Les différences géographiques et historiques qui existent entre les trois pays de l’Amérique du Nord se retrouvent dans la diversité des formulations particulières de leurs paysagistes, et ce, à travers divers vocabulaires visuels. La géographie a beau être hétérogène, les intentions des artistes semblent identiques : au Canada tout comme aux États-Unis et au Mexique, nous trouverons un équivalent de cet état d’esprit qui, à divers moments, a poussé l’humain à connaître, à observer et à utiliser la nature. On se rend compte effectivement, dans les œuvres, des problèmes que suscitent la conquête de la nature indomptable et l’établissement des frontières ainsi que la représentation des richesses naturelles et leur exploitation dans le temps.

Les différences géographiques et historiques qui existent entre les trois pays de l’Amérique du Nord se retrouvent dans la diversité des formulations particulières de leurs paysagistes, et ce, à travers divers vocabulaires visuels. La géographie a beau être hétérogène, les intentions des artistes semblent identiques : au Canada tout comme aux États-Unis et au Mexique, nous trouverons un équivalent de cet état d’esprit qui, à divers moments, a poussé l’humain à connaître, à observer et à utiliser la nature. On se rend compte effectivement, dans les œuvres, des problèmes que suscitent la conquête de la nature indomptable et l’établissement des frontières ainsi que la représentation des richesses naturelles et leur exploitation dans le temps.


© RCIP 2001. Tous droits réservés

Sopwith Camel Looping

Sopwith Camel Looping

Francis (Frank) H. Johnston (1888 - 1949)
Musée canadien de la guerre
1918
CANADA
aquarelle, gouache et graphite sur carton
72,30 X 57,20 cm
© Musée canadien de la guerre


On dit que la participation du Canada à la Première Guerre mondiale a fait naître le tout premier sentiment d’identité nationale des Canadiens. Cette prise de conscience peut avoir été favorisée par la publication à grande échelle des œuvres d’art commandées tout spécialement pour documenter visuellement les activités des Forces canadiennes. L’artiste et pilote Frank Johnston a peint ses camarades pilotes qui s’entraînaient à Camp Borden (Ontario). Ce faisant, il est devenu le premier artiste canadien à représenter l’expérience de la navigation aérienne et à peindre le paysage canadien vu des airs. « Nous nous sommes élevés de plus en plus haut, jusqu’à ce que le terrain que nous survolions prenne l’allure d’un beau tapis orné de motifs géométriques de toutes les couleurs », a-t-il écrit.
On dit que la participation du Canada à la Première Guerre mondiale a fait naître le tout premier sentiment d’identité nationale des Canadiens. Cette prise de conscience peut avoir été favorisée par la publication à grande échelle des œuvres d’art commandées tout spécialement pour documenter visuellement les activités des Forces canadiennes. L’artiste et pilote Frank Johnston a peint ses camarades pilotes qui s’entraînaient à Camp Borden (Ontario). Ce faisant, il est devenu le premier artiste canadien à représenter l’expérience de la navigation aérienne et à peindre le paysage canadien vu des airs. « Nous nous sommes élevés de plus en plus haut, jusqu’à ce que le terrain que nous survolions prenne l’allure d’un beau tapis orné de motifs géométriques de toutes les couleurs », a-t-il écrit.

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On the Front

On the Front (Au front).

Arch Williams (1909 - ?)
Musée canadien des civilisations
1977
CANADA
huile sur toile cartonnée
61,00 X 91,30 cm
© Musée canadien des civilisations


Depuis le milieu des années 1700, tous les printemps, les Terre-Neuviens prennent la mer à destination des champs de glace du Nord pour y chasser le phoque du Groënland et le phoque à crête. Autrefois, se rendre aux champs de glace permettait aux pêcheurs pauvres de gagner un peu d’argent et constituait un rite de passage pour les jeunes hommes. Les phoques étaient une source de peaux pour le commerce mondial de la fourrure, d’huile pour les lampes et les tanneries, et de viande pour la famille des pêcheurs. De nos jours, certains s’élèvent contre la chasse aux phoques, qu’ils considèrent comme une pratique cruelle et inutile; cependant, elle est défendue avec vigueur par d’autres, pour qui elle est une chasse comme les autres et une mesure nécessaire pour protéger les stocks de poisson et perpétuer les traditions locales.
Depuis le milieu des années 1700, tous les printemps, les Terre-Neuviens prennent la mer à destination des champs de glace du Nord pour y chasser le phoque du Groënland et le phoque à crête. Autrefois, se rendre aux champs de glace permettait aux pêcheurs pauvres de gagner un peu d’argent et constituait un rite de passage pour les jeunes hommes. Les phoques étaient une source de peaux pour le commerce mondial de la fourrure, d’huile pour les lampes et les tanneries, et de viande pour la famille des pêcheurs. De nos jours, certains s’élèvent contre la chasse aux phoques, qu’ils considèrent comme une pratique cruelle et inutile; cependant, elle est défendue avec vigueur par d’autres, pour qui elle est une chasse comme les autres et une mesure nécessaire pour protéger les stocks de poisson et perpétuer les traditions locales.

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C.P.R. Station in the Rockies

C.P.R. Station in the Rockies (Gare du Canadien Pacifique dans les Rocheuses).

