Vous trouverez les textes associés au chapitre "La reconquête économique".

Les textes sont :

La nationalisation de l’électricité
La Société générale de financement
La Caisse de dépôt et placement du Québec et de la Régie des rentes
Vous trouverez les textes associés au chapitre "La reconquête économique".

Les textes sont :

La nationalisation de l’électricité
La Société générale de financement
La Caisse de dépôt et placement du Québec et de la Régie des rentes

© 2011, Musée québécois de culture populaire. Tous droits réservés.

Une richesse collective sous contrôle étranger

À n’en pas douter, la nationalisation de l’électricité en 1963 constitue un événement phare de la Révolution tranquille. Ce processus s’enclenche en 1944 sous le gouvernement libéral d’Adélard Godbout avec la nationalisation de la compagnie Montreal, Light, Heat & Power qui accumulait les plaintes des consommateurs depuis plusieurs décennies. La société Hydro-Québec est alors née, mais le territoire qu’elle dessert se limite à la région de Montréal. La production et la distribution de l’électricité dans le reste du Québec sont sous le contrôle direct d’une dizaine d’entreprises étrangères, la Shawinigan Water & Power étant la plus importante.

« Maîtres chez nous »

La nationalisation de la houille blanche demeure un objet de préoccupation tout au long des années 1950, mais sur lequel le gouvernement de l’Union nationale refuse d’intervenir. Le ministre des Richesses hydrauliques sous le gouvernement libéral en 1960, René Lévesque, a un Pour en lire plus
Une richesse collective sous contrôle étranger

À n’en pas douter, la nationalisation de l’électricité en 1963 constitue un événement phare de la Révolution tranquille. Ce processus s’enclenche en 1944 sous le gouvernement libéral d’Adélard Godbout avec la nationalisation de la compagnie Montreal, Light, Heat & Power qui accumulait les plaintes des consommateurs depuis plusieurs décennies. La société Hydro-Québec est alors née, mais le territoire qu’elle dessert se limite à la région de Montréal. La production et la distribution de l’électricité dans le reste du Québec sont sous le contrôle direct d’une dizaine d’entreprises étrangères, la Shawinigan Water & Power étant la plus importante.

« Maîtres chez nous »

La nationalisation de la houille blanche demeure un objet de préoccupation tout au long des années 1950, mais sur lequel le gouvernement de l’Union nationale refuse d’intervenir. Le ministre des Richesses hydrauliques sous le gouvernement libéral en 1960, René Lévesque, a un tout autre avis sur la question. Selon lui, « l’électricité est fondamentale dans le Québec et doit constituer un tout bien intégré. Cette unification doit être réalisée par Hydro-Québec ». À partir de 1961, Lévesque fait de la nationalisation de l’électricité son cheval de bataille. Les adversaires à son projet sont nombreux, et ce, même au sein des troupes libérales et de son conseil des ministres. Patiemment, Lévesque rallie de plus en plus de personnes à son opinion. La question devient même le principal enjeu de l’élection du 14 novembre 1962. De concert avec son ministre, le chef du Parti libéral, Jean Lesage, clame sur toutes les tribunes : « Maintenant ou jamais : maîtres chez nous ». Les libéraux sont reportés au pouvoir avec une majorité confortable et les onze entreprises électriques privées deviennent la propriété de la société d’État Hydro-Québec en 1963 au coût d’un peu plus de 600 000 000 $. Sous l’effet de la nationalisation, le nombre de travailleurs dans cette entreprise québécoise grimpe à 14 000 comparativement à 8 900 auparavant, et les postes de direction sont dorénavant occupés par des Canadiens français.

Nationaliser l’électricité est certes une décision économique qui permet de mieux desservir les régions du Québec, notamment les plus éloignées, et d’aplanir un obstacle au développement régional. Il s’agit aussi d’une décision éminemment politique qui témoigne d’une volonté d’appropriation des richesses naturelles, de même qu’une manifestation du nouveau nationalisme.

© 2011, Musée québécois de culture populaire. Tous droits réservés.

Un dur constat s’impose dans les années 1960 : entre 5 et 20 % de l’économie du Québec appartient aux Québécois francophones; le reste, soit au minimum 80 %, (et probablement plus), est entre les mains de sociétés canadiennes anglaises et américaines. Au pouvoir, le Parti libéral du Québec entend rectifier cette situation. En effet, dans un discours prononcé en mars 1961, le premier ministre Jean Lesage affirme que « le colonialisme économique n’est plus acceptable pour les Québécois ». Et la solution avancée par le gouvernement est la création de la Société générale de financement (SGF) en 1962, une société mixte réunissant des fonds de l’État, d’institutions financières et des contribuables. Sa mission consiste à soutenir des entreprises québécoises en difficulté et à diversifier la base de la production industrielle du Québec. En plus d’acquérir des actions d’entreprises, la SGF peut se procurer des obligations des autres paliers de gouvernement ou d’organisations (les commissions scolaires, par exemple) et les revendre. Bref, elle entend agir comme le bras financier du gouv Pour en lire plus
Un dur constat s’impose dans les années 1960 : entre 5 et 20 % de l’économie du Québec appartient aux Québécois francophones; le reste, soit au minimum 80 %, (et probablement plus), est entre les mains de sociétés canadiennes anglaises et américaines. Au pouvoir, le Parti libéral du Québec entend rectifier cette situation. En effet, dans un discours prononcé en mars 1961, le premier ministre Jean Lesage affirme que « le colonialisme économique n’est plus acceptable pour les Québécois ». Et la solution avancée par le gouvernement est la création de la Société générale de financement (SGF) en 1962, une société mixte réunissant des fonds de l’État, d’institutions financières et des contribuables. Sa mission consiste à soutenir des entreprises québécoises en difficulté et à diversifier la base de la production industrielle du Québec. En plus d’acquérir des actions d’entreprises, la SGF peut se procurer des obligations des autres paliers de gouvernement ou d’organisations (les commissions scolaires, par exemple) et les revendre. Bref, elle entend agir comme le bras financier du gouvernement du Québec et réduire la dépendance du Québec à l’égard des capitaux étrangers.

