Cette activité amène l’élève d’une part, à s’interroger sur la place du Québec au sein du Canada d’aujourd’hui et sur l’origine de la formation de la fédération canadienne, et d’autre part, à interpréter la formation de la fédération canadienne, plus précisément sous l’angle des défis d’ordre territoriaux, politiques et sociaux.

Cette activité prend appui sur des ressources présentées sous le thème Naissance et tourments de Miss Canada et de Johnny Canuck, ou les débuts de la fédération, à savoir : un clip vidéo; un texte d’introduction sur ce thème; cinq caricatures datant des années 1860 et 1870, accompagnées d’une documentation.

L’activité proposée peut être réalisée en classe après une initiation à l’interprétation de caricatures éditoriales (voir l’activit Pour en lire plus

Cette activité amène l’élève d’une part, à s’interroger sur la place du Québec au sein du Canada d’aujourd’hui et sur l’origine de la formation de la fédération canadienne, et d’autre part, à interpréter la formation de la fédération canadienne, plus précisément sous l’angle des défis d’ordre territoriaux, politiques et sociaux.

Cette activité prend appui sur des ressources présentées sous le thème Naissance et tourments de Miss Canada et de Johnny Canuck, ou les débuts de la fédération, à savoir :

  • un clip vidéo;
  • un texte d’introduction sur ce thème;
  • cinq caricatures datant des années 1860 et 1870, accompagnées d’une documentation.

L’activité proposée peut être réalisée en classe après une initiation à l’interprétation de caricatures éditoriales (voir l’activité proposée sous le thème Politiciens un jour, têtes de turc toujours).

À partir des consignes présentées ci-après, l’enseignant peut préparer du matériel pour les élèves.

Durée: environ trois périodes de 75 minutes.

I. LES RAPPORTS ENTRE LE QUÉBEC ET LE CANADA D’AUJOURD’HUI, EN CARICATURES

À partir de caricatures contemporaines, amener les élèves à identifier des représentants de divers partis politiques des scènes fédérale et provinciale, et à retracer la position constitutionnelle de chaque parti représenté.

  • Pour réaliser cette activité, on peut utiliser des caricatures récentes disponibles sur le site du Musée McCord, datant des années 1980 à 2000, souvent accompagnées d’une description et réunies dans le dossier « introduction » (au nombre d’une dizaine)1.

Expliquer aux élèves que la position constitutionnelle réfère à la place du Québec dans la fédération canadienne (fédéralisme, indépendance, etc.).

  • Une définition des concepts ciblés pourrait être présentée aux élèves2.

Demander aux élèves d’établir une liste des pouvoirs exercés par les provinces et par le fédéral.

Demander aux élèves de formuler des questions sur la place du Québec au sein de la fédération canadienne.

II. L’UNION DES QUATRE COLONIES BRITANNIQUES DE L’AMÉRIQUE DU NORD EN 1867

Afin de soutenir le questionnement des élèves et leur collecte d’information, leur expliquer que la fédération canadienne est née de l’union de quatre colonies britanniques de l’Amérique du Nord en 1867.

Demander aux élèves d’identifier ces colonies britanniques, puis d’établir une liste des raisons qui peuvent les avoir poussées à s’unir.

Demander aux élèves de lire le texte suivant afin de confirmer l’identité des quatre colonies concernées et de relever les raisons qui les ont incitées à se regrouper au sein d’une nouvelle entité politique appelée le « Dominion du Canada ».

La Confédération 4
Par Sean Mills, sous la direction de Brian Young, Université McGill

L'Acte de l'Amérique du Nord britannique
Le Dominion du Canada naît le 1er juillet 1867 en vertu d'un acte du Parlement britannique. Il regroupe environ quatre millions d'habitants, vivant dans quatre provinces : l'Ontario, le Québec, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. Contrairement aux États-Unis, le nouveau pays décide de conserver les institutions sociales et politiques britanniques et, craignant une démocratie excessive, est fondé sur les principes de « paix, ordre et bon gouvernement ». Nourri des espoirs et des rêves de ses citoyens, le Dominion lutte pour démontrer que les États-Unis n'offrent pas la seule formule viable pour l'Amérique du Nord. Au début, cependant, le droit de vote est réservé principalement aux propriétaires fonciers de sexe masculin, au détriment des femmes et de la majorité de la classe ouvrière. Exclues des négociations ayant mené à l'Acte de l'Amérique du Nord britannique, les populations autochtones deviennent des pupilles du gouvernement fédéral.
L'Acte de l'Amérique du Nord britannique en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick

