Vous trouverez les textes associés au chapitre "Le nouveau rôle de l’État".

Les textes sont :

Avènement de l’état providence
Élection de la première femme à l’assemblée législative
L’équipe du tonnerre
Retour de l’Union nationale au pouvoir
Une véritable fonction publique
Vous trouverez les textes associés au chapitre "Le nouveau rôle de l’État".

Les textes sont :

Avènement de l’état providence
Élection de la première femme à l’assemblée législative
L’équipe du tonnerre
Retour de l’Union nationale au pouvoir
Une véritable fonction publique

© 2011, Musée québécois de culture populaire. Tous droits réservés.

Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, la population canadienne ne veut surtout pas connaître de nouveau les années difficiles de la grande crise économique de la période 1929-1939. Les politiciens et les hommes d’affaires partagent également cet avis, convaincus qu’ils sont qu’un retour au laisser-faire économique et au marché à tout prix amènera encore la misère et un climat social instable. Tous souhaitent que le gouvernement veille à la sécurité économique et sociale de la population et qu’il joue un rôle central dans la planification économique du pays, bref qu’il adhère aux principes de l’État-providence et à l’instauration d’une société plus juste. Comme ceux de la majorité des pays occidentaux, le gouvernement canadien répond par l’affirmative à ces demandes. Parmi les premières mesures sociales mises en place, mentionnons l’assurance-chômage en 1941 et le programme d’allocations familiales en 1945. En revanche, le gouvernement du Québec, sous la houlette de Maurice Duplessis, n’est pas prêt à s’engager dans cette avenue. Celui-ci condamne plutôt l’esprit de réformis Pour en lire plus

Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, la population canadienne ne veut surtout pas connaître de nouveau les années difficiles de la grande crise économique de la période 1929-1939. Les politiciens et les hommes d’affaires partagent également cet avis, convaincus qu’ils sont qu’un retour au laisser-faire économique et au marché à tout prix amènera encore la misère et un climat social instable. Tous souhaitent que le gouvernement veille à la sécurité économique et sociale de la population et qu’il joue un rôle central dans la planification économique du pays, bref qu’il adhère aux principes de l’État-providence et à l’instauration d’une société plus juste. Comme ceux de la majorité des pays occidentaux, le gouvernement canadien répond par l’affirmative à ces demandes. Parmi les premières mesures sociales mises en place, mentionnons l’assurance-chômage en 1941 et le programme d’allocations familiales en 1945. En revanche, le gouvernement du Québec, sous la houlette de Maurice Duplessis, n’est pas prêt à s’engager dans cette avenue. Celui-ci condamne plutôt l’esprit de réformisme social ambiant de l’après-guerre et l’interventionnisme de l’État. À ses yeux, tout comme pour l’éducation, il faut se fier à l’Église pour régler les problèmes sociaux.

Rattraper le retard du Québec

Le vent tourne avec la Révolution tranquille. Dès lors, l’État québécois prend en charge des responsabilités qui, jusque-là, relevaient soit de l’Église, soit des pouvoirs locaux (municipalités, commissions scolaires). En matière de sécurité du revenu, le gouvernement du Québec instaure, par exemple, le Régime des rentes pour l’ensemble de la population en 1964, et un programme d’aide sociale en 1969 pour les plus démunis. Il intervient également dans un domaine où les inégalités sociales sont criantes, celui de la santé. À cet effet, il étatise les hôpitaux, chasse gardée de l’Église, et adhère au programme d’assurance-hospitalisation du gouvernement fédéral en 1961 que Duplessis avait rejeté du revers de la main lors de sa création en 1957. Grâce à ce programme, les personnes bénéficient d’un accès gratuit aux services hospitaliers. L’évolution des dépenses pour les soins hospitaliers révèle que ce programme est le bienvenue puisqu’elles connaissent une hausse importante après son introduction.

En mettant de l’avant, en peu de temps, un ensemble de réformes garantissant à la population une assurance contre les risques sociaux et ceux reliés à la maladie, les gouvernements québécois des années 1960 tâchent de rattraper un retard que le Québec avait pris sous l’Union nationale.


© 2011, Musée québécois de culture populaire. Tous droits réservés.

Une femme au parlement!

