Depuis la Renaissance, l’Italie est un pôle d’attraction pour les artistes et constitue leur destination de prédilection. Dans la seconde moitié du 19<sup>e</sup>  siècle, l’intérêt pour ce pays demeure, mais Paris s’impose aussi comme une étape incontournable. La capitale française est le lieu de passage de nombreux artistes étrangers, sur qui elle exerce une véritable fascination en raison de son dynamisme.

À la fin du 19<sup>e</sup> siècle, Paris n’est plus nécessairement la destination privilégiée. En quête de nouvelles expériences et de nouveaux sujets, les artistes parcourent aussi la campagne française et dépassent fréquemment les frontières de la France. Pour certains peintres, le caractère pittoresque du paysage demeure une préoccupation principale. Pour d’autres, la découverte de cultures et de modes de vie différents, mais aussi de lumières et de paysages variés, offre de nouvelles perspectives et influence leur Pour en lire plus
Depuis la Renaissance, l’Italie est un pôle d’attraction pour les artistes et constitue leur destination de prédilection. Dans la seconde moitié du 19<sup>e</sup>  siècle, l’intérêt pour ce pays demeure, mais Paris s’impose aussi comme une étape incontournable. La capitale française est le lieu de passage de nombreux artistes étrangers, sur qui elle exerce une véritable fascination en raison de son dynamisme.

À la fin du 19<sup>e</sup> siècle, Paris n’est plus nécessairement la destination privilégiée. En quête de nouvelles expériences et de nouveaux sujets, les artistes parcourent aussi la campagne française et dépassent fréquemment les frontières de la France. Pour certains peintres, le caractère pittoresque du paysage demeure une préoccupation principale. Pour d’autres, la découverte de cultures et de modes de vie différents, mais aussi de lumières et de paysages variés, offre de nouvelles perspectives et influence leur manière de peindre.

Les côtes bretonnes, Venise, l’Italie et l’Espagne vont attirer de nombreux artistes canadiens ; certains se rendront même en Afrique du Nord (Tunisie et Maroc) ou dans les Caraïbes. Les artistes russes fréquentent eux aussi le monde artistique parisien et voyagent en France et en Italie, mais l’Orient exerce sur eux une fascination particulière.

© 2003, RCIP. Tous droits réservés.

Alexandre Davidovitch Drevine

La Vallée de la rivière Tcharych, par Alexandre Davidovitch Drevine, 1930.

Alexandre Davidovitch Drevine
1930
huile sur toile
59 cm x 70 cm
© Musée national des beaux-arts de l'Altaï.


Drevine a peint ce paysage lors d’un voyage dans les steppes de l’Altaï, accompagné de Nadejda Oudaltsova. Ce voyage fut déterminant pour son œuvre. En effet, ce périple lui a permis de comprendre ce qui était, à ses yeux, essentiel dans la peinture : l’objet de la représentation artistique ne réside pas seulement dans le monde extérieur, mais également dans l’âme du peintre. La silhouette des personnages, la perspective de la route qui se perd dans le lointain, les massifs montagneux de chaque côté de cette route, le soleil d’une blancheur aveuglante, les éclats de lumière rouge dans le ciel jaune, participent à l’expressivité de l’œuvre. La lumière, transperçant l’espace, rend la toile presque palpable ; on ressent alors le tableau comme l’incarnation des émotions individuelles et profondes de son auteur. « C’est la nature pittoresque et les grands espaces de l’Altaï qui m’ont surtout influencé ; la force extraordinaire de sa lumière a Pour en lire plus

Drevine a peint ce paysage lors d’un voyage dans les steppes de l’Altaï, accompagné de Nadejda Oudaltsova. Ce voyage fut déterminant pour son œuvre. En effet, ce périple lui a permis de comprendre ce qui était, à ses yeux, essentiel dans la peinture : l’objet de la représentation artistique ne réside pas seulement dans le monde extérieur, mais également dans l’âme du peintre. La silhouette des personnages, la perspective de la route qui se perd dans le lointain, les massifs montagneux de chaque côté de cette route, le soleil d’une blancheur aveuglante, les éclats de lumière rouge dans le ciel jaune, participent à l’expressivité de l’œuvre. La lumière, transperçant l’espace, rend la toile presque palpable ; on ressent alors le tableau comme l’incarnation des émotions individuelles et profondes de son auteur. « C’est la nature pittoresque et les grands espaces de l’Altaï qui m’ont surtout influencé ; la force extraordinaire de sa lumière a transformé ma peinture », notait l’artiste dans son autobiographie.

