Bien des gens gardent des souvenirs agréables et vivaces des catalogues de vente par correspondance. Certains se souviennent des vêtements, des tissus et d'autres articles à prix modique que leurs parents commandaient par la poste. La plupart d'entre eux ont encore, gravé dans leur mémoire, le souvenir des produits splendides et dispendieux que l'on voyait dans les catalogues - superbes robes du soir, luxueux mobilier de salle à manger, poupées de fantaisie en porcelaine ou bicyclettes dernier cri - toutes choses qui leur faisaient envie, mais qui étaient bien au-dessus de leurs moyens. Les catalogues de vente par correspondance servaient à fournir une multitude de produits aux Canadiens et aux Canadiennes, même dans les régions les plus isolées et, d'un bout à l'autre du pays, ces publications en ont fait rêver plus d'un.
Bien des gens gardent des souvenirs agréables et vivaces des catalogues de vente par correspondance. Certains se souviennent des vêtements, des tissus et d'autres articles à prix modique que leurs parents commandaient par la poste. La plupart d'entre eux ont encore, gravé dans leur mémoire, le souvenir des produits splendides et dispendieux que l'on voyait dans les catalogues - superbes robes du soir, luxueux mobilier de salle à manger, poupées de fantaisie en porcelaine ou bicyclettes dernier cri - toutes choses qui leur faisaient envie, mais qui étaient bien au-dessus de leurs moyens. Les catalogues de vente par correspondance servaient à fournir une multitude de produits aux Canadiens et aux Canadiennes, même dans les régions les plus isolées et, d'un bout à l'autre du pays, ces publications en ont fait rêver plus d'un.

© Société du Musée canadien des civilisations

Audio des gens raconteur des souvenirs des commandes par catalogue, certaines et souhaité

Je suis native d'un petit village du Nouveau-Brunswick et, quand les catalogues arrivaient, nous passions de grandes soirées assis autour de la table à les feuilleter tout en rêvant de redécorer la maison, de la cave au grenier, et à renouveler notre garde-robe avec ces belles robes, ces jolis souliers à la mode et ces magnifiques chapeaux. Tout s'achetait par catalogue : les outils dont papa avait besoin pour travailler dans son moulin à bois, la laine que ma grand-mère voulait pour tricoter des mitaines et des patrons et du matériel à la verge que maman recherchait afin de nous confectionner des vêtements. J'ai aussi commandé par catalogue une cuisinière électrique pour remplacer notre vieux poêle à bois.

Musée canadien des civilisations

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Page d'un catalogue noir et blanc des chapeaux

Il va sans dire que bien des jeunes filles ont admiré les robes de mariage et les chapeaux offerts dans le catalogue Eaton à l'automne 1950.

Catalogue Eaton – automne-hiver 1950-1951 (édition de Toronto), p. 98.

Bibliothèque et Archives Canada. Utilisation autorisée par Sears Canada Inc.

© Bibliothèque et Archives Canada. Utilisation autorisée par Sears Canada Inc.


Page d'un catalogue couleur des tissus et des patrons

Beaucoup de femmes aimaient mieux commander du tissu et des patrons et confectionner elles-mêmes leurs vêtements. Cette page présente des échantillons de tissus et des patrons.

Catalogue Eaton – automne-hiver 1950-1951 (édition de Toronto), p. 350.

Bibliothèque et Archives Canada. Utilisation autorisée par Sears Canada Inc.

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Audio des gens raconteur des souvenirs des commandes par catalogue, certaines et souhaité.

Un rêve jamais réalisé
Dans notre petit village, nous n'avions pas de grands magasins. Maman achetait beaucoup par catalogue, Eaton, Simpson, Dupuis et Frères. Au printemps et à l'automne, près de la boîte aux lettres située sur le chemin, en face de notre maison, nous guettions le postillon. Nous voulions être les premières à jeter un coup d'œil sur le nouveau catalogue. Les plus vieilles s'intéressaient aux manteaux, robes, souliers, chapeaux; pour les plus jeunes, les jouets attiraient notre attention. Maman préférait les tissus à la verge, tandis que l'intérêt de mon frère se tournait vers les bicyclettes. À chaque année, il suppliait nos parents de lui en acheter une, mais ceux-ci n'ont jamais pu répondre à son désir. L'instruction était leur priorité. Comme mon frère fréquentait l'école secondaire de Plantagenet, il fallait payer sa pension. Quand papa acheta sa première Ford, en 1927, mon frère, qui avait 17 ans, eut la permission de la conduire. Ce privilège le consola de ne pas posséder de vélo.