Au Québec, George-Étienne Cartier vante les mérites de la Confédération qu'il présente comme une façon pour le Québec d'exercer un contrôle politique indépendant sur la culture et l'éducation. Le fondement des droits provinciaux sera toutefois ébranlé par le rôle de subalterne que l'Acte de l'ANB réserve en réalité aux provinces. Contrairement à la façon dont ils ont présenté la Confédération, Cartier et ses bleus sont des partisans convaincus du centralisme politique. Si les Québécois appuient la Confédération à contrecœur, le Nouveau-Brunswick envisage avec peu d'enthousiasme les possibilités économiques de l'Union. Le projet obtient le plus de faveur populaire en Ontario, où les deux grands partis politiques ont appuyé l'idée. Rêvant de chemins de fer et d'expansion vers l'Ouest, les Torontois se rassemblent à Queen's Park le 1er juillet pour assister, aux dires de George Brown, « au plus beau spectacle de feux d'artifices jamais présenté au Canada ». D'emblée, l'Ontario joue un rôle prépondérant dans la Confédération. Originaire de Kingston, John A. Macdonald devient le premier premier ministre, et il nomme des Ontariens à cinq des treize postes ministériels. La ville d'Ottawa est en outre fermement établie comme la capitale permanente.

La Nouvelle-Écosse et la Confédération
Les Néo-Écossais, cependant, rejettent autant le consentement du Québec et du Nouveau-Brunswick que la jubilation de l'Ontario, et s'opposent fortement à la Confédération. Charles Tupper, premier ministre de la Nouvelle-Écosse, croit que la Confédération sera favorable à la Nouvelle-Écosse à long terme, mais, comme le démontrent clairement les résultats de l'élection de 1867 en Nouvelle-Écosse, la majorité de ses concitoyens sont d'un autre avis. Lorsque la Grande-Bretagne refuse de permettre à la Nouvelle-Écosse de se retirer de l'Union, Joseph Howe, à la tête du mouvement d'opposition, accepte de siéger au cabinet de Macdonald en échange de subventions plus généreuses pour la province ».

Mettre en commun les réponses obtenues par les élèves.


III. IDENTIFICATION DES DÉFIS POSÉS À LA JEUNE FÉDÉRATION CANADIENNE, PAR L’ANALYSE DE CARICATURES ANCIENNES

Formuler les questions suivantes :

  • quels défis un pays doit-il affronter lors de sa création?
  • quelles difficultés le Canada peut-il avoir eu à surmonter lors de sa création (durant les années 1860-1870)?

Production attendue des élèves :

  • Formuler par écrit des hypothèses (réponses provisoires) en réponse à ces questions sur les défis que représente la création d’un nouveau pays, puis sur ceux auxquels est confrontée la jeune fédération canadienne à ses débuts.

Présenter le clip vidéo « Naissance et tourments de Miss Canada et de Johnny Canuck, ou les débuts de la fédération », en définissant les intentions d’écoute suivantes :

  1. Quelles difficultés considérables le Canada a-t-il à surmonter? Réponses possibles:
    a.
    parvenir à réunir dans un même pays des populations aux conditions de vie et aux traditions diversifiées;
    b. unifier un territoire immense, en partie en friche;
    c. affirmer sa souveraineté face à un voisin du Sud déjà puissant.
  2. Quels sont les autres défis qui attendent la fédération canadienne? Réponses possibles:
    a.
    l’extension du territoire d’un océan à l’autre;
    b. l’intégration de vastes territoires situés au nord du Québec et de l'Ontario et ceux s'étendant vers l'ouest, jusqu’aux Rocheuses;
    c. convaincre les élites de la Colombie britannique de joindre le pays;
    d. relier et développer l’immense territoire sur lequel rêve de s’étendre le Canada;
    e. faciliter l’accès des industriels aux matières premières;
    f. établir un marché intérieur qui permette la circulation et la vente des produits de l’industrie naissante.
  3. Quelles sont les craintes du Québec? Réponse possible : voir son influence diminuer avec le développement de ce grand pays à majorité anglophone.

Mettre en commun les hypothèses formulées par les élèves et les réponses trouvées lors du visionnement du clip vidéo. Discuter de ces résultats.

IV. INTERPRÉTER UNE CARICATURE LIÉE À LA FORMATION DE LA FÉDÉRATION CANADIENNE

Production attendue des élèves :

  • Documenter une caricature ancienne ciblée dans le but de faire une synthèse des connaissances acquises à l’égard des défis posés à la jeune fédération.

Pour ce faire, leur suggérer d’observer les cinq caricatures présentées sous le thème Naissance et tourments de Miss Canada et de Johnny Canuck, ou les débuts de la fédération, et de lire la description qui les accompagne.

  • Les amener ensuite à identifier, dans les cinq caricatures, des personnages symboliques représentant des entités politiques. Une liste de personnages peut être utile.
  • Leur demander d’associer chacune des cinq caricatures à un thème ou à un sujet d’importance pour le développement du Canada à ses débuts.

