La vase coquillière Dessin d’un excavateur réalisé circa 1880 par l’artiste insulaire George Ackerman. Galerie d’art du Centre des arts de la Confédération.

Bien que la pratique de l’épandage de la vase coquillière soit à toute fin pratique disparue, elle a laissé un souvenir impérissable aux Insulaires et a joué un rôle très important dans l’histoire et l’évolution de l’agriculture à l’Île-du-Prince-Édouard. Dès les débuts de l’agriculture sur l’Île, on s’est rendu compte que la terre perdait très rapidement sa capacité à faire croître autre chose que des mauvaises herbes. Il fallait donc trouver un moyen d’engraisser les terres et de leur rendre leur fertilité. Après plusieurs essais, on s’est rendu compte la boue riche en chaux qu’on trouvait dans de lit de nombreuses rivières donnait d’excellents résultats. On a appelé cette substance vase coquillière puisqu’elle consistait en bonne partie en des restes de coquillages d’huîtres riches en chaux, lesquels fournissaient un substrat nutritif à long terme aux cultures.

Faisant appel à leur esprit inventif, les Insulaires ont mis au point des machines actionnées par des chevaux afin de faciliter le prélèvement de cette vase. Pendant des générations, on a tiré pelleté après pelleté de cette substance du lit des rivières. La cueillette se faisait l’hiver afin qu’on puisse épandre la boue dans les champs au printemps. Plusieurs personnes ne juraient que par cet engrais. Ils disaient observer d’immenses différences de rendement selon qu’on utilisait ou non la vase coquillière dans les champs. Après l’introduction de la chaux à bon marché en provenance de l’extérieur de l’Île et en raison du fait que cette boue entraînait une forme de gale de la pomme de terre, l’usage de cet engrais est peu à peu tombé en désuétude à partir des années 1940. À part un bref regain de popularité à la fin des années 1980, l’usage de la vase coquillière n’est plus qu’un souvenir, même si cette pratique a été primordiale pour l’agriculture à l’Île-du-Prince-Édouard pendant plus d’un siècle.

 
 
Vidéo : modèle La vase coquillière