Vous trouverez les textes associés au chapitre "Des faits de société".

Les textes sont :

La naissance des mouvements gauchistes
Le recul de la religion
Expo 67
Un syndicalisme revendicatif
Vous trouverez les textes associés au chapitre "Des faits de société".

Les textes sont :

La naissance des mouvements gauchistes
Le recul de la religion
Expo 67
Un syndicalisme revendicatif

© 2011, Musée québécois de culture populaire. Tous droits réservés.

1968, une année mouvementée

L’année 1968 est celle des contestations. Les Beatles chantent Revolution et les Rolling Stones, Street Fighting Man. De grandes manifestations étudiantes ont lieu à Paris, Mexico, Tokyo et dans d’autres grandes villes du monde, et nombre d’entre elles sont réprimées dans la violence. Aux États-Unis, l’opposition à la guerre du Vietnam bat son plein. Des émeutes éclatent à Chicago après le décès de Martin Luther King. En Tchécoslovaquie, le « printemps de Prague », ou l’avènement d’un « socialisme à visage humain », prend abruptement fin avec l’entrée des chars d’assaut soviétiques dans la capitale. Au Québec, les étudiants brandissent l’étendard de la révolte.

Les associations étudiantes réclament la gratuité scolaire

Les prémices de cette tempête remontent au début de la décennie alors que des associations étudiantes expriment le désir d’être consultées par les dirigeants du réseau scolaire et demandent le gel des frais de scolarité. Dans Pour en lire plus
1968, une année mouvementée

L’année 1968 est celle des contestations. Les Beatles chantent Revolution et les Rolling Stones, Street Fighting Man. De grandes manifestations étudiantes ont lieu à Paris, Mexico, Tokyo et dans d’autres grandes villes du monde, et nombre d’entre elles sont réprimées dans la violence. Aux États-Unis, l’opposition à la guerre du Vietnam bat son plein. Des émeutes éclatent à Chicago après le décès de Martin Luther King. En Tchécoslovaquie, le « printemps de Prague », ou l’avènement d’un « socialisme à visage humain », prend abruptement fin avec l’entrée des chars d’assaut soviétiques dans la capitale. Au Québec, les étudiants brandissent l’étendard de la révolte.

Les associations étudiantes réclament la gratuité scolaire

Les prémices de cette tempête remontent au début de la décennie alors que des associations étudiantes expriment le désir d’être consultées par les dirigeants du réseau scolaire et demandent le gel des frais de scolarité. Dans cette démarche, d’anciennes associations, comme celles des universités de Montréal et Laval qui datent du premier tiers du 20e siècle, s’allient à d’autres plus récentes, comme la Fédération des associations générales des collèges classiques du Québec (FAGECCQ) et l’Union générale des étudiants (UGEQ) créées respectivement en 1962 et 1964. Quelques années plus tard, soit en 1966, elles s’unissent pour réclamer la gratuité scolaire.

Octobre 1968 : les étudiants se révoltent

Le mouvement étudiant au Québec culmine en 1968 avec la grande grève des collèges d’enseignement général et professionnel (cégeps). Au cours des premiers mois de cette année, la révolte gronde de plus en plus ouvertement. Puis, la colère explose en octobre. La grève générale au cégep Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse-de-Blainville est la bougie d’allumage. Près des deux tiers des établissements collégiaux (15 sur 23), des écoles secondaires et quelques centaines d’étudiants universitaires ne tardent pas à suivre le mouvement. Mais la grande révolte d’octobre n’est qu’un feu de paille puisque quelques semaines plus tard, tout rentre dans l’ordre.

Des revendications, toujours plus de revendications

Un ensemble de facteurs est à l’origine de ce soulèvement. Dans les cégeps, les étudiants dénoncent le manque d’équipements, les installations inadéquates des laboratoires, les carences des services qui leur sont offerts. Ils sont également animés par diverses craintes dont l’incapacité à fréquenter un établissement d’enseignement supérieur et la difficulté d’intégrer le marché du travail qui semble se fermer. Enfin, la liste de leurs reproches à l’égard du système scolaire et des enseignements qui leur sont livrés est interminable. Et comme si ce n’était pas assez, ils vilipendent les gouvernements, le système politique et économique. Bref, aux yeux des étudiants, le monde est à refaire de fond en comble.

