Vous trouverez les textes associés au chapitre "Un élément central : L’éducation".

Les textes sont :

Le frère Untel
La création du ministère de l’éducation
Le rapport Parent
Les CEGEP et l’Université du Québec
L’accès plus grand des femmes à l’éducation
Vous trouverez les textes associés au chapitre "Un élément central : L’éducation".

Les textes sont :

Le frère Untel
La création du ministère de l’éducation
Le rapport Parent
Les CEGEP et l’Université du Québec
L’accès plus grand des femmes à l’éducation

© 2011, Musée québécois de culture populaire. Tous droits réservés.

Un religieux pourfend le système d’enseignement au Québec

L’année 1960 est riche en événements. La parution de l’ouvrage Les insolences du Frère Untel compte parmi ceux-là. Ce pamphlet considéré comme un des éléments déclencheurs de la Révolution tranquille. Il tire son origine d’une lettre d’un enseignant de Chicoutimi, le frère Pierre-Jérôme  -- Jean-Paul Desbiens de son nom de naissance --, à André Laurendeau, directeur du journal Le Devoir, en réaction à un billet sur la qualité du français que celui-ci a fait paraître. C’est le début d’un échange épistolaire nourri entre les deux hommes qui se conclut avec la publication du livre de Desbiens, alias Frère Untel. Le frère mariste y dénonce le joual, cette « langue désossée ». Et plus encore, il y mène une charge à fond contre le Département de l’Instruction publique, ce système « d’injustices sociales » qui privilégie le collège classique, véritable « réserve nationale des vocations sacerdotales », ainsi que la religion écrasante.

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Un religieux pourfend le système d’enseignement au Québec

L’année 1960 est riche en événements. La parution de l’ouvrage Les insolences du Frère Untel compte parmi ceux-là. Ce pamphlet considéré comme un des éléments déclencheurs de la Révolution tranquille. Il tire son origine d’une lettre d’un enseignant de Chicoutimi, le frère Pierre-Jérôme  -- Jean-Paul Desbiens de son nom de naissance --, à André Laurendeau, directeur du journal Le Devoir, en réaction à un billet sur la qualité du français que celui-ci a fait paraître. C’est le début d’un échange épistolaire nourri entre les deux hommes qui se conclut avec la publication du livre de Desbiens, alias Frère Untel. Le frère mariste y dénonce le joual, cette « langue désossée ». Et plus encore, il y mène une charge à fond contre le Département de l’Instruction publique, ce système « d’injustices sociales » qui privilégie le collège classique, véritable « réserve nationale des vocations sacerdotales », ainsi que la religion écrasante.

Le premier best-seller québécois

Les insolences... se vendent à plus de 130 000 exemplaires, dont 17 000 au cours des dix premiers jours de vente. C’est sans compter les 15 000 autres exemplaires en anglais. Malgré ce succès auprès du public, le livre reçoit cependant un accueil moins favorable chez les membres du clergé qui tentent, en vain, d’empêcher sa parution. Son auteur, à qui on a interdit d’assister au lancement, est envoyé en Suisse où il complète des études doctorales. Moins heureux est le sort de son supérieur immédiat, le frère Louis-Grégoire, contraint à une longue retraite à Rome, puis à l’exil aux États-Unis. À l’évidence, le petit livre à « une piastre » du Frère Untel a l’effet d’une bombe dans le Québec de l’après-Duplessis.

© 2011, Musée québécois de culture populaire. Tous droits réservés.

L’école, c’est pas pour les Canadiens français

« L’instruction? Pas trop! Nos ancêtres nous ont légué un héritage de pauvreté et d’ignorance, et ce serait une trahison que d’instruire les nôtres ». Ces paroles sont d’Antoine Rivard, avocat, député de l’Union nationale et solliciteur général du Québec de 1950 à 1959. Son chef, Maurice Duplessis, a également une drôle de conception de « l’instruction ». En effet, celui-ci affirme qu’elle est « comme la « boisson », il y en a qui ne la portent pas ». Ces deux hommes, ainsi que les autres députés de l’Union nationale, déclarent pendant des années que le Québec posséde le meilleur système d’éducation au monde. Or, à l’aube des années 1960, les données sont loin de corroborer cette assertion pompeuse. De fait, la moitié des jeunes âgés de 15 à 19 ans d’alors ne vont plus à l’école. Cette génération ressemble aux précédentes puisqu’en 1962, 54 % des adultes de 25 ans n’ont pas dépassé la sixième année. Pour en lire plus
L’école, c’est pas pour les Canadiens français

