Vous trouverez les textes associés au chapitre "L’affirmation du Québec sur la scène politique canadienne".

Les textes sont :

Le mouvement souverainiste
Vive le Québec livre
Les rapports entre le Québec et Ottawa
la Délégation générale du Québec à Paris
Le Front de libération du Québec
Le Bill 63
Vous trouverez les textes associés au chapitre "L’affirmation du Québec sur la scène politique canadienne".

Les textes sont :

Le mouvement souverainiste
Vive le Québec livre
Les rapports entre le Québec et Ottawa
la Délégation générale du Québec à Paris
Le Front de libération du Québec
Le Bill 63

© 2011, Musée québécois de culture populaire. Tous droits réservés.

Lutter pour l’indépendance au Québec

Le projet indépendantiste ou souverainiste plonge ses racines loin dans l’histoire du Québec. Certains situent ses débuts lors des Rebellions de 1837-1838; d’autres trois quarts de siècle auparavant lors de la Conquête de 1760. Sous l’influence d’un nouveau nationalisme québécois qui émerge dans l’après-guerre, de la décolonisation dans plusieurs parties du monde et des écrits anticolonialistes de Frantz Fanon, Jacques Berque et Albert Memmi qui trouvent un écho favorable au Québec, le mouvement souverainiste prend véritablement forme au tournant des années 1950-1960.

La prolifération d’organisations souverainistes

Ses premières manifestations apparaissent lorsque Raymond Barbeau, professeur de français à l’École des hautes études commerciales, crée en 1957 l’Alliance laurentienne, qui préconise l’indépendance du Québec et la mise en place d’un État aux accents fascistes à plus d’un égard. En 1960, L’Action socialiste pour l’indépendance du Québec voi Pour en lire plus
Lutter pour l’indépendance au Québec

Le projet indépendantiste ou souverainiste plonge ses racines loin dans l’histoire du Québec. Certains situent ses débuts lors des Rebellions de 1837-1838; d’autres trois quarts de siècle auparavant lors de la Conquête de 1760. Sous l’influence d’un nouveau nationalisme québécois qui émerge dans l’après-guerre, de la décolonisation dans plusieurs parties du monde et des écrits anticolonialistes de Frantz Fanon, Jacques Berque et Albert Memmi qui trouvent un écho favorable au Québec, le mouvement souverainiste prend véritablement forme au tournant des années 1950-1960.

La prolifération d’organisations souverainistes

Ses premières manifestations apparaissent lorsque Raymond Barbeau, professeur de français à l’École des hautes études commerciales, crée en 1957 l’Alliance laurentienne, qui préconise l’indépendance du Québec et la mise en place d’un État aux accents fascistes à plus d’un égard. En 1960, L’Action socialiste pour l’indépendance du Québec voit le jour. Outre l’indépendance, elle préconise un Québec socialiste. Cette même année est fondé le Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN) animé par un seul objectif : faire la promotion de l’indépendance du Québec. Puis, il se mue en parti politique en 1963. Entre-temps, soit en 1962, un des fondateurs du RIN, Marcel Chaput, forme un nouveau parti politique, le Parti républicain du Québec (PRQ) qui réunit, entre autres, les éléments les plus radicaux du RIN. Une autre scission a lieu au sein du RIN en 1964 avec la mise sur pied du Ralliement national (RN). En plus des militants les plus à droite du RIN, le RN est également le foyer de membres québécois du Ralliement créditiste.

Aux origines du Parti québécois

La plupart de ces mouvements indépendantistes s’éclipsent au fil des années. Quelques-uns sont absorbés par le Mouvement souveraineté-association (MSA) qui naît au lendemain du départ de René Lévesque du Parti libéral en 1967. C’est le cas du RN et du RIN en 1968. Cette année-là, le MSA se transforme en parti politique, le Parti québécois, avec René Lévesque comme chef. Le sociologue Marcel Rioux a raison lorsqu’il écrit que le Parti québécois réalise l’unité de tous les partis indépendantistes.

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Le Canada déroule le tapis rouge pour son centenaire

En 1967, année de l’Exposition universelle de Montréal et du centenaire de la Confédération canadienne, un grand nombre de chefs d’État et de dignitaires sont attendus au pays. L’un d’eux fait particulièrement parler de lui, le président de la République française, le général Charles de Gaulle. Conformément au protocole établi, chaque grand invité doit arriver à Ottawa, capitale nationale, en avion. Une visite de l’Expo de Montréal est prévue, mais comme activité subsidiaire. Ce programme ne plaît guère au général de Gaulle qui décide de venir au pays de la même façon que les premiers Français aux 16e et 17e siècles, soit en navire, et de commencer sa visite par le Québec.