© 2011, Musée québécois de culture populaire. Tous droits réservés.

Une religion omniprésente

À partir du milieu du 19e siècle, l’Église catholique exerce une influence considérable au Québec, à un point tel que L’historienne Lucia Ferretti lui accorde le statut d’organisatrice principale de la société québécoise. Son ascendant est si grand que l’écrivain français Paul Claudel appelle le Québec le « Tibet du catholicisme ». De leur côté, les Canadiens anglais traitent le Québec de « priest ridden province ».

Au rancart les crucifix, chapelets et scapulaires

Ces étiquettes tombent très rapidement avec la Révolution tranquille. En effet, le Québec se sécularise en l’espace de quelques années. La désaffection ne touche pas seulement la population, mais également les représentants de l’Église. En hausse tout au long du 20e siècle, l’effectif de prêtres et de religieuses s’effondre après 1961 en raison des nombreux départs (voir figure). Les appellations à connotation religieuse se laïcisent. Ainsi, la Confédération des travaille Pour en lire plus
Une religion omniprésente

À partir du milieu du 19e siècle, l’Église catholique exerce une influence considérable au Québec, à un point tel que L’historienne Lucia Ferretti lui accorde le statut d’organisatrice principale de la société québécoise. Son ascendant est si grand que l’écrivain français Paul Claudel appelle le Québec le « Tibet du catholicisme ». De leur côté, les Canadiens anglais traitent le Québec de « priest ridden province ».

Au rancart les crucifix, chapelets et scapulaires

Ces étiquettes tombent très rapidement avec la Révolution tranquille. En effet, le Québec se sécularise en l’espace de quelques années. La désaffection ne touche pas seulement la population, mais également les représentants de l’Église. En hausse tout au long du 20e siècle, l’effectif de prêtres et de religieuses s’effondre après 1961 en raison des nombreux départs (voir figure). Les appellations à connotation religieuse se laïcisent. Ainsi, la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC) devient la Confédération des syndicats nationaux (CSN); la Corporation des instituteurs catholiques se transforme en Centrale des enseignants du Québec (CEQ); les ligues du Sacré-Coeur et les Dames de Sainte-Anne adoptent respectivement les appellations de Chrétiens d’aujourd’hui et de Mouvement des femmes chrétiennes. Au début des années 1970, l’Union catholique des cultivateurs (UCC) prend une nouvelle raison sociale : l’Union des producteurs agricoles (UPA).

Une volonté de s’ajuster à la nouvelle réalité

Parfaitement consciente du fossé qui se creuse entre elle et ses fidèles, l’Église romaine veut se refaire une image et se renouveler. À cet effet, le pape Jean XXIII entreprend le concile oecuménique Vatican II en 1962. Une série de mesures sont alors mises de l’avant. Parmi elles, mentionnons le remplacement de la messe en latin par celle dans la langue de tous les jours, la distribution de la communion par des laïcs, l’instauration de la messe du samedi soir, la fin de l’obligation faite aux femmes de porter le chapeau lors de la messe, etc. Ces mesures sont bien accueillies. On ne peut en dire autant des prises de position de l’Église sur le divorce en 1967 et la contraception en 1968, lesquels elle condamne sévèrement. Celles-ci ne contribuent guère à ramener les fidèles au bercail.

© 2011, Musée québécois de culture populaire. Tous droits réservés.

Le mouvement syndical tenu en échec par Duplessis

Il est notoire que le gouvernement de l’Union nationale sous Maurice Duplessis entretient un préjugé défavorable à l’égard des syndicats. Consolidées au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, les assises du mouvement syndical sont mises à rude épreuve à la fin des années 1940 et tout au long de la décennie suivante. La situation est à ce point difficile que la portion de l’effectif syndical dans l’ensemble des travailleurs s’abaisse entre 1946 et 1951 avant de regagner le terrain perdu dans les années qui suivent (voir figure). Sous le règne de Duplessis se déroulent quelques-unes des grèves les plus dures du 20e siècle: celles de l’amiante à Thetford-Mines et à Asbestos en 1949; de l’Associated Textiles of Canada de Louiseville en 1952-1953; et de Murdochville en 1957. Dans chacun de ces conflits, le monde syndical essuie une défaite cinglante ou a enregistré des gains peu significatifs.