« L’instruction? Pas trop! Nos ancêtres nous ont légué un héritage de pauvreté et d’ignorance, et ce serait une trahison que d’instruire les nôtres ». Ces paroles sont d’Antoine Rivard, avocat, député de l’Union nationale et solliciteur général du Québec de 1950 à 1959. Son chef, Maurice Duplessis, a également une drôle de conception de « l’instruction ». En effet, celui-ci affirme qu’elle est « comme la « boisson », il y en a qui ne la portent pas ». Ces deux hommes, ainsi que les autres députés de l’Union nationale, déclarent pendant des années que le Québec posséde le meilleur système d’éducation au monde. Or, à l’aube des années 1960, les données sont loin de corroborer cette assertion pompeuse. De fait, la moitié des jeunes âgés de 15 à 19 ans d’alors ne vont plus à l’école. Cette génération ressemble aux précédentes puisqu’en 1962, 54 % des adultes de 25 ans n’ont pas dépassé la sixième année. En 1961, les Noirs américains de 25 à 29 ans ont en moyenne une année de scolarité de plus que les Canadiens français du même groupe d’âge. Et comme si ce n’était pas assez, le système d’éducation du Québec se révèle sous-équipé, et son personnel enseignant -- composé de plusieurs membres des communautés religieuses --, complètement débordé et à bout de souffle. Bref, la situation frise la catastrophe, d’autant plus que le monde du travail réclame de la main-d’oeuvre spécialisée.

« Qui s’instruit, s’enrichit »

Un changement de fond en comble s’impose. Porté au pouvoir en 1960, le gouvernement libéral et son ministre responsable de l’éducation, Paul Gérin-Lajoie, entreprennent la grande charte de l’éducation, un ensemble de mesures pour améliorer celle-ci et la rendre accessible à tous, sans exception. Sur recommandation de la Commission Parent, un ministère de l’Éducation est créé. Du coup, l’éducation devient la responsabilité de l’État, et le clergé perd ses prérogatives dans le domaine à tous les niveaux, de la petite école à l’université. Comme ailleurs en Occident, mais avec un décalage d’une couple de décennies dans le temps, la population du Québec se met à croire au pouvoir de « l’instruction ». Signe d’un temps nouveau, les maîtres mots sont dorénavant « Qui s’instruit, s’enrichit ». Et les résultats ne tardent pas à se faire sentir. Au niveau secondaire, le taux de fréquentation scolaire connaît une hausse considérable de 1960 à 1970, en particulier chez les jeunes de 15, 16 et 17 ans (voir figure). Quant aux inscriptions post-secondaires, elles dépassent les 136 000 en 1970 comparativement à 58 000 dix ans auparavant.

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Trouver des solutions aux problèmes du système d’éducation

Une des principales initiatives du nouveau gouvernement libéral en matière d’éducation est la mise sur pied d’une Commission royale d’enquête sur l’enseignement en 1961, connue sous le nom de Commission Parent. Son mandat est pour le moins ambitieux : scruter le système d’éducation au Québec sous toutes ses coutures et soumettre des solutions aux nombreux problèmes qu’il génère depuis trop longtemps. La présidence de la Commission est confiée à un clerc jouissant d’une grande crédibilité, Mgr Alphonse-Marie Parent, vice-recteur de l’Université Laval. Est également nommée commissaire Soeur Marie-Laurent de Rome, professeure de philosophie et de religion au collège Basile-Moreau. La présence de deux religieux est interprétée par des observateurs comme un haut fait diplomatique de la part de Paul Gérin-Lajoie, ministre de la Jeunesse. À leurs côtés, on trouve cinq personnes des milieux de l’enseignement, de l’information et du secteur industriel.