« Vive le Québec libre »

Le 23 juillet 1967, arrive au port de Québec le vaisseau amiral le Colbert avec à son bord de Gaulle. Le lendemain, 24 juillet, jour anniversaire de la découverte du Canada par Jacques Cartier en 1534, de Gaulle emprunte le chemin du Roi  -- autre Pour en lire plus
Le Canada déroule le tapis rouge pour son centenaire

En 1967, année de l’Exposition universelle de Montréal et du centenaire de la Confédération canadienne, un grand nombre de chefs d’État et de dignitaires sont attendus au pays. L’un d’eux fait particulièrement parler de lui, le président de la République française, le général Charles de Gaulle. Conformément au protocole établi, chaque grand invité doit arriver à Ottawa, capitale nationale, en avion. Une visite de l’Expo de Montréal est prévue, mais comme activité subsidiaire. Ce programme ne plaît guère au général de Gaulle qui décide de venir au pays de la même façon que les premiers Français aux 16e et 17e siècles, soit en navire, et de commencer sa visite par le Québec.

« Vive le Québec libre »

Le 23 juillet 1967, arrive au port de Québec le vaisseau amiral le Colbert avec à son bord de Gaulle. Le lendemain, 24 juillet, jour anniversaire de la découverte du Canada par Jacques Cartier en 1534, de Gaulle emprunte le chemin du Roi  -- autre geste hautement symbolique -- accompagné de son fidèle ami Daniel Johnson, premier ministre du Québec, pour aller à Montréal. Jusqu’à un demi-million de Québécois le saluent le long de son parcours. Le général prononce des discours à Donnacona, Sainte-Anne-de-la-Pérade, Trois-Rivières, Louiseville, Berthierville et Repentigny. À chaque arrêt, son propos se débarrasse, à dessein, de certaines précautions diplomatiques pour laisser poindre le fond de sa pensée. Arrivé à Montréal, le cortège est accueilli par quelques centaines de milliers de personnes. De Gaulle met fin à son périple à l’hôtel de ville où, devant une foule d’une vingtaine de milliers de personnes venues l’écouter, il termine son discours par les mots fatidiques: « Vive le Québec libre ». La foule est en liesse; les représentants des gouvernements du Québec et d’Ottawa, stupéfaits. Le premier ministre du Canada, Lester B. Pearson, dit des paroles du général qu’elles sont « inacceptables ». Au grand désespoir des autorités fédérales, le célèbre visiteur français vient de donner un bon coup de main aux souverainistes du Québec. Deux jours plus tard, de Gaulle rentre en France sans s’être arrêté à Ottawa.

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Les tensions entre Québec et Ottawa à l’époque de Duplessis

Au cours des 16 années où l’Union nationale est au pouvoir, soit de 1944 à 1960, les relations entre le Québec et le gouvernement fédéral sont plutôt orageuses. Au nom de l’autonomie provinciale, le premier ministre Maurice Duplessis déclare combattre la centralisation excessive d’Ottawa. Il est vrai que depuis qu’elles s’étaient octroyées des pouvoirs élargis en raison de la Deuxième Guerre mondiale, les autorités fédérales avaient une propension à investir des champs de compétence provinciale. Par ailleurs, cette attitude du gouvernement du Québec cache mal un fort penchant conservateur et rétrograde en matière de progrès social. 

Québec gagne face à Ottawa

Après la mort de Duplessis en 1959 et l’arrivée au pouvoir du Parti libéral l’année suivante, Ottawa escompte une amélioration dans ses rapports avec le Québec, d’autant plus que le nouveau premier ministre, Jean Lesage, amorce sa carrière politique dans la capitale nationale. Quel n’est pas Pour en lire plus
Les tensions entre Québec et Ottawa à l’époque de Duplessis

Au cours des 16 années où l’Union nationale est au pouvoir, soit de 1944 à 1960, les relations entre le Québec et le gouvernement fédéral sont plutôt orageuses. Au nom de l’autonomie provinciale, le premier ministre Maurice Duplessis déclare combattre la centralisation excessive d’Ottawa. Il est vrai que depuis qu’elles s’étaient octroyées des pouvoirs élargis en raison de la Deuxième Guerre mondiale, les autorités fédérales avaient une propension à investir des champs de compétence provinciale. Par ailleurs, cette attitude du gouvernement du Québec cache mal un fort penchant conservateur et rétrograde en matière de progrès social. 