Ensuite, à l’aide de la grille reproduite ci-après (utilisée dans l’activité S'initier à l'interprétation de caricatures), demander aux élèves de documenter sommairement l’une des caricatures suivantes, accessibles sur le site Web du Musée McCord :

Noter les données accompagnant la caricature:

  • Titre de la caricature :
  • Auteur :
  • Média – journal (si connu) :
  • Date de la première publication (si connue) :
  • Numéro de la caricature (dans la collection du Musée McCord) :

Décrire la caricature:

Le « QUOI » ou la clef-FORME/FONCTION :

  • Nommer des mots utilisés dans la caricature.
  • Trouver la définition d’expressions ou de mots inhabituels.
  • S’il y a des dialogues, que dit chaque personnage?
  • Que se passe-t-il?

Documenter la caricature: 

Le « QUI » ou la clef-PERSONNE

  • Qui sont les gens (ou acteurs) représentés dans la caricature? Que sait-on d’eux?
  • Que font-ils? Quelle est leur expression?
  • Les personnages sont-ils stéréotypés?
  • Sont-ils des personnages symboliques?

Le « OÙ » ou la clef-LIEU

  • Dans quelle situation les personnages sont-ils placés?
  • Le caricaturiste emploie-t-il l’analogie (en établissant un rapprochement avec une autre situation)?
  • Emploie-t-il des éléments visuels, des signes ou des symboles?

Le « QUAND » ou la clef-TEMPS

  • À quel événement ou fait historique la caricature fait-elle référence?
  • Les personnes représentées ou les questions évoquées ont-elles encore de l’importance aujourd’hui?

Interpréter la caricature:

Le « POURQUOI » ou la clef-SIGNIFICATION

  • Quel est le message de la caricature, en quelques mots?
  • Peut-on identifier le point de vue ou les valeurs du caricaturiste (politique, religieux, régional, ethnique, économique, etc.)?
  • Que nous apprend la caricature sur le contexte historique de l’époque?

1. www.musee-mccord.qc.ca/fr/dossiers/introduction

2. Voir le site du Service national du RÉCIT, pour le domaine de l’univers social (www.recitus.qc.ca ), choisir la section « Logiciel de ligne de temps », puis « Dossiers pédagogiques », ensuite le dossier 9 « Luttes et revendications dans la colonie britannique », et consulter le guide de l’enseignant ou le cahier de l’élève.

3. Voir le site Sciences Po, de l’Institut d’études politiques de Paris : www.sciences-po.fr/cartographie/fonds/milieu.html , puis choisir « Amérique du Nord (niveau infra-étatique) ».

4. www.musee-mccord.qc.ca/fr/eduweb/textes/synthese/1867-1896 , puis choisir « Sur la scène politique ».

5. www.musee-mccord.qc.ca/fr/collection/artefacts/M982.530.5083  

6. www.musee-mccord.qc.ca/fr/collection/artefacts/M993X.5.782  


© 2007, Musée McCord d'histoire canadienne. Tous droits réservés.

Objectifs d'apprentissage

Cette activité sur l'objet d'apprentissage Naissance et tourments de Miss Canada et de Johnny Canuck, ou les débuts de la fédération s’arrime au programme québécois d’Histoire et d’éducation à la citoyenneté, en 3e secondaire (1re année du 2e cycle du secondaire). Elle est conçue pour amener les élèves à s’interroger sur la formation de la fédération canadienne et à interpréter des défis d’ordre territoriaux, politiques et sociaux rencontrés par le nouveau pays. Elle prend notamment appui sur des caricatures anciennes, datant des années 1860 et 1870.

L’intention éducative consiste à « amener l’élève à faire preuve de sens critique, éthique et esthétique à l’égard des médias », plus précisément, à constater la place et l’influence des médias dans sa vie quotidienne et la société, et à apprécier des représentations médiatiques.

Les intentions pédagogiques visées sont :

  • Compétence disciplinaire 1 : interroger les réalités sociales dans une perspective historique.
  • Compétence disciplinaire 2 : interpréter les réalités sociales à l’aide de la méthode historique.
  • Technique : interprétation d’un document iconographique
  • Réalité sociale : formation de la fédération canadienne.
  • Concept: Confédération.
  • Connaissances historiques : organisation politique, relations avec la Grande-Bretagne.
  • Compétence transversale 1 : exploiter l’information.
  • Compétence transversale 6 : exploiter les technologies de l’information et des communications.

Tiré de:

Québec, ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport [MÉLS]. Histoire et éducation à la citoyenneté, Programme de formation de l’école québécoise, secondaire, 2e cycle, version approuvée, 2006.


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