La fin du contrô Pour en lire plus
Trouver des solutions aux problèmes du système d’éducation

Une des principales initiatives du nouveau gouvernement libéral en matière d’éducation est la mise sur pied d’une Commission royale d’enquête sur l’enseignement en 1961, connue sous le nom de Commission Parent. Son mandat est pour le moins ambitieux : scruter le système d’éducation au Québec sous toutes ses coutures et soumettre des solutions aux nombreux problèmes qu’il génère depuis trop longtemps. La présidence de la Commission est confiée à un clerc jouissant d’une grande crédibilité, Mgr Alphonse-Marie Parent, vice-recteur de l’Université Laval. Est également nommée commissaire Soeur Marie-Laurent de Rome, professeure de philosophie et de religion au collège Basile-Moreau. La présence de deux religieux est interprétée par des observateurs comme un haut fait diplomatique de la part de Paul Gérin-Lajoie, ministre de la Jeunesse. À leurs côtés, on trouve cinq personnes des milieux de l’enseignement, de l’information et du secteur industriel.

La fin du contrôle de l’Église sur l’école

La Commission abat une somme considérable de travail. En effet, elle reçoit 349 mémoires, tient des audiences dans huit villes du Québec, rencontre 125 spécialistes de l’enseignement, visite une cinquantaine d’établissements d’enseignement au Québec et observe ce qui se passe ailleurs en éducation au Canada, aux États-Unis et en Europe. Ses constats et ses recommandations sont réunis dans cinq volumes. Parmi celles-ci, retenons la nécessité de centrer l’enseignement sur l’enfant et de mettre en place de nouvelles structures (cours élémentaire de six ans, cours secondaire de cinq ans, cours pré-universitaire et professionnel de deux à trois ans, etc.). La recommandation qui suscite les plus vives réactions a trait au remplacement du fort controversé Département de l’Instruction publique par un ministère de l’Éducation chargé de coordonner l’enseignement à tous les niveaux et d’assurer le passage fluide de l’un à l’autre. Les autorités catholiques, pour qui l’éducation est une chasse gardée depuis des décennies, sont piquées au vif. Elles s’assouplissent lorsqu’on leur assure le maintien du caractère confessionnel de l’école. Par ailleurs, elles sont invitées à siéger au Conseil supérieur de l’éducation, un organisme consultatif.

© 2011, Musée québécois de culture populaire. Tous droits réservés.

La réforme de l’éducation dans les années 1960 signifie la fin d’une institution presque deux fois centenaire et entièrement contrôlée par le clergé, les collèges classiques. Ils sont remplacés par des écoles secondaires appelées polyvalentes. Aux yeux des membres de la commission Parent, il importe d’instaurer un niveau d’enseignement d’une durée minimale de deux ans qui facilite le passage entre le secondaire et l’université ou le marché du travail. Ce nouvel ordre d’enseignement est le collège d’enseignement général et professionnel (cégep). Les premiers voient le jour en 1967. Leur nombre s’élève alors à 12. Vingt-trois autres ouvrent leurs portes entre 1968 et 1970, neuf dans la décennie suivante et, enfin, cinq de 1981 à 2008. Le nombre d’étudiants qui fréquentent le réseau collégial augmente rapidement : d’environ 72 000 à la fin des années 1960 à plus de 156 000 une douzaine d’années plus tard. Les premières projections prévoyaient que le quart seulement des cégépiens poursuivraient des études universitaires et que les autres s’inscriraient dans des programmes de for Pour en lire plus
La réforme de l’éducation dans les années 1960 signifie la fin d’une institution presque deux fois centenaire et entièrement contrôlée par le clergé, les collèges classiques. Ils sont remplacés par des écoles secondaires appelées polyvalentes. Aux yeux des membres de la commission Parent, il importe d’instaurer un niveau d’enseignement d’une durée minimale de deux ans qui facilite le passage entre le secondaire et l’université ou le marché du travail. Ce nouvel ordre d’enseignement est le collège d’enseignement général et professionnel (cégep). Les premiers voient le jour en 1967. Leur nombre s’élève alors à 12. Vingt-trois autres ouvrent leurs portes entre 1968 et 1970, neuf dans la décennie suivante et, enfin, cinq de 1981 à 2008. Le nombre d’étudiants qui fréquentent le réseau collégial augmente rapidement : d’environ 72 000 à la fin des années 1960 à plus de 156 000 une douzaine d’années plus tard. Les premières projections prévoyaient que le quart seulement des cégépiens poursuivraient des études universitaires et que les autres s’inscriraient dans des programmes de formation professionnelle. Or, il se produit exactement l’inverse, ce qui exerce une pression sans précédent sur les universités québécoises au nombre de six seulement : trois francophones (Laval, Montréal et Sherbrooke) et trois anglophones (McGill, Bishop’s et Sir-George-Williams). Un autre profond changement dans l’univers de l’éducation est la création de l’Université du Québec en 1968 avec des constituantes à Montréal, Trois-Rivières, Chicoutimi et plus tard à Rimouski, Hull et Rouyn-Noranda. Enfin, les régions vont bénéficier d’un enseignement universitaire complet, elles qui le réclamaient depuis de nombreuses années. L’Université du Québec se démarque des autres universités par son caractère public et son enracinement dans le milieu. Elle offre des enseignements aux trois cycles suivant des formules pédagogiques nouvelles et valorise la recherche.