L’année 1961 doit être retenue comme importante dans l’histoire des femmes au Québec. En effet, cette année-là, Claire Kirkland-Casgrain devient la première femme à accéder au statut de députée lors d’une élection partielle et à siéger à l’Assemblée législative du Québec.

Bien d’autres avant elle ont tenté leur chance. En 1947, une anglophone, Mae O’Connor, brigue le suffrage des électeurs sous la bannière du Parti Libéral lors d’une élection partielle dans le comté d’Huntingdon. Elles sont trois à l’élection de 1952, jusqu’à sept à celle de 1956. Aucune femme ne se présente candidate aux élections de 1960. À celles de 1962, de 1966 et de 1970, une seule femme est réélue : Madame Kirkland-Casgrain. Pourtant, le nombre de candidates tend à augmenter (jusqu’à 11 en 1966). La plupart d’entre elles ont en commun de représenter des partis marginaux (Parti social démocrate, Parti Ouvrier progressiste).

La femme mariée n’est plus un enfant

Au cours de ses prem Pour en lire plus
Une femme au parlement!

L’année 1961 doit être retenue comme importante dans l’histoire des femmes au Québec. En effet, cette année-là, Claire Kirkland-Casgrain devient la première femme à accéder au statut de députée lors d’une élection partielle et à siéger à l’Assemblée législative du Québec.

Bien d’autres avant elle ont tenté leur chance. En 1947, une anglophone, Mae O’Connor, brigue le suffrage des électeurs sous la bannière du Parti Libéral lors d’une élection partielle dans le comté d’Huntingdon. Elles sont trois à l’élection de 1952, jusqu’à sept à celle de 1956. Aucune femme ne se présente candidate aux élections de 1960. À celles de 1962, de 1966 et de 1970, une seule femme est réélue : Madame Kirkland-Casgrain. Pourtant, le nombre de candidates tend à augmenter (jusqu’à 11 en 1966). La plupart d’entre elles ont en commun de représenter des partis marginaux (Parti social démocrate, Parti Ouvrier progressiste).

La femme mariée n’est plus un enfant

Au cours de ses premières années comme députée, Madame Kirkland-Casgrain consacre l’essentiel de ses efforts à l’élaboration d’un projet de loi qui marque un tournant dans l’histoire du Québec. En effet, un peu moins de 25 ans après avoir obtenu le droit de vote (1940), la femme mariée, en vertu de la loi 16 votée en 1964, obtient un nouveau statut juridique. Elle cesse d’être considérée comme une mineure irresponsable et soumise à l’autorité de son mari pour devenir une citoyenne à part entière. Dorénavant, la femme mariée peut signer un contrat sans le consentement de son mari ou exercer une profession différente de celui-ci.
La loi 16 n’est pas bien accueillie non seulement par un grand nombre d’hommes, mais également par des femmes parce qu’elle ne s’applique que dans le cas des femmes mariées en séparation de biens. Celles mariées en communauté de biens sont ainsi laissées pour compte. Il faut encore attendre quelques années avant que les femmes, quelque soit leur statut, bénéficient des mêmes droits.

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Un programme électoral audacieux et avant-gardiste

Le programme que Jean Lesage, chef du Parti libéral, et son « équipe du tonnerre » propose aux électeurs se révèle audacieux et avant-gardiste. Il préconise, entre autres, la création d’un ministère des Affaires culturelles, la gratuité scolaire de l’élémentaire à l’université, la mise en place d’un Conseil d’orientation économique et l’instauration de diverses mesures pour assurer le bien-être de la population. De leur côté, l’Union nationale et son nouveau chef, Antonio Barrette, demandent aux électeurs de les laisser poursuivre leur saine gestion du Québec, la meilleure voie du progrès, comme en fait foi leur slogan « Vers les sommets avec Barrette et l’Union nationale ».

L’Union nationale est battue!