Yvonne Drouin Jobin

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Page d'un catalogue noir et blanc des jouets

Dans le catalogue Eaton's Spring and Summer 1926, il n'y avait que trois pages consacrées aux jouets. Cette page, qui montre des tricycles, des wagonnettes, un jeu de croquet et d'autres jouets, a sans doute été tournée et retournée bien des fois dans plus d'un foyer.

Catalogue Eaton's Spring and Summer 1926 (édition de Moncton), p. 387.

Bibliothèque et Archives Canada. Utilisation autorisée par Sears Canada Inc.

Bibliothèque et Archives Canada. Utilisation autorisée par Sears Canada Inc.


Audio des gens raconteur des souvenirs des commandes par catalogue, certaines et souhaité.

Un équipement complet de hockey
J'avais neuf ans à la fin des années cinquante. Les classes avaient repris et l'hiver était déjà entamé. Comme à chaque année, d'aussi loin que je me souvienne, j'attendais avec impatience le catalogue des étrennes de Noël. Ce catalogue, avec sa couverture colorée, comprenait les rêves les plus séduisants pour un enfant de mon âge.

Je me souviens particulièrement de cette année où le catalogue des étrennes était arrivé et où, je crois, j'étais seul à la maison. La fameuse soirée du hockey avait débuté en noir et blanc sur notre téléviseur. Ma mère avait dû s'absenter pour la soirée et je savais que mon père reviendrait avant elle - samedi soir aidant - il serait probablement un peu pompette et réceptif à mes demandes.

Je me vois encore parcourant les pages du catalogue afin d'obtenir pour mon anniversaire, quelques jours avant Noël, et pour les étrennes de l'occasion, un équipement complet de hockey. Avec mes camarades, nous avions déjà commencé nos parties de hockey habituelles et je n'avais que des patins, comme la plupart des autres enfants. La commande comprenait une paire de patins CCM, un habillement complet avec les quelques protecteurs de l'époque et un bâton de hockey qui ne se vendait pas à notre magasin général. Toute une commande !

Mais la commande devait être autorisée et signée et, si je me souviens bien, devait être payée à l'avance ou par 'C.O.D.' (Cash on delivery - envoi contre remboursement), comme on disait à l'époque. L'enveloppe
pré-adressée était déjà sur la table et attendait le retour de mon père.

Enfin, ce dernier arriva, heureusement plus pompette que prévu, et, dans une déclaration qui m'aurait fait gagner la coupe Stanley, j'obtins l'autorisation et la signature tant convoitées. Je cachetai l'enveloppe en me préparant à la livrer au bureau de poste le lendemain. L'enveloppe ne quitta jamais la maison, ma mère l'ayant interceptée à temps car, selon elle, il s'agissait d'une folle commande ! Il est vrai que je serais devenu le joueur de hockey le plus convoité du village !

Ce catalogue, avec ses images séduisantes, m'avait à nouveau conquis. Il me faudrait attendre le catalogue de l'été afin que je puisse commander ma première bicyclette !

Simon Morin

© Société du Musée canadien des civilisations


Page d'un catalogue noir et blanc d'Équipement de hockey

Les modèles dernier cri de jambières, de gants et de culottes de hockey étaient offerts dans le catalogue de 1950-1951.

Catalogue Eaton – automne-hiver 1950-1951 (édition de Toronto), p. 540.

Bibliothèque et Archives Canada. Utilisation autorisée par Sears Canada Inc.

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Le matériel à la verge
Avant l'ouverture des classes en septembre, je choisissais du matériel à la verge afin que maman me couse une petite robe. Je me souviens encore de la couleur saumon pâle du matériel illustré dans le catalogue qui avait capté fortement mon imagination.
Les habiles couturières s'inspiraient des modèles illustrés pour coudre leur propre robe, et cela, sans patron. Bien des mamans feuilletaient le catalogue le dimanche après-midi. Je vois encore maman et la voisine, assises sur la galerie, étudiant le catalogue afin, disaient-elles, de se donner des idées. Les malins prenaient plaisir à dire le prix payé des vêtements achetés tout faits du catalogue. « Madame Unetelle a une robe de $2.98 ! » Deux belles-sœurs s'étaient procuré une robe identique. Les malins avaient beau jeu de noter qu'une telle paraissait mieux que l'autre !
- Lucienne Messier, témoignage, vers1930
Le matériel à la verge
Avant l'ouverture des classes en septembre, je choisissais du matériel à la verge afin que maman me couse une petite robe. Je me souviens encore de la couleur saumon pâle du matériel illustré dans le catalogue qui avait capté fortement mon imagination.
Les habiles couturières s'inspiraient des modèles illustrés pour coudre leur propre robe, et cela, sans patron. Bien des mamans feuilletaient le catalogue le dimanche après-midi. Je vois encore maman et la voisine, assises sur la galerie, étudiant le catalogue afin, disaient-elles, de se donner des idées. Les malins prenaient plaisir à dire le prix payé des vêtements achetés tout faits du catalogue. « Madame Unetelle a une robe de $2.98 ! » Deux belles-sœurs s'étaient procuré une robe identique. Les malins avaient beau jeu de noter qu'une telle paraissait mieux que l'autre !
- Lucienne Messier, témoignage, vers1930

