Albert Pryce Jones, de la maison de vente par correspondance Welsh Pryce Jones, a exploité une filiale canadienne à Calgary, de 1911 à 1916. L'établissement de cette filiale poussa la Compagnie de la Baie d'Hudson à construire un nouveau magasin dans le centre-ville de Calgary, et ce, même si la filiale cesse ses activités quand Albert Pryce Jones s'enrôle comme commandant du 113e bataillon des Lethbridge Highlanders, lors de la Première Guerre mondiale.

Le grand magasin Pryce Jones, appelé le « chéri de Calgary », ouvre ses portes le mardi 14 février 1911 dans un immeuble en briques rouges, à l'angle nord-ouest de la 12e Avenue et de la 1re Rue Sud-Ouest. Il est connu comme le « magasin métropolitain de la métropole de l'Ouest ultime ». La direction invite la clientèle à participer à la réussite de l'entreprise. « Nous avons une mission à accomplir à Calgary; avec votre aide, nous souhaitons devenir le magasin le plus populaire, plus populaire même que les grands magasins métropolitains de l'Est. L'extraordinaire optimisme sans cesse grandissant qu'engendrent les plaines infinies de l'Ouest contribuera à l'atteinte de notre objectif. Nous Pour en lire plus
Albert Pryce Jones, de la maison de vente par correspondance Welsh Pryce Jones, a exploité une filiale canadienne à Calgary, de 1911 à 1916. L'établissement de cette filiale poussa la Compagnie de la Baie d'Hudson à construire un nouveau magasin dans le centre-ville de Calgary, et ce, même si la filiale cesse ses activités quand Albert Pryce Jones s'enrôle comme commandant du 113e bataillon des Lethbridge Highlanders, lors de la Première Guerre mondiale.

Le grand magasin Pryce Jones, appelé le « chéri de Calgary », ouvre ses portes le mardi 14 février 1911 dans un immeuble en briques rouges, à l'angle nord-ouest de la 12e Avenue et de la 1re Rue Sud-Ouest. Il est connu comme le « magasin métropolitain de la métropole de l'Ouest ultime ». La direction invite la clientèle à participer à la réussite de l'entreprise. « Nous avons une mission à accomplir à Calgary; avec votre aide, nous souhaitons devenir le magasin le plus populaire, plus populaire même que les grands magasins métropolitains de l'Est. L'extraordinaire optimisme sans cesse grandissant qu'engendrent les plaines infinies de l'Ouest contribuera à l'atteinte de notre objectif. Nous souhaitons obtenir votre collaboration; en retour, nous vous offrirons un excellent service, des prix raisonnables et les meilleurs produits au monde. »

Le grand magasin est la filiale canadienne de la prestigieuse maison de vente par correspondance établie à Newtown, au pays de Galles, vers 1851. Des rumeurs concernant les plans de l'entreprise à Calgary font surface en juin 1910, quand Albert Pryce Jones, venu du pays de Galles, s'installe au Braemar Lodge, achète un immeuble de la 1re Rue Sud-Ouest et fait appel à la firme d'architecture locale Hodgson and Bates pour dessiner les plans d'un magasin. Deux mois plus tard, l'entrepreneur local George H. Archibald and Company s'affaire à construire une structure de trois étages (en plus du sous-sol) en brique et en béton armé Le projet progresse rapidement et, en novembre, le journal local présente l'immeuble dont les travaux sont presque terminés.

© Société du Musée canadien des civilisations

Le magasin est ouvert en semaine, de 8 h 30 à 17 h 30, et le samedi, jusqu'à 21 h 30. Il possède des vitrines de verre qui donnent sur la rue, des colonnes de miroir, des installations et des comptoirs solides, en chêne sur mailles, ainsi que des lampes électriques au tungstène, munies d'abat-jour en laiton brossé. L'établissement est élégant et regorge de belles marchandises. Les articles de journaux parus avant la grande ouverture décrivent ainsi la disposition des marchandises à chaque étage.

Au sous-sol : produits d'épicerie, friandises, cristal taillé vénitien, vaisselle, quincaillerie, porcelaine, produits en cuir et service de vente par correspondance.
Au rez-de-chaussée : soie, mercerie, dentelle, rubans, bas, gants, velours, produits pour la confection de robes, tweed, flanelle, articles pour hommes, vêtements pour garçons et hommes, chapeaux, casquettes, art et ouvrages à l'aiguille.

Au premier étage : corsets, vêtements pour bébés et enfants, landaus, robes et vêtements blancs pour femmes, linges de maison, rideaux, ameublement, couvertures et carpettes.

Au deuxième étage : tapis, linoléum, toile cirée, encadrement (lit), matelas, Pour en lire plus
Le magasin est ouvert en semaine, de 8 h 30 à 17 h 30, et le samedi, jusqu'à 21 h 30. Il possède des vitrines de verre qui donnent sur la rue, des colonnes de miroir, des installations et des comptoirs solides, en chêne sur mailles, ainsi que des lampes électriques au tungstène, munies d'abat-jour en laiton brossé. L'établissement est élégant et regorge de belles marchandises. Les articles de journaux parus avant la grande ouverture décrivent ainsi la disposition des marchandises à chaque étage.