Les syndicats participent à la Révolution tranquille

Immédiatement après le décès Pour en lire plus
Le mouvement syndical tenu en échec par Duplessis

Il est notoire que le gouvernement de l’Union nationale sous Maurice Duplessis entretient un préjugé défavorable à l’égard des syndicats. Consolidées au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, les assises du mouvement syndical sont mises à rude épreuve à la fin des années 1940 et tout au long de la décennie suivante. La situation est à ce point difficile que la portion de l’effectif syndical dans l’ensemble des travailleurs s’abaisse entre 1946 et 1951 avant de regagner le terrain perdu dans les années qui suivent (voir figure). Sous le règne de Duplessis se déroulent quelques-unes des grèves les plus dures du 20e siècle: celles de l’amiante à Thetford-Mines et à Asbestos en 1949; de l’Associated Textiles of Canada de Louiseville en 1952-1953; et de Murdochville en 1957. Dans chacun de ces conflits, le monde syndical essuie une défaite cinglante ou a enregistré des gains peu significatifs.

Les syndicats participent à la Révolution tranquille

Immédiatement après le décès de Maurice Duplessis, son successeur, Paul Sauvé, instaure un nouveau climat sous le signe de la détente entre les organisations syndicales et le gouvernement du Québec. Porté au pouvoir en 1960, le nouveau premier ministre, Jean Lesage, adopte la philosophie prônée par Sauvé. Un nouveau code du travail est voté en 1964, le précédent ayant été trop trituré par Duplessis. En vertu de celui-ci, les travailleurs dans les services publics obtiennent le droit de grève, à l’exception des pompiers et des policiers, ce qui aurait été impensable sous l’Union nationale. De plus, les syndicats ont dorénavant voix au chapitre sur les réformes mises de l’avant par le gouvernement, plusieurs d’entre elles étant souhaitées par les premiers depuis longtemps. Des représentants syndicaux siègent sur des commissions et des organismes consultatifs. Dans un tel contexte, pas étonnant que la portion des travailleurs syndiqués augmente de façon notable (voir figure). Après avoir franchi la barre des 30 % en 1961, elle grimpe à près de 38 % dix ans plus tard.

Le milieu syndical se radicalise

Influencées par des idées d’inspiration notamment marxistes, les organisations syndicales se radicalisent dans la seconde moitié des années 1960. Par conséquent, les relations entre, d’une part, le monde syndical et, d’autre part, les employeurs et l’État se détériorent. Au cours des années 1966 à 1970, 143 grèves ou lock-out en moyenne sont dénombrés chaque année, et principalement dans les secteurs public et parapublic. En 1966 seulement, le Syndicat des fonctionnaires du gouvernement du Québec (25 000 personnes), les 32 500 travailleurs des hôpitaux du Québec et 2 300 professeurs des écoles normales et des écoles d’agriculture et de technologie menacent de recourir à la grève cependant que les 1 800 professionnels de la fonction publique, les ingénieurs d’Hydro-Québec et les travailleurs de la construction, eux, débrayent. Tout au long des années 1970, le syndicalisme au Québec continue de progresser avant de connaître un recul dans le contexte de crise du début de la décennie 1980-1990.

© 2011, Musée québécois de culture populaire. Tous droits réservés.

L’Expo 67, un moment privilégié

« En 67, tout était beau. C’était l’année d’l’amour, c’était l’année d’l’expo ». Ces paroles tirées d’une des chansons les plus connues du groupe Beau Dommage (Le blues d’la métropole, 1975) rendent parfaitement compte de l’ambiance onirique qui règne en 1967 au moment de l’Exposition universelle de Montréal. Pendant six mois, soit 185 jours exactement, la métropole canadienne est l’hôte d’une grande fête à laquelle le monde entier est convié. Plus que bien d’autres événements, l’Expo 67 frappe l’imagination des Québécois. Et tous ceux qui s’y rendent en conservent un souvenir impérissable.

