La P.C.N.-O. dans le Nord

Le Klondike

La ruée vers l’or du Klondike a représenté le plus gros défi de la P.C.N.-O. au Yukon. Au col Chilkoot, les gendarmes s’assuraient que les chercheurs d’or possédaient assez de provisions et les aidaient à passer les rapides dangereux à White Horse. La population de Dawson a augmenté de quelques centaines à des dizaines de milliers presque du jour au lendemain. Les gendarmes effectuaient plusieurs tâches, allant de registraires miniers à agents des douanes, en passant par arbitres de disputes et protecteurs d’or. Un policier se déplaçait avec les cargaisons d’or des champs aurifères du Klondike vers les banques de Dawson et du Yukon vers l’extérieur.

La Police à cheval du Nord-Ouest, sous le commandement de M. Constantine, manquait gravement d’hommes et de provisions pour remplir leurs obligations. L’hiver de 1898 a été difficile et les approvisionnements alimentaires se faisaient rares. La force originale de 19 gendarmes a été remplacée en 1897 et Clifford Sifton, le ministre de l’Intérieur, a approuvé une augmentation du nombre total de gendarmes au Yukon.

Parce que les demandes de la ruée vers l’or sur la force policière étaient tellement grandes, en 1898, le gouvernement canadien a envoyé une troupe spéciale pour l’aider. Ce groupe était composé d’hommes de la milice permanente du Canada et connue sous le terme de Troupe de campagne du Canada (TCC). Les soldats ont voyagé vers le Nord le long d’une route entièrement canadienne de la rivière Stikine, à Telegraph, à Teslin et le long du fleuve Yukon. Ce voyage difficile a temporairement pris fin à Fort Selkirk, sur les berges du fleuve Yukon, entre Whitehorse et Dawson. En août, la force au complet avait déménagé à Dawson pour aider à garder les prisonniers, les banques et les cargaisons d’or. En 1900, la force était partie.

En 1898, il y avait 51 gendarmes et 50 membres de la Troupe de campagne du Yukon à Dawson pour maintenir l’ordre. De plus, M. Sifton avait envoyé des représentants pour entreprendre certaines des tâches civiles que les gendarmes effectuaient en plus de leur travail policier.

Sam Steele est arrivé à la fin de l’été 1898 et a assumé le commandement. Parmi ses tâches, il était responsable d’effectuer la patrouille des champs aurifères, de s’assurer de la santé et de la sécurité de tout le monde dans la région, de siéger aux conseils et comités du nouveau conseil territorial ainsi que d’effectuer ses obligations en tant que policier. La charge de travail était tellement considérable pour M. Steele et ses hommes que la P.C.N.-O. a établi, en 1900, un détachement et un poste en ville. Les tâches ont été divisées entre les équipes en ville qui s’occupaient des patrouilles de jour et de nuit et les casernes principales.

Les gendarmes étaient fort appréciés pour leur sens de l’ordre public. Toutefois, durant la période de la ruée vers l’or à Dawson, ils ont fait preuve d’une certaine tolérance par rapport aux « mœurs » de leur communauté.

La prostitution, le jeu et l’alcool étaient considérés comme des maux nécessaires dans ce campement minier effervescent. Bien qu’illégaux, ces vices étaient tolérés, tant et aussi longtemps qu’ils étaient maintenus sous un contrôle rigoureux. Ainsi, le dimanche, aucun alcool n’était servi et les salles de danse et de jeu restaient fermées et silencieuses. Une infraction à l’ordonnance du dimanche pouvait valoir au coupable une amende considérable ou une condamnation aux travaux forcés sur la pile de bois. Par respect des gendarmes et par crainte de cette pile de bois, les résidents obtempéraient et le dimanche était une journée tranquille et pieuse à Dawson.

La prostitution était essentiellement ignorée, si la profession était exercée discrètement de l’autre côté du fleuve face à Dawson, dans la ville officiellement appelée Klondike, mais communément appelée Lousetown (ville dévergondée). La discrétion était primordiale. Les femmes n’avaient pas le droit de boire de l’alcool ou de jouer dans les salles de danse.

Les gendarmes eux-mêmes observaient un code de conduite strict, car tout comportement déplacé de la part d’un gendarme se reflétait sur la force au complet, et un tel comportement était rigoureusement sanctionné. Une peine de deux mois dans la prison militaire suivi d’un licenciement a été infligée à un gendarme qui avait donné des billets à trois prostituées leur permettant d’assister à l’arrivée du gouverneur général à Dawson.