Alexandre Davidovitch Drevine


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Boris Fiodorovitch Rybtchenkov

La Bouriatie. Paysage avec une montagne., par Boris Fiodorovitch Rybtchenkov, 1932.

Boris Fiodorovitch Rybtchenkov
1932
huile sur toile
56 x 64,5 cm
© Galerie nationale Tretiakov (Moscou).


Le tableau de Rybtchenkov, La Bouriatie. Paysage avec une montagne, ainsi que ses autres créations de la série bouriate, sont à relier directement avec le cycle altaïen d’Alexandre Drevine. Rybtchenkov participa à toutes les expositions du groupe des « Treize ». L’espace souple et fluide de ses tableaux, le mouvement libre des couleurs ainsi que le nombre très limité des moyens d’expression rappellent également la peinture des artistes français Marquet et Vlaminck. La gamme presque monochrome des couleurs est caractérisée par l’abondance des passages d’une teinte à une autre, surtout dans le cas de la représentation de la montagne dont la silhouette rappelle une énorme baleine. Le char au premier plan ajoute une dimension humaine à ce paysage presque cosmique.

Boris Fiodorovitch Rybtchenkov

Le tableau de Rybtchenkov, La Bouriatie. Paysage avec une montagne, ainsi que ses autres créations de la série bouriate, sont à relier directement avec le cycle altaïen d’Alexandre Drevine. Rybtchenkov participa à toutes les expositions du groupe des « Treize ». L’espace souple et fluide de ses tableaux, le mouvement libre des couleurs ainsi que le nombre très limité des moyens d’expression rappellent également la peinture des artistes français Marquet et Vlaminck. La gamme presque monochrome des couleurs est caractérisée par l’abondance des passages d’une teinte à une autre, surtout dans le cas de la représentation de la montagne dont la silhouette rappelle une énorme baleine. Le char au premier plan ajoute une dimension humaine à ce paysage presque cosmique.

Boris Fiodorovitch Rybtchenkov


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Pavel Ivanovitch Basmanov

Promenade dans la steppe, par Pavel Ivanovitch Basmanov, 1933.

Pavel Ivanovitch Basmanov
1933
aquarelle sur papier empâté
17,2 x 24,2 cm
© Musée national des beaux-arts de l'Altaï.


Cette œuvre fait partie de la collection de Basmanov « Promenades ». Le non-respect de la proportion, l’égalité des dimensions du Ciel, de la Steppe et de l’Homme, le haut point de vue, l’absence de tout signe du temps, engendrent une impression d’unité cosmique du monde. Le jeu des couleurs crée une harmonie entre la nature et l’homme. La gamme délicate des teintes de ce dessin, réalisé au pinceau, rappelle une fresque du Moyen Âge, tandis que la terre éclatante et vivement colorée nous rappelle l’iconographie médiévale. Les silhouettes allongées du premier plan, les teintes pures et austères des vêtements et des lumineux visages inspirés sont réalisés dans la tradition iconique. La gamme des couleurs dans laquelle sont représentés le garçon et sa mère est très symbolique : la couleur écarlate des vêtements de la femme correspond à la couleur du sang d’un sacrifice, le blanc et le doré qui symbolisent la lumière divine sont intr Pour en lire plus