L’Expo 67, un immense chantier

Mais les festivités sont précédées par plusieurs années de dur labeur. L’année 1962, au cours de laquelle Montréal est désignée pour accueillir l’Exposition universelle à la suite du désistement de Moscou, marque le début d’un vaste branle-bas général. L’île Pour en lire plus
L’Expo 67, un moment privilégié

« En 67, tout était beau. C’était l’année d’l’amour, c’était l’année d’l’expo ». Ces paroles tirées d’une des chansons les plus connues du groupe Beau Dommage (Le blues d’la métropole, 1975) rendent parfaitement compte de l’ambiance onirique qui règne en 1967 au moment de l’Exposition universelle de Montréal. Pendant six mois, soit 185 jours exactement, la métropole canadienne est l’hôte d’une grande fête à laquelle le monde entier est convié. Plus que bien d’autres événements, l’Expo 67 frappe l’imagination des Québécois. Et tous ceux qui s’y rendent en conservent un souvenir impérissable.

L’Expo 67, un immense chantier

Mais les festivités sont précédées par plusieurs années de dur labeur. L’année 1962, au cours de laquelle Montréal est désignée pour accueillir l’Exposition universelle à la suite du désistement de Moscou, marque le début d’un vaste branle-bas général. L’île Sainte-Hélène, au centre du fleuve Saint-Laurent, est choisie comme site de l’Expo. Elle est agrandie et une autre île, celle de Notre-Dame, est « inventée » suivant l’expression de Stéphane Venne dans sa chanson Un jour, un jour, avec de la terre provenant du dragage du fleuve et 28 000 000 de tonnes de pierres et de terre extraites des entrailles de Montréal pour la construction du métro. Il s’agit là d’une entreprise de récupération à grande échelle. Sur le site, 850 pavillons et bâtiments aux allures futuristes, sont ensuite construits par quelques milliers de travailleurs. Le parc d’amusement la Ronde et Habitat 67, un ensemble immobilier formé de 354 boîtes de béton préfabriqués offrant 168 appartements et conçu par un jeune étudiant en architecture de l’Université McGill, complètent le site. Parallèlement, Montréal, que le chanteur Jean-Pierre Ferland compare souvent à une femme, se refait une beauté, entre autres, avec l’érection du complexe de la place Ville-Marie, des gratte-ciels de la Place Bonaventure et de la Bourse de Montréal. 

Un succès au-delà des espoirs les plus fous

Tous ces investissements et ses efforts en valent la peine. Le 28 avril, jour de l’ouverture, 3 000 personnes se massent aux quelques 200 tourniquets dès huit heures le matin. Les données officielles parlent de 300 000 visiteurs à la fin de la première journée, et de 1 400 000 après trois jours. Cette marée humaine ne se tarit que six mois plus tard, le 29 octobre (220 000 visiteurs), dernier jour de l’Expo. Au total, plus de 50 300 000 personnes visitent les îles, alors que les organisateurs escomptaient en recevoir 30 000 000 au plus, et il s’agissait là d’estimations très optimistes. 

À la découverte du monde

L’expo 67 a été un feu roulant d’activités de toutes sortes. Ainsi, jusqu’à 6 000 concerts gratuits sont présentés et 5 000 films projetés. Grâce à l’Expo, les Québécois peuvent faire un tour du monde en quelques heures à proximité de chez-eux, découvrir les coutumes et la gastronomie de dizaines de pays, aller vers l’autre et le découvrir. Au cours de l’été 1967, les Québécois qui visitent l’Expo vivent un véritable bouillon de culture.

© 2011, Musée québécois de culture populaire. Tous droits réservés.

Montage photographique représentant expo 67

Publicité de l'Exposition universelle de Montréal mettant en vedette les hôtesses de différents pavillons.

inconnu
20e siècle
Bibliothèque et Archives Canada, Ottawa.


Objectifs d'apprentissage

Objectifs pédagogiques

Acquérir une perspective historique. Faire la relation entre le Québec d’avant, pendant et après la révolution tranquille

Liens pédagogiques (compétences transversales)

Tirer profit de l’information (exploiter l’information).
Tirer profit de l’information (relativiser ses connaissances).
Exprimer son opinion (exercer son jugement critique).
S’approprier les technologies (Exploiter les technologies de l’information et de la communication).
S’imprégner des éléments d’une situation (Mettre en oeuvre sa pensée créatrice).
S’engager dans L’exploration (Mettre en oeuvre sa pensée créatrice).

Résultats pédagogiques

Amener l’élève à examiner le sujet dans une perspective historique.
Amener l’élève à une compréhension du présent à la lumière du passé.
Amener l’élève à exprimer une opinion sur cette histoire.
Amener l’élève à avoir un esprit critique.

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