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Page d'un catalogue noir et blanc des robes

Des couturières peuvent très bien avoir confectionné des robes en reproduisant ces modèles-ci qui étaient offerts dans le catalogue Eaton – automne-hiver 1939-1940.

Catalogue Eaton – automne-hiver 1939-1940 (édition de Toronto), p. 15.

Bibliothèque et Archives Canada. Utilisation autorisée par Sears Canada Inc.

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En déballant le cadeau, je n'en croyais pas mes yeux : c'était bel et bien le petit four bleu tant espéré ! Enfin, je pouvais cuisiner et cuire de véritables biscuits, gâteaux et autres surprises. Et tous, autour de moi, de se montrer fort enthousiastes : en moins de deux, les instructions étaient parcourues; l'ampoule à cuisson, installée; le four branché, et tous les petits moules, lèchefrites et ustensiles, étalés sur la table. À moi d'ouvrir le premier paquet Betty Croquer, en humecter le contenu, brasser, verser, mettre au four sous les rires et exclamations de l'auditoire familial, rassemblé autour de moi. En quelques minutes, je sortais ma première fournée odorante et tous d'en savourer le résultat en me couvrant de compliments ! Ma mère avait commandé le cadeau parfait : celui que je désirais et celui qui me permettait d'être en bonne compagnie, car l'odeur de mes cuissons subséquentes n'a jamais manqué de m'attirer un convive ou deux. Non pas tant pour le goût, mais bien pour l'événement !
- Louise N. Boucher, originaire de Saint-Jérôme, témoignage, vers 1966
En déballant le cadeau, je n'en croyais pas mes yeux : c'était bel et bien le petit four bleu tant espéré ! Enfin, je pouvais cuisiner et cuire de véritables biscuits, gâteaux et autres surprises. Et tous, autour de moi, de se montrer fort enthousiastes : en moins de deux, les instructions étaient parcourues; l'ampoule à cuisson, installée; le four branché, et tous les petits moules, lèchefrites et ustensiles, étalés sur la table. À moi d'ouvrir le premier paquet Betty Croquer, en humecter le contenu, brasser, verser, mettre au four sous les rires et exclamations de l'auditoire familial, rassemblé autour de moi. En quelques minutes, je sortais ma première fournée odorante et tous d'en savourer le résultat en me couvrant de compliments ! Ma mère avait commandé le cadeau parfait : celui que je désirais et celui qui me permettait d'être en bonne compagnie, car l'odeur de mes cuissons subséquentes n'a jamais manqué de m'attirer un convive ou deux. Non pas tant pour le goût, mais bien pour l'événement !
- Louise N. Boucher, originaire de Saint-Jérôme, témoignage, vers 1966

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Page d'un catalogue couleur avec des photos des service de vaiselle

Nul doute que le service de vaisselle de luxe a déjà été utilisé pour servir des friandises cuites, toutes chaudes encore, fraîchement sorties du four Betty Crocker.

Catalogue Eaton – Noël 1975 (édition de Toronto), p. 320.

Bibliothèque et Archives Canada. Utilisation autorisée par Sears Canada Inc.

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Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :
  • observer et énumérer les caractéristiques du mode de vie au début du 20e siècle;
  • comparer l’évolution de la société canadienne et québécoise durant quelques décennies;
  • expliquer les ressemblances et les différences entre la société d’autrefois et celle d’aujourd’hui;
  • discuter des événements marquants de l’époque (crise économique, Guerres mondiales, syndicalisation, mouvement féministe) et de l’impact qu’ils ont eu sur la société canadienne et québécoise.

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