Au sous-sol : produits d'épicerie, friandises, cristal taillé vénitien, vaisselle, quincaillerie, porcelaine, produits en cuir et service de vente par correspondance.
Au rez-de-chaussée : soie, mercerie, dentelle, rubans, bas, gants, velours, produits pour la confection de robes, tweed, flanelle, articles pour hommes, vêtements pour garçons et hommes, chapeaux, casquettes, art et ouvrages à l'aiguille.

Au premier étage : corsets, vêtements pour bébés et enfants, landaus, robes et vêtements blancs pour femmes, linges de maison, rideaux, ameublement, couvertures et carpettes.

Au deuxième étage : tapis, linoléum, toile cirée, encadrement (lit), matelas, oreillers, balais mécaniques, bureaux de l'administration, ateliers de confection, salons d'écriture et le salon de thé royal Welsh, fierté de l'entreprise, meublé en « Mission Style », où joue quotidiennement un orchestre, de 12 h 30 à 13 h 30 et de 15 h 45 à 17 h 15.

Lors de l'ouverture, le jour de la Saint-Valentin, les clients peuvent goûter à des aliments délicats et entendre « la plus charmante harmonie de sons mélodieux » que joue l'orchestre dans le salon de thé, au deuxième étage. Les employés invitent les clients à passer des commandes par correspondance aux commis vêtues de blanc.

Grâce à sa centaine d'employés, à ses activités de vente par correspondance bien établies et à sa grande variété de biens de consommation, Pryce Jones défie directement la suprématie commerciale établie par la Compagnie de la Baie d'Hudson depuis qu'elle a fourni l'équipement de la Police à cheval du Nord-Ouest, de Fort Calgary, au milieu des années 1870. La Compagnie de la Baie d'Hudson se sent menacée. Moins d'un mois après l'ouverture de la Saint-Valentin, cette dernière achète l'immeuble du sénateur James Lougheed à l'angle de la 7e Avenue et de la 2e Rue Sud-Ouest et, en 1912, commence la construction d'un magasin de 1 500 000 $ pour contrer la nouvelle concurrence venue des « vieux pays ».

© Société du Musée canadien des civilisations

L'économie florissante et l'augmentation rapide du nombre d'habitants semblent promettre une croissance inégalée à Calgary. Pryce Jones suit la tendance. Les travaux d'agrandissement du nouveau magasin commencent en mai 1911 et l'ouverture se déroule en décembre. Cette même année, l'entreprise remporte le premier prix de l'exposition industrielle de Calgary pour la meilleure présentation de marchandises en Alberta. En 1912, elle gagne la médaille d'or dans la catégorie canadienne correspondante.

Bien que la priorité de Pryce Jones soit la vente par correspondance, il ne s'agit pas d'un concept nouveau pour les Calgariens, qui connaissent les catalogues diffusés par Eaton depuis 1884. Mais l'édition automne et hiver 1912-1913 du catalogue de Pryce Jones, dont la couverture montre des images lithographiées en couleur des magasins de Calgary et de Newtown, au pays de Galles, a certainement plu aux clients de l'endroit et des environs.

L'index du catalogue de 176 pages contient plus de 307 articles, entre autres, des sous-vêtements en finette (0,75 $), des montres de gousset
(de 1 $ à 2,50 $), des barrettes (de 0,10 $ à 0,45 $) et des manteaux doublés de mo Pour en lire plus
L'économie florissante et l'augmentation rapide du nombre d'habitants semblent promettre une croissance inégalée à Calgary. Pryce Jones suit la tendance. Les travaux d'agrandissement du nouveau magasin commencent en mai 1911 et l'ouverture se déroule en décembre. Cette même année, l'entreprise remporte le premier prix de l'exposition industrielle de Calgary pour la meilleure présentation de marchandises en Alberta. En 1912, elle gagne la médaille d'or dans la catégorie canadienne correspondante.

Bien que la priorité de Pryce Jones soit la vente par correspondance, il ne s'agit pas d'un concept nouveau pour les Calgariens, qui connaissent les catalogues diffusés par Eaton depuis 1884. Mais l'édition automne et hiver 1912-1913 du catalogue de Pryce Jones, dont la couverture montre des images lithographiées en couleur des magasins de Calgary et de Newtown, au pays de Galles, a certainement plu aux clients de l'endroit et des environs.