Québec gagne face à Ottawa

Après la mort de Duplessis en 1959 et l’arrivée au pouvoir du Parti libéral l’année suivante, Ottawa escompte une amélioration dans ses rapports avec le Québec, d’autant plus que le nouveau premier ministre, Jean Lesage, amorce sa carrière politique dans la capitale nationale. Quel n’est pas l’étonnement des participants de la conférence fédérale-provinciale en 1960 lorsque Lesage, solidement campé sur ses positions, réclame plus d’argent et de pouvoirs d’Ottawa. Et, en habile négociateur parfaitement au courant des rouages du gouvernement fédéral, il obtient une plus grande portion de l’argent de l’impôt sur le revenu personnel que le Québec verse à Ottawa, une hausse des paiements de péréquations de l’ordre de 185 millions de dollars entre 1964 et 1966. Ces entrées substantielles d’argent sont indispensables dans la mesure où les réformes mises en branle par le Parti libéral au Québec coûtent extrêmement chères. Au chapitre des programmes fédéraux touchant des domaines de juridiction provinciale, Lesage négocie un droit de retrait (ou « opting out ») qui ne cause pas de pertes financières, droit déjà proposé par Paul Sauvé. 

Ottawa refuse d’ouvrir la Constitution

En accédant aux demandes du Québec, le premier ministre Lester B. Pearson veut faire preuve d’ouverture à l’égard des Canadiens français. Le successeur de Jean Lesage, Daniel Johnson, souhaite pousser un cran plus loin les revendications du Québec. Lors de la conférence fédérale-provinciale de 1968, il tente d’obtenir un statut particulier pour le Québec. Mais le ministre de la Justice d’alors et futur premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau, oppose une fin catégorique de non-recevoir.

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Le Québec ouvre sa Maison à Paris

Au printemps de 1960, l’avion du général Charles de Gaulle, président de la France, se pose à Ottawa. Il s’agit du troisième séjour de ce personnage haut en couleur au Canada. Après Ottawa et avant Toronto, il est prévu que le général vienne au Québec, ce coin de pays avec lequel il souhaite établir des relations soutenues. À son retour en France, de Gaulle confie à André Malraux, son ministre des Affaires culturelles : « Il y a, me semble-t-il, un fort potentiel français au Québec, veuillez vous en occuper ». Peu après, Malraux rencontre Georges-Émile Lapalme, vice-premier ministre et procureur général du Québec, de passage à Paris. Les deux hommes, qui accordent une grande importance à la culture, entrent immédiatement en communion. De cette rencontre naît l’idée d’ouvrir une Maison du Québec à Paris qui aurait comme mission de développer des liens économiques et culturels avec la France et de mettre sur pied des programmes d’échange et de coopération. L’idée se concrétise très rapidement puisque le 5 octobre 1961 le premier ministre Pour en lire plus
Le Québec ouvre sa Maison à Paris

Au printemps de 1960, l’avion du général Charles de Gaulle, président de la France, se pose à Ottawa. Il s’agit du troisième séjour de ce personnage haut en couleur au Canada. Après Ottawa et avant Toronto, il est prévu que le général vienne au Québec, ce coin de pays avec lequel il souhaite établir des relations soutenues. À son retour en France, de Gaulle confie à André Malraux, son ministre des Affaires culturelles : « Il y a, me semble-t-il, un fort potentiel français au Québec, veuillez vous en occuper ». Peu après, Malraux rencontre Georges-Émile Lapalme, vice-premier ministre et procureur général du Québec, de passage à Paris. Les deux hommes, qui accordent une grande importance à la culture, entrent immédiatement en communion. De cette rencontre naît l’idée d’ouvrir une Maison du Québec à Paris qui aurait comme mission de développer des liens économiques et culturels avec la France et de mettre sur pied des programmes d’échange et de coopération. L’idée se concrétise très rapidement puisque le 5 octobre 1961 le premier ministre du Québec, Jean Lesage, est à Paris pour l’inauguration de ce qui allait devenir la Délégation générale du Québec à Paris.