Cette œuvre fait partie de la collection de Basmanov « Promenades ». Le non-respect de la proportion, l’égalité des dimensions du Ciel, de la Steppe et de l’Homme, le haut point de vue, l’absence de tout signe du temps, engendrent une impression d’unité cosmique du monde. Le jeu des couleurs crée une harmonie entre la nature et l’homme. La gamme délicate des teintes de ce dessin, réalisé au pinceau, rappelle une fresque du Moyen Âge, tandis que la terre éclatante et vivement colorée nous rappelle l’iconographie médiévale. Les silhouettes allongées du premier plan, les teintes pures et austères des vêtements et des lumineux visages inspirés sont réalisés dans la tradition iconique. La gamme des couleurs dans laquelle sont représentés le garçon et sa mère est très symbolique : la couleur écarlate des vêtements de la femme correspond à la couleur du sang d’un sacrifice, le blanc et le doré qui symbolisent la lumière divine sont introduits par la chemise blanche du garçon et son petit chapeau jaune en forme d’auréole. Le réalisme pictural de Basmanov réunit de façon paradoxale les traditions iconographiques et la quête postsuprématiste contemporaine au peintre.

Pavel Ivanovitch Basmanov


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Nadejda Andreevna Oudaltsova

Paysage avec des personnages Arménie, par Nadejda Andreevna Oudaltsova, 1933.

Nadejda Andreevna Oudaltsova
1933
huile sur toile
52 x 65 cm
© Galerie nationale Tretiakov (Moscou).


Nadejda Oudaltsova fut l’une des femmes les plus célèbres de l’avant-garde artistique russe des années 1910 et 1920. À partir des années 1930, elle fit partie du groupe des « Treize », ce qui est compréhensible, car dans sa peinture, tout comme dans celle des autres membres du groupe, dominaient la perception individuelle, la valeur de la vision personnelle, non l’expansion avant-gardiste vers l’extérieur, mais l’imprégnation intense par le monde du dehors, sa condensation qui crée alors le tableau. L’artiste voyagea dans la région de l’Altaï (1930) et en Arménie (1933–1934), avec son mari Alexandre Drevine. La réalisation des cycles altaïen et arménien fut le résultat de ses nouvelles impressions. À cette époque, Oudaltsova « esquissait la nature en quelques traits » pour ensuite peindre des tableaux. Durant ces années, comme l’artiste l’écrivait elle-même, elle « essayait de résoudre [...] les problèmes de la peinture [...] en s&rsquo Pour en lire plus

Nadejda Oudaltsova fut l’une des femmes les plus célèbres de l’avant-garde artistique russe des années 1910 et 1920. À partir des années 1930, elle fit partie du groupe des « Treize », ce qui est compréhensible, car dans sa peinture, tout comme dans celle des autres membres du groupe, dominaient la perception individuelle, la valeur de la vision personnelle, non l’expansion avant-gardiste vers l’extérieur, mais l’imprégnation intense par le monde du dehors, sa condensation qui crée alors le tableau. L’artiste voyagea dans la région de l’Altaï (1930) et en Arménie (1933–1934), avec son mari Alexandre Drevine. La réalisation des cycles altaïen et arménien fut le résultat de ses nouvelles impressions. À cette époque, Oudaltsova « esquissait la nature en quelques traits » pour ensuite peindre des tableaux. Durant ces années, comme l’artiste l’écrivait elle-même, elle « essayait de résoudre [...] les problèmes de la peinture [...] en s’appuyant sur sa double expérience : [son] travail sur la représentation abstraite et sur la représentation de la nature réelle ». Ceci témoignait de la synthèse de ses quêtes formelles des époques cubistes et suprématistes et de sa nouvelle vision de la nature.

Nadejda Andreevna Oudaltsova


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Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :

  • Comprendre l’influence de la géographie sur la culture;
  • Comprendre que l’art peut représenter des expériences vécues par les gens;
  • Examiner comment les principaux mouvements artistiques européens ont influencé l’interprétation des paysages dans la peinture russe;
  • Connaître les différences et les similitudes entre la peinture de paysage russe et canadienne avant 1940;
  • Se rendre compte du développement d’un style de peinture de paysage typiquement russe;
  • Être capable de poser un regard critique sur différents styles artistiques;
  • Reconnaître les émotions que peut susciter l’art.

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