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Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, les femmes ont davantage accès à l’éducation en Occident. À cet égard, le Québec ne fait pas exception. Dans les années 1940, une vingtaine d’écoles normales pour filles sont ouvertes. De 1940 à 1960, le nombre d’inscriptions de femmes dans des programmes professionnels à l’Université de Montréal passe d’une centaine à deux mille. N’empêche, encore au début de la seconde moitié du 20e siècle, le système d’éducation est d’abord pensé pour les garçons. La société conçoit difficilement qu’une femme puisse s’épanouir hors du foyer familial. Bien sûr, la gent féminine a droit à l’éducation, mais dans les écoles ménagères alors en pleine expansion. Dans les établissements pré-universitaires et universitaires, il est bien vu qu’elles étudient pour occuper des professions typiquement féminines, telles qu’infirmière ou institutrice.

Sur recommandation de la commission Parent, le ministère de l’Éducation change la donne en 1964. Les filles vont désormais avoir droit à une éducation identique à celles des garçons. En l’espa Pour en lire plus

Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, les femmes ont davantage accès à l’éducation en Occident. À cet égard, le Québec ne fait pas exception. Dans les années 1940, une vingtaine d’écoles normales pour filles sont ouvertes. De 1940 à 1960, le nombre d’inscriptions de femmes dans des programmes professionnels à l’Université de Montréal passe d’une centaine à deux mille. N’empêche, encore au début de la seconde moitié du 20e siècle, le système d’éducation est d’abord pensé pour les garçons. La société conçoit difficilement qu’une femme puisse s’épanouir hors du foyer familial. Bien sûr, la gent féminine a droit à l’éducation, mais dans les écoles ménagères alors en pleine expansion. Dans les établissements pré-universitaires et universitaires, il est bien vu qu’elles étudient pour occuper des professions typiquement féminines, telles qu’infirmière ou institutrice.

Sur recommandation de la commission Parent, le ministère de l’Éducation change la donne en 1964. Les filles vont désormais avoir droit à une éducation identique à celles des garçons. En l’espace de seulement quelques années, le nombre de femmes poursuivant des études post-secondaires augmente rapidement, si bien que leurs effectifs dépassent ceux des hommes dans les années 1970. Le même phénomène se produit au niveau universitaire dans la décennie suivante.


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Photographie du frère Untel

En 1961, Jean-Paul Desbiens, mieux connu sous le nom de frère Untel, reçoit le prix de la revue Liberté. Sur la photo, on aperçoit, de gauche à droite, Jacques Godbout, un des fondateurs de la revue Liberté, Jean-Paul Desbiens et Gérard Pelletier des Éditions de l'Homme où Les insolences du frère Untel sont éditées.

Yves Beauchamp
20e siècle
La Presse, June 26, 2010, page A21


Objectifs d'apprentissage

Objectifs pédagogiques

Acquérir une perspective historique. Faire la relation entre le Québec d’avant, pendant et après la révolution tranquille

Liens pédagogiques (compétences transversales)

Tirer profit de l’information (exploiter l’information).
Tirer profit de l’information (relativiser ses connaissances).
Exprimer son opinion (exercer son jugement critique).
S’approprier les technologies (Exploiter les technologies de l’information et de la communication).
S’imprégner des éléments d’une situation (Mettre en oeuvre sa pensée créatrice).
S’engager dans L’exploration (Mettre en oeuvre sa pensée créatrice).

Résultats pédagogiques

Amener l’élève à examiner le sujet dans une perspective historique.
Amener l’élève à une compréhension du présent à la lumière du passé.
Amener l’élève à exprimer une opinion sur cette histoire.
Amener l’élève à avoir un esprit critique.

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