Une initiative qui déplaît au gouvernement fédéral

Le gouvernement fédéral n’apprécie guère les « amitiés particulières » entre la France et le Québec. Il rappelle que les questions relatives à la politique extérieure relèvent exclusivement de son domaine. Dans le but de contrecarrer le Québec, Ottawa signe en 1965 un accord-cadre avec la France sur les échanges scientifiques et culturels entre les deux pays. Suivant cette entente, une province canadienne peut passer des ententes avec des pays, mais en obtenant auparavant l’aval d’Ottawa. Québec néglige cette consigne estimant légitime la conclusion d’ententes avec des autorités étrangères relevant de ses compétences. La guerre des drapeaux entre Québec et Ottawa est alors ouverte.

Après la Maison du Québec à Paris, le gouvernement du Québec inaugure la Quebec House à Londres en 1963 et un bureau commercial à Milan (Italie) en 1965.

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La révolution, la seule voie vers l’indépendance

Le mouvement de décolonisation après la Deuxième Guerre mondiale donne lieu à des épisodes violents et tragiques. Pensons aux guerres du Vietnam (1946-1975) et d’Algérie (1954-1962), à la révolution cubaine (1959), ou encore aux actions de l’Armée républicaine irlandaise (IRA) qui reprend du service en 1949 et de l’ETA (le pays basque et la liberté) en Espagne à partir de 1959. Ces luttes armées pour la libération nationale constituent des sources d’inspiration pour des militants de l’indépendance du Québec qui en viennent à croire que celle-ci ne peut pas s’obtenir par la voie démocratique. 

Le graffiti, une nouvelle façon d’exprimer ses convictions

À l’aube des années 1960, la sensibilité nationaliste d’une bonne partie de la population québécoise est à fleur de peau. Aussi, lorsqu’en 1962 Donald Gordon, président du Canadien national (CN), déclare sans ambages que les Canadiens français n’ont pas la compétence pour occuper le poste de vice-pré Pour en lire plus
La révolution, la seule voie vers l’indépendance

Le mouvement de décolonisation après la Deuxième Guerre mondiale donne lieu à des épisodes violents et tragiques. Pensons aux guerres du Vietnam (1946-1975) et d’Algérie (1954-1962), à la révolution cubaine (1959), ou encore aux actions de l’Armée républicaine irlandaise (IRA) qui reprend du service en 1949 et de l’ETA (le pays basque et la liberté) en Espagne à partir de 1959. Ces luttes armées pour la libération nationale constituent des sources d’inspiration pour des militants de l’indépendance du Québec qui en viennent à croire que celle-ci ne peut pas s’obtenir par la voie démocratique. 

Le graffiti, une nouvelle façon d’exprimer ses convictions

À l’aube des années 1960, la sensibilité nationaliste d’une bonne partie de la population québécoise est à fleur de peau. Aussi, lorsqu’en 1962 Donald Gordon, président du Canadien national (CN), déclare sans ambages que les Canadiens français n’ont pas la compétence pour occuper le poste de vice-président dans la société d’État qu’il dirige, c’est l’étincelle qui met le feu aux poudres. Peu après, un groupuscule plus ou moins clandestin voit le jour, le Réseau de résistance pour la libération nationale du Québec (RR) avec comme seul but d’apposer des graffitis réclamant l’indépendance du Québec comme, par exemple, « Vive le Québec libre », sur les monuments, les édifices publics et les panneaux de circulation. Au fond, le RR vient appuyer les efforts des mouvements souverainistes. 

Le FLQ, une organisation de plus en plus violente

En 1963, se détache du groupuscule graffiteur une trentaine d’individus convaincus que l’indépendance du Québec ne peut pas s’obtenir sans violence. C’est la naissance du Front de libération du Québec (FLQ). Quelques semaines plus tard, des bombes incendiaires sont lancées sur trois manèges de l’Armée canadienne à Montréal. Elles sont suivies par d’autres bombes et des vols de banque et d’armes. En 1967, année du centenaire de la Confédération et de l’Exposition universelle de Montréal, le FLQ se fait plus discret. Les actions d’éclat du mouvement révolutionnaire québécois culminent avec la crise d’octobre 1970 et la mort du ministre libéral Pierre Laporte.

