Des sentinelles dans la nuit - Les phares de l'Île-du-Prince-Édouard Musée virtuel du Canada
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L’histoire vécue qui suit a été racontée par soeur Hilda Gorman, qui la tenait de sa tante Bessie, née dans les années 1890. L’événement dont il est fait état est survenu en 1915.

Sauvés par le phare

« La belle-mère de tante Bessie, Sarah, vivait sur la rive Nord de l’Île-du-Prince-Édouard dans un petit port de pêche en bordure des eaux du golfe du Saint-Laurent. Son mari s’est noyé dans les eaux du golfe alors que son fils était encore un jeune enfant. La jeune mère n’avait aucun revenu et aucun moyen de subsistance; elle a alors décidé, comme bien d’autres dans son cas, de laisser son enfant à la garde de quelqu’un d’autre pendant qu’elle s’en irait aux États-Unis se chercher de l’emploi. Elle fit part de ses projets au prêtre de sa paroisse, le père Ken MacPherson, qui lui a répondu : « Rien ne peut remplacer l’amour et les soins d’une mère. Demeurez dans votre foyer et Dieu veillera sur vous. » Quelques jours plus tard, elle se trouva un emploi comme gardienne du phare de Naufrage Harbour (aussi appelé Shipwreck Point).

« C’était au temps où le feu tournait au moyen d’un système de poids et de poulies, à la manière du mécanisme d’une horloge. Une nuit, le système est tombé en panne. Les eaux étaient houleuses et agitées par la tempête et Sarah savait que des pêcheurs en mer comptaient sur le phare pour les conduire à bon port. Se rappelant la perte de son mari en mer, Sarah a décidé de faire fonctionner le système manuellement. Ceci signifiait remonter précisément le mécanisme de sorte que le feu continuerait de briller dans l’obscurité de la nuit. C’est ce que Sarah a fait, et son fils, devenu un jeune garçon, a entretenu le feu et a monté du thé chaud à sa mère afin qu’elle puisse soutenir son effort pendant toute la nuit.

« Un peu plus tard, un capitaine de navire a écrit au premier ministre de la province, exprimant sa gratitude pour l’avoir sauvé ainsi que son équipage qui se trouvait en danger lors de cette nuit de tempête. Il disait qu’eux et d’autres marins avaient été sauvés par le phare de Naufrage Harbour que cette femme courageuse et dévouée avait entretenu manuellement. »

 
Histoires et folklore
 
Le phare de Shipwreck Point. 2006. CMAPEI.
Le phare de Shipwreck Point.
Mécanisme d’horlogerie qui fait tourner la lentille. 2006. Carol Livingstone.
 
Mécanisme d’horlogerie qui fait tourner la lentille.
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