© 2011, Musée québécois de culture populaire. Tous droits réservés.

Après la mise sur pied de la Société générale de financement en 1962 et la nationalisation de l’électricité en 1963, le gouvernement du Québec se dote en 1965 d’un nouvel instrument dans son objectif de reconquête économique : la Caisse de dépôt et de placement du Québec. Depuis leur accession au pouvoir en 1960, les libéraux réfléchissent à la création d’un régime de pension universel et obligatoire pour tous les Québécois. Les choses se précipitent lorsque le gouvernement fédéral annonce dans un discours du trône en 1963 son intention d’implanter un plan de retraite au Canada. Les officines du gouvernement québécois s’activent alors et le premier ministre Jean Lesage est en mesure de présenter le projet du régime des rentes du Québec lors d’une conférence fédérale-provinciale en 1964, à la grande surprise des délégués du gouvernement d’Ottawa. Pris de court, le premier ministre canadien Leaster B. Pearson n’a pas d’autres choix que d’accepter le principe d’un régime distinct pour le Québec. Et c’est la Caisse de dépôt et de placement qui se voit confier la gestion des sommes considérab Pour en lire plus

Après la mise sur pied de la Société générale de financement en 1962 et la nationalisation de l’électricité en 1963, le gouvernement du Québec se dote en 1965 d’un nouvel instrument dans son objectif de reconquête économique : la Caisse de dépôt et de placement du Québec. Depuis leur accession au pouvoir en 1960, les libéraux réfléchissent à la création d’un régime de pension universel et obligatoire pour tous les Québécois. Les choses se précipitent lorsque le gouvernement fédéral annonce dans un discours du trône en 1963 son intention d’implanter un plan de retraite au Canada. Les officines du gouvernement québécois s’activent alors et le premier ministre Jean Lesage est en mesure de présenter le projet du régime des rentes du Québec lors d’une conférence fédérale-provinciale en 1964, à la grande surprise des délégués du gouvernement d’Ottawa. Pris de court, le premier ministre canadien Leaster B. Pearson n’a pas d’autres choix que d’accepter le principe d’un régime distinct pour le Québec. Et c’est la Caisse de dépôt et de placement qui se voit confier la gestion des sommes considérables destinées aux rentes des Québécois. En outre, le nouvel organisme réunit différents fonds épars et oubliés du gouvernement du Québec, tels celui du rachat des rentes seigneuriales et celui des mariages protestants, entre autres. Enfin, grâce à la Caisse, le gouvernement du Québec n’est plus soumis aux sociétés principalement anglophones qui forment un lobby financier pour contracter des emprunts.

Lorsqu’en 1964, Jean Lesage exprime sa ferme intention de créer la Caisse de dépôt et de placement, il estime que son actif atteindrait le milliard de dollars en 1970, et plus de dix milliards en 1993. Lesage se fourvoie dans ses projections à long terme puisque dès 1980, la Caisse dispose de dix milliards de dollars.


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M. Prieur est entouré de représentants des deux groupes de producteurs d'électricité.

Signature d'une entente en 1968 entre la Caisse de dépôt et de placement du Québec et la société Churchill Falls (Labrador) Corporation Limited, associée d'Hydro-Québec dans l'exploitation des chutes Churchill. M. Prieur est entouré de représentants des deux groupes de producteurs d'électricité.

inconnu
20e siècle
Archives de la Caisse de dépôt et de placement du Québec.


Objectifs d'apprentissage

Objectifs pédagogiques

Acquérir une perspective historique. Faire la relation entre le Québec d’avant, pendant et après la révolution tranquille

Liens pédagogiques (compétences transversales)

Tirer profit de l’information (exploiter l’information).
Tirer profit de l’information (relativiser ses connaissances).
Exprimer son opinion (exercer son jugement critique).
S’approprier les technologies (Exploiter les technologies de l’information et de la communication).
S’imprégner des éléments d’une situation (Mettre en oeuvre sa pensée créatrice).
S’engager dans L’exploration (Mettre en oeuvre sa pensée créatrice).

Résultats pédagogiques

Amener l’élève à examiner le sujet dans une perspective historique.
Amener l’élève à une compréhension du présent à la lumière du passé.
Amener l’élève à exprimer une opinion sur cette histoire.
Amener l’élève à avoir un esprit critique.

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