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Protéger la langue française : une priorité

Dès le déclenchement de la Révolution tranquille, le nouveau nationalisme québécois s’affirme dans les domaines de la politique, de l’économie, de la littérature et des arts. Il ne tarde pas à se manifester également dans un dossier qui souleve les passions : la question linguistique. Pendant longtemps, le principal souci de la classe politique québécoise en matière d’immigration est que les nouveaux venus soient principalement de religion catholique. Sous l’effet du fléchissement rapide de la natalité de la population canadienne française dans les années 1960, il est dorénavant souhaité que dorénavant les immigrants adoptent la langue française. Mais tel n’est pas toujours le cas. Déjà, dans les années 1950, environ 70 % des enfants des nouveaux Québécois à Montréal fréquentent des écoles anglophones. Cette proportion est encore plus élevée dans la décennie suivante. Dans ce contexte, la survie du fait français au Québec, et principalement dans un Montréal de plus en plus cosmopolite, semble compromise à long terme. 

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Protéger la langue française : une priorité

Dès le déclenchement de la Révolution tranquille, le nouveau nationalisme québécois s’affirme dans les domaines de la politique, de l’économie, de la littérature et des arts. Il ne tarde pas à se manifester également dans un dossier qui souleve les passions : la question linguistique. Pendant longtemps, le principal souci de la classe politique québécoise en matière d’immigration est que les nouveaux venus soient principalement de religion catholique. Sous l’effet du fléchissement rapide de la natalité de la population canadienne française dans les années 1960, il est dorénavant souhaité que dorénavant les immigrants adoptent la langue française. Mais tel n’est pas toujours le cas. Déjà, dans les années 1950, environ 70 % des enfants des nouveaux Québécois à Montréal fréquentent des écoles anglophones. Cette proportion est encore plus élevée dans la décennie suivante. Dans ce contexte, la survie du fait français au Québec, et principalement dans un Montréal de plus en plus cosmopolite, semble compromise à long terme. 

La bataille linguistique à Saint-Léonard

Diverses solutions sont alors avancées pour remédier à la situation. Par exemple, à Saint-Léonard, ville en banlieue de Montréal, les commissaires d’école prennent l’initiative d’abolir les classes bilingues au profit des classes unilingues francophones. Mais la portion de la population de Saint-Léonard d’origine italienne qui envoie ses enfants à l’école anglaise ne l’entend pas ainsi. Dès lors, une bataille rangée s’engage entre, d’un côté, les Italo-Québécois réunis sous la bannière de la Saint-Leonard English Catholic Association of Parents et, de l’autre, le Mouvement pour l’intégration scolaire qui réclamait l’inscription obligatoire des enfants d’immigrants à l’école française.

La loi 63 soulève l’indignation des francophones

La situation dégénérant à la suite d’affrontements entre les deux groupes, le gouvernement de l’Union nationale pense trancher le noeud gordien en adoptant, en 1969, la loi 63 qui, à la grande stupéfaction de la population canadienne française, donne le droit aux parents de choisir la langue d’enseignement de leurs enfants. L’automne 1969 est très difficile pour le gouvernement de Jean-Jacques Bertrand en raison des mouvements de protestation contre la loi 63. Celle-ci est à ce point impopulaire qu’elle se révèle l’une des principales causes de la défaite de l’Union nationale aux élections de 1970.

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Photographie de René Lévesque et Gilles Grégoire

Du 11 au 14 octobre 1968, le Mouvement souveraineté-association (MSA) né en 1967 et le Ralliement national (RN) unissent leurs destinées pour former le Parti québécois. Sur la photo, Gilles Grégoire, chef du RN, et René Lévesque, leader du MSA.

inconnu
20e siècle
Le Soleil, 15 octobre 1968, p. 1.


Objectifs d'apprentissage

Objectifs pédagogiques

Acquérir une perspective historique. Faire la relation entre le Québec d’avant, pendant et après la révolution tranquille

Liens pédagogiques (compétences transversales)

Tirer profit de l’information (exploiter l’information).
Tirer profit de l’information (relativiser ses connaissances).
Exprimer son opinion (exercer son jugement critique).
S’approprier les technologies (Exploiter les technologies de l’information et de la communication).
S’imprégner des éléments d’une situation (Mettre en oeuvre sa pensée créatrice).
S’engager dans L’exploration (Mettre en oeuvre sa pensée créatrice).

Résultats pédagogiques

Amener l’élève à examiner le sujet dans une perspective historique.
Amener l’élève à une compréhension du présent à la lumière du passé.
Amener l’élève à exprimer une opinion sur cette histoire.
Amener l’élève à avoir un esprit critique.

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