les bouleversements qui ont affecté les communautés de la fin du Dévonien en sont un bel exemple.

La modification des grands biotopes et les changements climatiques qui sont de plus en plus perceptibles, en ce début de 21e siècle, pourraient, selon certains, mener à un prochain épisode d’extinction sévère. Les archives de la Terre nous enseignent toutefois que la vie est tenace et qu’elle a su se réajuster maintes fois face à des bouleversements majeurs au cours de l’histoire.

© 2007, Parc national de Miguasha

La limite Ordovicien-Silurien à Anticosti

La séquence d’Anticosti, dans le Golfe Saint-Laurent, présente une succession sédimentaire continue à travers la limite de l’Ordovicien avec le Silurien. La limite entre les deux périodes géologiques est indiquée par la flèche. Les faunes de la fin de l’Ordovicien ont été très affectées par une période glaciaire.

Parc national de Miguasha
2002
© 2007, Parc national de Miguasha


Les grandes extinctions

Les cinq grandes extinctions de la vie qui sont bien documentées dans l’histoire de la Terre. La faune de Miguasha constitue une fenêtre sur le monde des vertébrés juste avant l’extinction de la fin du Dévonien.

François Bienvenue
2007
© Parc national de Miguasha


Vers la fin du Dévonien, à la limite entre le Frasnien et le Famennien (il y a environ 375 millions d’années), une grande extinction chambarda la vie. Il s’agissait alors de la deuxième grande extinction de masse, la première ayant éclaté à la fin de l’Ordovicien. Cette fois-ci, ce ne fut pas un évènement brutal, mais plutôt une série d’extinctions étalées sur une période de deux à quatre millions d’années (Ma).

À ce moment, la terre ferme commençait à être colonisée par des plantes terrestres, des invertébrés et les premiers tétrapodes. Ces êtres ne semblent pas avoir été touchés par la crise puisqu’on les retrouve tous "intacts" au Carbonifère. Ce sont principalement les espèces marines qui ont écopé.

Les écosystèmes des grands récifs sous-marins, construits principalement par les stromatopores et les coraux de type Rugosa et Tabulata, sont disparus. Ils ne reviendront que 145 Ma plus tard, au Trias, érigés cette fois par les coraux scléractiniens et des calcispongiaires.

L’on estime que 75 % des familles de poissons existant ont disparu lors de l’extinction du Dévonien supérieur.
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Vers la fin du Dévonien, à la limite entre le Frasnien et le Famennien (il y a environ 375 millions d’années), une grande extinction chambarda la vie. Il s’agissait alors de la deuxième grande extinction de masse, la première ayant éclaté à la fin de l’Ordovicien. Cette fois-ci, ce ne fut pas un évènement brutal, mais plutôt une série d’extinctions étalées sur une période de deux à quatre millions d’années (Ma).

À ce moment, la terre ferme commençait à être colonisée par des plantes terrestres, des invertébrés et les premiers tétrapodes. Ces êtres ne semblent pas avoir été touchés par la crise puisqu’on les retrouve tous "intacts" au Carbonifère. Ce sont principalement les espèces marines qui ont écopé.

Les écosystèmes des grands récifs sous-marins, construits principalement par les stromatopores et les coraux de type Rugosa et Tabulata, sont disparus. Ils ne reviendront que 145 Ma plus tard, au Trias, érigés cette fois par les coraux scléractiniens et des calcispongiaires.

L’on estime que 75 % des familles de poissons existant ont disparu lors de l’extinction du Dévonien supérieur.

Alors que les poissons d’eaux douces ont été très peu affectés, les animaux marins l’ont été beaucoup plus; les placodermes, par exemple, n’ont pas survécu et les acanthodiens ont été en grande partie décimés. Ça a aussi été la fin de presque tous les agnathes. De très nombreux brachiopodes se sont éteints, les conodontes ont presque tous disparu et une seule famille de trilobites a survécu. Au total, c’est plus de 70% des espèces vivantes au Dévonien qui n’existaient plus au Carbonifère.

Hypoxie marine? Refroidissement global? Baisse du niveau des mers? Météorites? Ce sont autant d’hypothèses qui ont été avancées pour expliquer l’extinction de la fin du Dévonien. Les causes de cette extinction massive demeurent toutefois mal comprises, et elles pourraient être multiples! Quoi qu’il en soit, comme après toutes les extinctions majeures, la vie s’est réorganisée dans les océans et les tétrapodes et les plantes ont poursuivi leur conquête de la terre ferme.

Les animaux et plantes de Miguasha ont vécu tout juste quelques millions d'années avant cette crise. Ils nous donnent donc un bon aperçu de ce à quoi pouvait ressembler la vie sur Terre juste avant ces événements, plus particulièrement en ce qui a trait à la diversité des vertébrés.

© 2007, Parc national de Miguasha

Localisation des lieux d’impacts météoritiques ou astroblèmes au Québec.

L’impact de bolides extraterrestres est souvent invoqué pour expliquer certains des évènements qui ont mené à la disparition subite d’une grande proportion des espèces vivantes dans l’histoire de la Terre. L’astroblème de Charlevoix remonte au Dévonien supérieur, mais il est peu probable que la grande extinction de la fin du Dévonien soit liée à cet impact météoritique.

François Bienvenue
2007
© Parc national de Miguasha


Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va:
  • identifier et classer différents types de fossiles;
  • expliquer les étapes de la fossilisation ainsi que les conditions propices à celle-ci;
  • formuler des hypothèses quant à l’évolution des êtres vivants;
  • formuler des hypothèses quant à l’explication de la disparition de certaines espèces.

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