L'index du catalogue de 176 pages contient plus de 307 articles, entre autres, des sous-vêtements en finette (0,75 $), des montres de gousset
(de 1 $ à 2,50 $), des barrettes (de 0,10 $ à 0,45 $) et des manteaux doublés de mouton (de 5 $ à 8 $). La seule modalité est le paiement à la commande; les prix indiqués comprennent la livraison. « Nous vous assurons que chaque article choisi correspond à sa description. Si vous n'êtes pas satisfaits, vous pouvez nous retourner l'article et nous vous rembourserons sans condition. »

© Société du Musée canadien des civilisations

En février 1914, seulement trois ans après la spectaculaire ouverture de la Saint-Valentin, Edmund McKay envoie une carte postale illustrant le magasin Pryce Jones de Calgary à Bessie Lobban, de Chatham, au Nouveau-Brunswick, et lui écrit ce qui suit :

« [V]oici l'ancien plus grand magasin de Calgary car, en août dernier, la Compagnie de la Baie d'Hudson en a ouvert un beaucoup plus imposant. Il est magnifique et ressemble aux grands magasins de Boston. »

La carte postale de McKay est prophétique. La concurrence de la Compagnie de la Baie d'Hudson, les conséquences économiques de la Première Guerre mondiale et l'absence du directeur général, le colonel A. W. Pryce Jones, qui quitte le pays à l'automne 1916 pour assurer le commandement d'un bataillon outre-mer, entraînent la fermeture définitive de Pryce Jones de Calgary cette année-là.

Contrairement à l'entreprise, l'immeuble survit. Vers 1924, Lougheed (le sénateur James Lougheed) and Taylor Limited rénove l'ancien grand magasin à rayons, qui était devenu, avec le temps, l'« horreur » de la 1re Rue. Le Traders Building abrite des locataires, co Pour en lire plus
En février 1914, seulement trois ans après la spectaculaire ouverture de la Saint-Valentin, Edmund McKay envoie une carte postale illustrant le magasin Pryce Jones de Calgary à Bessie Lobban, de Chatham, au Nouveau-Brunswick, et lui écrit ce qui suit :

« [V]oici l'ancien plus grand magasin de Calgary car, en août dernier, la Compagnie de la Baie d'Hudson en a ouvert un beaucoup plus imposant. Il est magnifique et ressemble aux grands magasins de Boston. »

La carte postale de McKay est prophétique. La concurrence de la Compagnie de la Baie d'Hudson, les conséquences économiques de la Première Guerre mondiale et l'absence du directeur général, le colonel A. W. Pryce Jones, qui quitte le pays à l'automne 1916 pour assurer le commandement d'un bataillon outre-mer, entraînent la fermeture définitive de Pryce Jones de Calgary cette année-là.

Contrairement à l'entreprise, l'immeuble survit. Vers 1924, Lougheed (le sénateur James Lougheed) and Taylor Limited rénove l'ancien grand magasin à rayons, qui était devenu, avec le temps, l'« horreur » de la 1re Rue. Le Traders Building abrite des locataires, commerçants et détaillants. Après avoir servi de quartier général du district militaire n° 13, pendant la Seconde Guerre mondiale, il est rénové vers la fin des années 1940 afin de loger les bureaux du gouvernement fédéral, dont les directions locales du Service national de placement et du ministère de l'Impôt. Dernièrement, l'immeuble de l'ancien grand magasin Pryce Jones est devenu un ensemble de luxueux condominiums appelé « The Manhattan ».

Comme un immeuble indestructible, la Compagnie de la Baie d'Hudson continue de se réinventer et demeure, à Calgary, l'unique magasin à rayons qui a survécu à cette époque d'avant 1900.

© Société du Musée canadien des civilisations

Carte postale couleur du magasin Pryce Jones

Carte postale montrant le magasin Pryce Jones, à l’angle nord-ouest de la 12e Avenue et de la 1re rue Sud-Ouest

Calgary Public Library, Local History Collection

© Calgary Public Library, Local History Collection


Couverture couleur de premier catalogue de Pryce Jones

Premier catalogue de Pryce Jones (Canada) Limited, février 1911, page de couverture

Calgary Public Library, Local History Collection

© Calgary Public Library, Local History Collection


Dessin couleur d'un tenue d’équitation pour dames de Catalogue dePryce Jones

Catalogue de Pryce Jones, printemps-été 1912, deuxième de couverture.

Calgary Public Library, Local History Collection

© Calgary Public Library, Local History Collection


Couverture couleur de catalogue de Pryce Jones

Couverture du catalogue de Pryce Jones printemps-été 1912.

Calgary Public Library, Local History Collection

© Calgary Public Library, Local History Collection


Couverture couleur de catalogue de Pryce Jones

Les liens entre le magasin canadien Pryce Jones et l’entreprise parente du pays de Galles

Couverture du catalogue de Pryce Jones , automne-hiver 1912-1913, page de couverture.

Calgary Public Library, Local History Collection

© Calgary Public Library, Local History Collection


Bon de commande du catalogue Pryce Jones

Bon de commande du catalogue Pryce Jones, printemps-été 1912

Calgary Public Library, Local History Collection

© Calgary Public Library, Local History Collection


Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :
  • observer et énumérer les caractéristiques du mode de vie au début du 20e siècle;
  • comparer l’évolution de la société canadienne et québécoise durant quelques décennies;
  • expliquer les ressemblances et les différences entre la société d’autrefois et celle d’aujourd’hui;
  • discuter des événements marquants de l’époque (crise économique, Guerres mondiales, syndicalisation, mouvement féministe) et de l’impact qu’ils ont eu sur la société canadienne et québécoise.

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