Après une âpre lutte, le Parti libéral remporte la victoire le 22 juin 1960. Il s’agit cependant d’une victoire mitigée puisque 46,6 % de l’électorat vote pour l’Union nationale contre 51,3  Pour en lire plus
Un programme électoral audacieux et avant-gardiste

Le programme que Jean Lesage, chef du Parti libéral, et son « équipe du tonnerre » propose aux électeurs se révèle audacieux et avant-gardiste. Il préconise, entre autres, la création d’un ministère des Affaires culturelles, la gratuité scolaire de l’élémentaire à l’université, la mise en place d’un Conseil d’orientation économique et l’instauration de diverses mesures pour assurer le bien-être de la population. De leur côté, l’Union nationale et son nouveau chef, Antonio Barrette, demandent aux électeurs de les laisser poursuivre leur saine gestion du Québec, la meilleure voie du progrès, comme en fait foi leur slogan « Vers les sommets avec Barrette et l’Union nationale ».

L’Union nationale est battue!

Après une âpre lutte, le Parti libéral remporte la victoire le 22 juin 1960. Il s’agit cependant d’une victoire mitigée puisque 46,6 % de l’électorat vote pour l’Union nationale contre 51,3 % pour le Parti libéral. Ce dernier détient 51 sièges à l’Assemblée législative et l’Union nationale, 36. Mais qu’importe, les Libéraux réussissent à battre la machine « infernale » de l’Union nationale selon les propres mots de Jean Lesage. Cette victoire marque un tournant dans l’histoire du Québec.

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Le vent tourne

En 1962, le Premier ministre du Québec, Jean Lesage, fait de la nationalisation de l’électricité un enjeu électoral... et il gagne son pari. Quatre ans plus tard, il adopte une stratégie semblable. Cette fois-ci, il demande l’appui de la population du Québec dans la bataille qu’il s’apprête à livrer contre le gouvernement fédéral sur la délicate question d’un nouveau partage de la fiscalité. Confiant, Lesage affirme être assuré que les Québécois le porteront au pouvoir une troisième fois. Mais voilà, la situation est différente de celles de 1960 et de 1962. La belle unanimité qui régnait au sein du Parti libéral lors des deux élections précédentes s’est dissipée. Les députés vedettes René Lévesque et Paul Gérin-Lajoie demeurent en retrait. Aussi impressionnantes soient-elles, les réformes réalisées par le gouvernement libéral depuis 1960 ont coûté extrêmement chères. Par conséquent, la dette par habitant a plus que doublé au Québec en à peine quelques années, ce qui vaut à Lesage le surnom de « Ti-Jean la taxe ». Enfin, les Libéraux sont accusés de «&nb Pour en lire plus
Le vent tourne

En 1962, le Premier ministre du Québec, Jean Lesage, fait de la nationalisation de l’électricité un enjeu électoral... et il gagne son pari. Quatre ans plus tard, il adopte une stratégie semblable. Cette fois-ci, il demande l’appui de la population du Québec dans la bataille qu’il s’apprête à livrer contre le gouvernement fédéral sur la délicate question d’un nouveau partage de la fiscalité. Confiant, Lesage affirme être assuré que les Québécois le porteront au pouvoir une troisième fois. Mais voilà, la situation est différente de celles de 1960 et de 1962. La belle unanimité qui régnait au sein du Parti libéral lors des deux élections précédentes s’est dissipée. Les députés vedettes René Lévesque et Paul Gérin-Lajoie demeurent en retrait. Aussi impressionnantes soient-elles, les réformes réalisées par le gouvernement libéral depuis 1960 ont coûté extrêmement chères. Par conséquent, la dette par habitant a plus que doublé au Québec en à peine quelques années, ce qui vaut à Lesage le surnom de « Ti-Jean la taxe ». Enfin, les Libéraux sont accusés de « vouloir sortir les crucifix des écoles » après que quelques-unes des recommandations du quatrième tome du rapport Parent sur l’éducation soient rendues publiques.

Une corde sensible : l’affirmation du Québec

Le parti de l’Union nationale, le grand adversaire du Parti libéral, a tiré des leçons des défaites de 1960 et de 1962. Elle se réorganise, se rajeunit, et son chef, Daniel Johnson, a plus d’aplomb. Son slogan lors de la campagne de 1966 est « Québec d’abord » et son programme est en partie axé sur l’affirmation du Québec.

À la grande surprise de plusieurs, à commencer par Jean Lesage lui-même, l’Union nationale remporte les élections du 5 juin 1966 avec un pourcentage des suffrages moins élevé que celui du Parti libéral (40,9 % pour la première, 47,2 % pour le second). Par contre, en raison du découpage de la carte électorale, l’Union nationale obtient 56 des 108 sièges, ce qui lui assure le pouvoir.