John Hammond (1843 - 1939)
Collection du Winnipeg Art Gallery; don de Walter Klinkhoff Gallery Inc., Montréal
1901
CANADA
huile sur toile
© The Winnipeg Art Gallery


La construction d’une voie ferrée transcanadienne a fait d’un rêve – unir le pays d’un océan à l’autre – une réalité. Le dernier clou a été planté en novembre 1885, et le premier trajet a eu lieu au mois de juin suivant. Le chemin de fer du Canadien Pacifique a ouvert de nouveaux débouchés à l’industrie, à l’immigration et à l’agriculture en donnant accès à des régions de l’Ouest et du Nord auxquelles on ne pouvait auparavant accéder que par la voie des eaux, et d’ailleurs fort difficilement. Ici, la gare et son quai paraissent minuscules par comparaison au gigantisme des montagnes Rocheuses, et ce contraste évoque à la fois les promesses du chemin de fer et les redoutables obstacles qu’il a fallu surmonter pour le construire.
La construction d’une voie ferrée transcanadienne a fait d’un rêve – unir le pays d’un océan à l’autre – une réalité. Le dernier clou a été planté en novembre 1885, et le premier trajet a eu lieu au mois de juin suivant. Le chemin de fer du Canadien Pacifique a ouvert de nouveaux débouchés à l’industrie, à l’immigration et à l’agriculture en donnant accès à des régions de l’Ouest et du Nord auxquelles on ne pouvait auparavant accéder que par la voie des eaux, et d’ailleurs fort difficilement. Ici, la gare et son quai paraissent minuscules par comparaison au gigantisme des montagnes Rocheuses, et ce contraste évoque à la fois les promesses du chemin de fer et les redoutables obstacles qu’il a fallu surmonter pour le construire.

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Nombre de ceux qui ont entrepris les premiers d’immortaliser les paysages du Canada étaient des artistes topographes partis explorer le pays. Pour saisir les caractéristiques de ces terres vierges, ils s’intéressèrent avant tout à la flore, à la faune, à la géologie et aux Autochtones. Sir George Back accompagna le capitaine John Franklin, l’explorateur de l’Arctique, dans deux de ses expéditions à destination des mers polaires, en quête du passage du Nord-Ouest. Back a peint cette aquarelle au bord du lac Winnipeg alors que les membres de la seconde expédition (1825-1827) traversaient les Grands Lacs et les cours d’eau des Prairies en direction de l’ouest. L’aquarelle, dont le centre d’intérêt est la petite silhouette en contemplation devant l’immensité du lac, prouve l’intérêt de Back pour les détails géologiques de l’impressionnant relief et pour l’aventure humaine que représentait cette expédition, que la suite des événements allait transformer en dra Pour en lire plus
Nombre de ceux qui ont entrepris les premiers d’immortaliser les paysages du Canada étaient des artistes topographes partis explorer le pays. Pour saisir les caractéristiques de ces terres vierges, ils s’intéressèrent avant tout à la flore, à la faune, à la géologie et aux Autochtones. Sir George Back accompagna le capitaine John Franklin, l’explorateur de l’Arctique, dans deux de ses expéditions à destination des mers polaires, en quête du passage du Nord-Ouest. Back a peint cette aquarelle au bord du lac Winnipeg alors que les membres de la seconde expédition (1825-1827) traversaient les Grands Lacs et les cours d’eau des Prairies en direction de l’ouest. L’aquarelle, dont le centre d’intérêt est la petite silhouette en contemplation devant l’immensité du lac, prouve l’intérêt de Back pour les détails géologiques de l’impressionnant relief et pour l’aventure humaine que représentait cette expédition, que la suite des événements allait transformer en drame.

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Limestone Rocks, Lake Winnipeg

Limestone Rocks, Lake Winnipeg (Rochers calcaires, lac Winnipeg).

Sir George Back (1796 - 1878)
Collection du Winnipeg Art Gallery ; don du Women's Committee
1825
CANADA
aquarelle et encre sur papier
18,00 X 22,70 cm
© The Winnipeg Art Gallery


Springwater, Saskatchewan

Springwater, Saskatchewan

Orest Semchishen (1932 - )
Collection du Winnipeg Art Gallery ; œuvre achetée grâce au J. Elmer Woods Fund
1983
CANADA
épreuve argentique sur papier
27,80 X 35,40 cm
© The Winnipeg Art Gallery


De petites villes ont surgi dans tout le Canada où l’agriculture et l’industrie avaient besoin d’une plaque tournante pour les transports. Quand ces secteurs déclinent, les agglomérations qu’ils faisaient vivre les imitent. Condamnés et abandonnés, le poste d’essence et le silo que nous montre cette photographie représentent le paysage moderne en ruine. Un observateur a fait remarquer que Semchishen « savait bien que ce qu’il photographiait serait bientôt modifié par l’inévitable érosion du temps ». Si le village de Springwater (20 habitants) existe toujours, le silo et le poste d’essence ont été tous deux démolis.
De petites villes ont surgi dans tout le Canada où l’agriculture et l’industrie avaient besoin d’une plaque tournante pour les transports. Quand ces secteurs déclinent, les agglomérations qu’ils faisaient vivre les imitent. Condamnés et abandonnés, le poste d’essence et le silo que nous montre cette photographie représentent le paysage moderne en ruine. Un observateur a fait remarquer que Semchishen « savait bien que ce qu’il photographiait serait bientôt modifié par l’inévitable érosion du temps ». Si le village de Springwater (20 habitants) existe toujours, le silo et le poste d’essence ont été tous deux démolis.

© The Winnipeg Art Gallery

Objectifs d'apprentissage

L'apprenant va :

  • comprendre la façon dont les gens et les paysages sont dépeints dans les œuvres d’art;
  • prendre conscience de l’impact émotionnel qui est provoqué et façonné par les œuvres d’art;
  • être sensibilisé aux thèmes communs abordés dans l’art du paysage des différents pays d’Amérique du Nord;
  • prendre conscience des changements que l’art du paysage connaît au fil du temps.

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