Nombre de personnes se demandent si l’élection d’un gouvernement de l’Union nationale ne signifie pas un retour en arrière. À ce sujet, Jean Lesage, dorénavant chef de l’opposition, déclare qu’il veillera à ce que la Révolution tranquille poursuive son cours. Mais il n’a pas à s’inquiéter puisque Daniel Johnson reprend là où il avait laissé.

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Faut-il s’en étonner, la fonction publique du Québec, qui regroupe tous les travailleurs de l’appareil gouvernemental, connaît une expansion sans précédent durant la Révolution tranquille en raison des interventions de l’État dans l’éducation, la santé, les affaires sociales et de la création de nouveaux ministères, de conseils consultatifs, d’organismes de réglementation et d’entreprises publiques. Sous le long règne de l’Union nationale, le nombre de fonctionnaires augmente régulièrement, passant d’environ 16 000 en 1944 à 29 000 en 1960, soit une hausse moyenne de 1 000 fonctionnaires par année. À l’aube des années 1970, leur nombre s’élève à plus de 50 000.

Rapidement, la fonction publique québécoise développe une expertise dans plusieurs domaines. Avant la Révolution tranquille, elle comprend une bonne cohorte d’avocats et d’ingénieurs, mais très peu de spécialistes en économie, en statistiques et en sociologie. Après 1960, la fonction publique se dote de systèmes d’évaluation du personnel et de structures administratives, et ses membres peuvent se syndic Pour en lire plus
Faut-il s’en étonner, la fonction publique du Québec, qui regroupe tous les travailleurs de l’appareil gouvernemental, connaît une expansion sans précédent durant la Révolution tranquille en raison des interventions de l’État dans l’éducation, la santé, les affaires sociales et de la création de nouveaux ministères, de conseils consultatifs, d’organismes de réglementation et d’entreprises publiques. Sous le long règne de l’Union nationale, le nombre de fonctionnaires augmente régulièrement, passant d’environ 16 000 en 1944 à 29 000 en 1960, soit une hausse moyenne de 1 000 fonctionnaires par année. À l’aube des années 1970, leur nombre s’élève à plus de 50 000.

Rapidement, la fonction publique québécoise développe une expertise dans plusieurs domaines. Avant la Révolution tranquille, elle comprend une bonne cohorte d’avocats et d’ingénieurs, mais très peu de spécialistes en économie, en statistiques et en sociologie. Après 1960, la fonction publique se dote de systèmes d’évaluation du personnel et de structures administratives, et ses membres peuvent se syndicaliser à partir de 1964. À l’époque de Maurice Duplessis, elle est soumise au règne de l’arbitraire et du patronage. Les travailleurs de l’État ne disposent d’aucun droit, d’aucune sécurité d’emploi et leurs salaires sont bas. De plus, on leur interdit d’adhérer à une organisation syndicale.

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Photographie de l'ouverture du local du Syndicat

Opening of the office of the Syndicat des fonctionnaires provinciaux du Québec, Lasarre section in 1967. The photo features presidents Jacques Bastien and Roger Boisclair, Marcel Hamel, secretary, and Fernand Lapierre, education officer.

inconnu
20e siècle
Archives du Syndicat de la fonction publique.


Objectifs d'apprentissage

Objectifs pédagogiques

Acquérir une perspective historique. Faire la relation entre le Québec d’avant, pendant et après la révolution tranquille

Liens pédagogiques (compétences transversales)

Tirer profit de l’information (exploiter l’information).
Tirer profit de l’information (relativiser ses connaissances).
Exprimer son opinion (exercer son jugement critique).
S’approprier les technologies (Exploiter les technologies de l’information et de la communication).
S’imprégner des éléments d’une situation (Mettre en oeuvre sa pensée créatrice).
S’engager dans L’exploration (Mettre en oeuvre sa pensée créatrice).

Résultats pédagogiques

Amener l’élève à examiner le sujet dans une perspective historique.
Amener l’élève à une compréhension du présent à la lumière du passé.
Amener l’élève à exprimer une opinion sur cette histoire.
Amener l’élève à avoir un esprit critique.

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